Pourquoi Kabila a-t-il perdu la confiance du peuple congolais ?

…Parce qu’il y a trop de similitudes entre lui et Mobutu ; même s’il y a une différence d’approche.

Bref aperçu de l’histoire.

Pour un bon nombre des congolais vivant à ce jour, nous n’avons connu que le régime Mobutu qui est resté aux affaires pendant trente-deux ans. Le régime Kasa-vubu n’ayant été que de brève durée et marqué par des troubles de toutes sortes : ethniques,tribaux,politiques etc. Dès l’avènement de l’indépendance, nous avons une épine sous nos pieds  qui nous bloque: la rébellion, puis la sécession.

Ce blocage est l’œuvre de  deux puissances étrangères mécontentes parce que la mission d’exploitation des richesses du Congo n’était pas encore arrivée au bout. Elles (ces puissances) ont encore besoin de matières premières du Congo pour leurs industries. Il s’agit de la Belgique et des Etats-Unis d’Amérique. D’un côté, la Belgique pour avoir initié et encouragé la sécession katangaise qui avait comme objectif : la continuité de l’exploitation de l’union minière par des belges, et de l’autre côté, les Etats-Unis d’Amérique pour avoir commandité l’assassinat du premier ministre démocratiquement élu, soupçonné d’être nationaliste-communiste pour le seul but du contrôle géo-politico-stratégique de l’Afrique Centrale.

Cet avorton né du tandem Kasa-Vubu – Lumumba(photo) doit être compris comme le frein ou la manque d’un départ conforme vers une société démocratique. Parce qu’avec l’arrivée de Mobutu au pouvoir, les principes démocratiques ont été mis au placard. C’est un membre de la CIA qui a une mission spéciale dans le cadre de la guerre froide. Il va plus servir l’étranger que son propre pays pendant tout e temps qu’il est resté au pouvoir. Il est le leader des présidents de la région. A ce titre, il les maîtrise pour éviter qu’un d’eux soit sous l’emprise de l’URSS, l’ennemi.

Cette distraction de Mobutu nous a plongés dans trente-deux ans d’immobilisme. Mobutu est le seul président qui a bénéficié de tous les facteurs de développement sans pour autant les exploiter. Il n’a rien fait pour  construire notre pays sauf parachever certains projets laissés soit par les colons, soit par son (ses = Kasavubu-Lumumba) prédécesseur. Certains Mobutistes n’acceptent pas cette façon de penser et évoquent certaines chefs d’œuvre de lui.Nous  n’en disconvenons pas mais, à faire la comparaison entre les moyens à sa disposition ; à savoir : argent, adhésion populaire, la paix, la stabilité politique, le leadership régional, la confiance et l’appui de la communauté internationale, la disponibilité de BM et du FMI et le bilan de son régime, il n’y a pas photo.

Certains congolais disent qu’il est mort et qu’on n’a pas à tenir compte de lui. Non, c’est faux. Parce que tout ce que nous vivons aujourd’hui entre en ligne de compte dans son bilan. Et, un peuple ne peut construire son avenir s’il ne connaît pas son passé. Si nous évoquons l’histoire, c’est parce que nous voulons tout justement parler du présent. Pour ceux qui ont bonne mémoire, ce qui se passe actuellement dans notre pays, c’est  du « déjà vécu ».
Nous, congolais, gardons un très mauvais souvenir du régime Mobutu et, ne devons pas accepter tout celui qui vient avec quelque chose qui le ressemble.

Les similitudes entre Mobutu et Kabila :

Ce qui saute aux yeux, c’est le manque d’une vision vers le développement du pays en ce XXIème siècle. Il y a lieu de faire une petite comparaison avec les voisins directs sur le plan de développement : Angola (riche comme le Congo), Rwanda (pauvre mais, profite de l’effort de guerre et du vol), Congo-Brazzaville (moyennement riche) etc.

Kabila semble être un copieur qui a prouvé en dix ans de pouvoir qu’il n’a pas de recette spéciale pour la RDC. Il manque de volonté politique parce que limité en conception. L’action de cinq chantiers n’est pas à la dimension du pays.

Ces similitudes sont aussi des facteurs de frein au développement du pays :

L’orgueil :

Mobutu était un orgueilleux extravagant, extraverti tandis que Kabila est un orgueilleux intraverti et taciturne. Mobutu, grand bavard et arrangeur des foules. Kabila grand silencieux avec méthode de caïman. De toute façon, Mobutu, sûr de lui, n’avait peur de rien. Il était chaud mais rassuré aussi de la fidélité de ses partenaires. Les choses ayant changé avec la disparition de l’URSS, le monde n’est dirigé que par un seul maître. La lutte est maintenant plus économique que politique ou stratégique.

La guerre froide n’existe plus. Avec l’expérience d’un « père » président assassiné en plein exercice dans son domicile, Kabila reste prudent. Il ne se comporte pas comme Mobutu ; même s’il le ressemble dans les objectifs. Il utilise une approche différente pour le même objectif. Si Mobutu était chaud et rassuré, Kabila est froid et imprévisible parce que non rassuré par les partenaires. Il a été à l’école où le chien s’appelle chat. Il n’ose pas se permettre le bain des foules de peur de se trahir. Il ne maîtrise pas les langues du Congo ou refus  carrément de les utiliser pour ne pas ressembler aux congolais.

Dans un de nos articles, nous avons dit qu’il parle de « votre pays ». Question de suivre ses discours et vous serez édifié. Il ne connaît pas l’histoire de la RDC pour avoir grandi à l’étranger. Et, il n’y a pas une volonté de s’amender. Si Mobutu n’écoutait personne parce que se sentant le « tout-puissant », Kabila a un grand sens de l’écoute parce que se sachant vulnérable. Il ne bénéficie pas de l’adhésion populaire dans ses actions.

Armée comme outil et moyen de répression.

La garde présidentielle, DSP ne faisait autre chose que ce que la garde de Kabila fait aujourd’hui. La DSP était composée des militaires ressortissants, à majorité, d’une seule province, l’équateur, la province d’origine du président. La DSP était une armée dans une armée. Elle avait les privilèges du chef : bien armée, bien payée, bien formée, bien équipée etc.

La garde de Kabila est hétéroclite. Elle regroupe des militaires de plusieurs origines qui poursuivent le même but : garder le pouvoir le plus longtemps possible à travers cet enfant prodige que LD Kabila nous a laissé. Rappelez-vous que Mobutu qui l’a fait est parti derrière la porte. Son corps repose dans l’indifférence totale de la population locale au Maroc. Qui, dans les années 70-80, pouvait croire à une telle humiliation du maréchal-guide de la révolution ? Dernièrement, avec les révolutions arabes, qui pouvait croire à l’humiliation de Ben Ali, et consort ?

Ces armées dans les armées ont pour devoir de réprimer le peuple affamé par la brutalité. L’affaiblissement de la population par le non-paiement des fonctionnaires. Lors de son meeting de bilan de son premier quinquennat à Kingakati, Kabila avait évoqué l’amélioration des conditions de travail pour presque toutes les catégories socio-professionnelles. A moins vraiment que les congolais de l’intérieur soient devenus tous des menteurs, nous avons suivi la protestation des professeurs d’université. Depuis, plus rien ne s’est encore produit. Que devons-nous retenir comme vrai ?

Le discours de Kabila ou la réaction des professeurs ? Ne pas payer les fonctionnaires est un crime. Il s’agit d’une manière intelligente de tuer la population à petit feu. Affamer quelqu’un, c’est le rendre vulnérable pour l’assommer. Une population affamée perd la force de revendiquer ses droits. C’est donc par cette politique d’usure que la population est en train d’être affaibli. Il n’y pas de différence avec la politique utilisée par le Nazi contre les juifs sauf que cela se passe dans deux contextes différents : guerre – temps normal de pouvoir.

Le culte de personnalité.

Mobutu était le guide. Kabila, c’est le Raïs. Lors de sa prestation de serment, il aurait refusé de serrer la main de Kengo venu représenter le sénat. Nous attendons des nouvelles de Kinshasa où on nous annonce le châtiment des infidèles. La gestion du pays sans respect des règles budgétaires : retrait des liquidités, à courant et à contre-courant,  de la banque centrale. Aucune considération de l’autre.

L’insécurité : enlèvements, empoisonnements et tueries.

Je vois très mal comment est-ce que dans un pays où on a besoin de chars de combat à l’Est où sévit la guerre, ces engins lourds sont déployés dans la capitale pour faire face aux manifestants désarmés. Je ne reviendrai pas sur cette rubrique. Car, ceux qui ont l’habitude de me lire savent que je viens d’aborder longuement ce sujet dans un article intitulé : « Il n’y a jamais eu pire au Congo que le régime Kabila ».

Dans cet article, j’ai évoqué les cas :Tungulu, Chebeya et autres. Il ne se passe pas un jour à Kinshasa sans que les habitants de certains quartiers de réveillent avec la disparition de l’un de leur. Les militaires tirent et tuent même devant les caméras du monde entier. Le régime bafoue tout droit de l’homme. Il ne cherche même pas à éviter de donner des preuves. Les activistes de parti tel que l’UDPS sont tués à chaque manifestation pacifique. Les kinois paient un lourd tribut parce qu’ils osent narguer le pouvoir de Kabila. Il y répond par des manœuvres d’intimidation : enlèvement, tuerie.On parle de plus en plus des empoisonnements. Tuez, tuez, il en restera toujours quelque chose.

La peur de « Hiboux »avec Mobutu vs la peur de « Bana Mura » avec Kabila !!!

L’infiltration rwandaise dans les institutions du pays :

Alors qu’il est venu étudier comme étudiant rwandais, à la fin de ses études Mobutu, le fou, fera de lui son directeur de cabinet. Bisengimana est celui qui est resté le plus longtemps comme directeur du cabinet de Mobutu. C’est grâce à cette position privilégiée qu’il préparera tout ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui : les guerres successives à l’Est de notre pays et l’infiltration rwandaise à tous les niveaux de la vie nationale. Si avec Mobutu le père est parvenu à obtenir la naturalisation collective des Banyarwanda, ce qui ne se fait jamais même dans les vieilles démocraties, le fils Bisengimana, lui avec Kabila, a le contrôle du territoire national dans son rôle de gendarme. C’est lui qui a retenu le candidat Tshisekedi à l’aéroport pendant huit heures. C’est lui qui maintient le président élu, Etienne Tshisekedi en résidence surveillée.

Si Mobutu avait des généraux peu instruits parce que nommés sur une base tribale ou sur une base d’appartenance provinciale, Kabila en possède « made in war ». Les généraux de Kabila sont les fruits du brassage des rébellions de l’Est avec ce qui ressemblait à l’armée nationale congolaise.
Si les généraux de Mobutu avait une faiblesse face aux femmes rwandaises jusqu’à leur donner des armes qui se sont retournées contre eux, Kabila a carrément des généraux rwandais qui se confondent avec les congolais Banyarwanda qui trouvent des dividendes de cette confusion d’un moment à l’autre. Les généraux rwandais ou d’origine rwandaise sont nombreux parce que les guerres ne surgissent qu’à l’Est du pays et sont leurs œuvres. Ils se sont constitués en plusieurs groupes pour avoir plus de parts dans le partage du pouvoir.

La seule tribu Banyarwanda possède un tiers des généraux de la fameuse armée nationale. Le Congo ayant 450 tribus en son sein, nous refusons cette prise du pays en otage par un groupe. Mobutu nommait ses généraux parmi les siens. Comme ils se sont lancés dans le commerce pour nourrir la multitude d’enfants qu’ils avaient avec une série des « bureaux », ils n’avaient plus le contrôle de leurs soldats. Ils faisaient de faux rapports au guide. Voilà pourquoi le régime est tombé sans résistance. Cette affirmation est un témoignage du général Mokobo que nous avions eu la chance de croiser.

Kabila lui, venant du maquis, est plus malin. Il a favorisé des rébellions pour en tirer le plus de profit au moment opportun. Avec des généraux et soldats qui risquent de devenir des apatrides au cas où la pouvoir leur échappait, il est impérieux de s’accrocher au pouvoir : question de survie. C’est pour combien de temps ? Nous, nous voulons résoudre ce problème une fois pour toutes.

Parti-état : MPR-PPRD

Le pouvoir ne peut être fort sans vuvuzéla. Et, généralement, c’est le parti présidentiel qui joue ce rôle avec des ténors qui forment la ceinture du pouvoir. Et, le vuvuzélateur au long museau de Kabila semble ne pas se fatiguer dans la prostitution. Bientôt il va embrasser un autre « homme ». Lui qui a dit qu’il est capable de sacrifier sa mère à cause de l’argent. Mende Omalanga pour ne pas le citer. Il entonne bien et compose des chansons merveilleuses.

L’animation populaire ne séduit pas Kabila qui préfère être dans le calme pour jouer au Mitendo. Il aime bien le bruit pour distraire le peuple mais, à distance et de façon indirecte. Nous avons parlé de sa timidité. Il n’aime pas se mettre en face des foules. Il préfère de petits groupes parce qu’il n’a rien à leur dire. Juste une poignée des mains suffit pour satisfaire ses guests. C’est pour cela qu’il a parmi ses amis, les artistes musiciens et comédiens. Ils font le travail de l’animation populaire et chacun des congolais peut danser pour le guide, à travers ses cinq chantiers, à partir de chez lui.

Le voyoutisme des enfants des dignitaires.

Mobutu était déjà marié et avait des enfants avant de prendre le pouvoir. Le temps qu’il y est resté a permis aux enfants de grandir. Tous ses fils sont passés par l’armée. Comme c’étaient de grands enfants, ils avaient des besoins insatiables : luxe, argent, femmes, voiture unique et remarquable etc. Chacun devait de débrouiller à sa manière pour faire face aux charges. Ils se sont livrés au voyoutisme : confiscation des biens d’autrui, escroquerie etc.

A part l’armée, il n’ont fait de longues études. Niwa est venu étudier en Belgique. Nous ne savons pas quel diplôme il a décroché. Par contre, nous savons que ses devoirs étaient faits par Nsukami qu’il a amené comme secrétaire particulier tout le temps qu’il est resté aux affaires. Kongolu a été chassé du collège des jésuites de Kisantu. Pour les autres, nous n’avons pas d’information. Sauf qu’en dernière minute, il y a eu apparition de deux enfants qui, semble-t-il, ont fait des études à l’étranger. Il s’agit de Zanga et une fille.

Si les fils Mobutu en tant que adultes héritiers du pouvoir étaient eux-mêmes voyous, Kabila, lui, est arrivé au pouvoir célibataire. C’est en plein exercice du pouvoir qu’il vient de se marier et a commencé à avoir des enfants. Il est jeune et ses enfants sont encore mineurs. Pour cette sale besogne, il est aidé par son jeune frère, un certain Zoë Kabila qui aurait abattu à bout portant un roulage à l’heure de pointe et devant plusieurs témoins.Ce genre de comportement est une bonne manière de saper le pouvoir de son frère et l’amener vers son tombeau.

Les fils Mobutu l’ont fait aussi. Aujourd’hui, les enfants Mobutu encore vivant errent le monde cherchant de quoi à survivre alors que leur père avait une fortune estimée en plusieurs milliards de dollar américain. Dans cette indiscipline liée à l’ivresse du lait, les garçons sont morts successivement. Il en reste très peu dans le clan selon certaines indiscrétions familiales. Si sous le régime de son frère ou de son père ces d’affaires sont boutiquées faute d’une justice responsable, rien ne prouve qu’il en sera de même tout le temps. Ce jour de justice équitable n’est pas loin si le président élu recouvre l’impérium.

A part son frère (Kabila), ses proches ont de grands enfants qui jouissent du privilège du pouvoir. Ils s’enivrent du lait et du miel. A l’instar de Saddam Hussein qui changeait des boîtes de nuit et tenait tous les occupants au respect, les fils Boshab et Muzito ne feraient pas le contraire.

Un des fils Mobutu, je crois le fameux tumultueux Kongolu alias Saddam Hussein, avait causé la mort de deux enfants en France pour excès de vitesse. Pour laver le « prince », c’est l’ambassadeur du Congo en France, monsieur Ramazani Baya, qui avait porté le chapeau de cette lourde responsabilité de double meurtre.
Comme l’histoire est têtue et ne fait que se répéter, le fils Boshab vient de causer la mort de Cinq personnes dans les mêmes circonstances. C’est au chauffeur que le chef a fait porter le chapeau ce multiple meurtre à la place du « prince » qui en est l’auteur.

Nous vous disons que c’est du vécu. Boshab est un homme de droit. Parmi les gens à qui son fils vient d’ôter la vie, il y a un de ses confrères du barreau. S’il était honnête, un homme épris de bon sens et visionnaire, il aurait livré son fils lui-même à la justice pour montrer l’exemple. A part le fait de faire porter la responsabilité à un chauffeur innocentqui est un pêché, quoiqu’ atténuant l’ampleur de l’implication du fils d’un dignitaire, comment justifie-t-il l’exfiltration de son fils du pays s’il n’y est pour rien ? En toute logique, en tant que personne ayant pris place à bord d’un véhicule accidenté, il devait être entendu sur PV et relâché au cas où il n’y serait que simple passager. Cela n’a même pas eu lieu. La police présente n’a fait que jouer le jeu du pouvoir qui risque d’aggraver la situation au cas où ce dossier surgit sous un autre régime. La justice devrait, en ce moment qu’elle fait preuve de la médiocrité, profiter d’un tel dossier pour se réhabiliter. Mais, hélas, ce sont des moutons qui ont la responsabilité de notre justice.

L’absence de justice ou l’arbitraire comme mode de vie.

Personne ne peut faire confiance en un pays qui manque de justice. La justice est le troisième pouvoir qui se met au-dessus de la mêlée pour faire respecter la loi. Même si des mises en scène sont possibles pour épargner les dignitaires du pouvoir des soucis judiciares, on doit quand même sentir une volonté de la recherche de la paix sociale. Nous avons parlé plus haut des fils Mobutu et des dignitaires du MPR-parti-état qui spoliaient les biens d’autrui sans poursuite judiciaire, les dignitaires du PPRD-parti-état font la même chose. Ils arrachent maisons, concessions privées, argent, femmes etc. Presque que tous les faits évoqués dans ce texte se retrouvent dans cette rubrique de manque de justice et l’arbitraire comme mode de vie.

Il ne faudrait pas que Kabila puisse dire demain que ce n’était pas lui le responsable de toutes ces bévues. Parce que lorsque les mauvaises choses se font ou se passent sous un régime, c’est le chef qui en porte la responsabilité pour passivité. Etant donné que le chef ne peut pas être omniprésent, s’il veut laver sa responsabilité, il doit favoriser le fonctionnement autonome de toutes les institutions du pays. De cette manière, tout est bien règlementé et chaque responsable de service endosse ses responsabilités. Le chef peut dormir ainsi sur ses deux oreillets sans se soucier de l’endossement.

Kabila est un homme discipliné. Il est passé par la rébellion. Il est né à l’école de la prudence et de la discipline. Mais, étant néophyte, il est obligé de faire à la fois recours aux dinosaures et aux faucons qui échappent à son contrôle. Kabila laisse faire parce qu’il ne veut pas créer un camp des mécontents dans son écurie. L’imbroglio l’arrange pour se maintenir au pouvoir. Parce qu’entretemps, il fait des affaires avec les partenaires-multinationales dans l’Est sous la protection de l’armée rwandaise appuyée par des instructeurs américains de la base militaire installée au Rwanda.

Deux justices dans le même pays : l’une pour les riches et l’autre pour les pauvres. Les dignitaires du pouvoir bénéficiant d’un traitement de faveur : la loi ne s’applique que sur eux de la même façon que les autres compatriotes. Donc, pas d’égalité devant la loi. Dans un tel pays où tous les ingrédients sont réunis pour que la loi ne soit pas appliquée de la même façon sur tous les citoyens, rien ne peut marcher. C’est du vécu avec Mobutu.

Nous pouvons constater avec tous les regrets du monde que le jeune Kabila est incapable de piloter le  Jumbo-jet. Par conséquent, le peuple congolais qui est le souverain lui a retiré sa confiance le 28 novembre 2011 pour la confier à un invertébré, le vieux Etienne Tshisekedi Wa Mulumba. Lui, au moins, même s’il est diminué par l’âge et la maladie,  il jouit de la crédibilité du peuple. Il possède la discipline et le moral dont devrait faire preuve tout dirigeant soucieux d’œuvrer pour la reconstruction de son pays. Boshab aussi a parlé de la probité comme condition dans la désignation de nouveaux responsables. Dispose-t-il lui-même de ce caractère ?

La corruption mentale des intellectuels.

Mobutu tout comme Kabila n’ont pas fait de longues études. Ce sont des gens formés sur l’état. Mais, si l’un a su combler ses insuffisances, l’autre sait et est en train de les combler par le même moyen : ce sont les gros calibres intellectuels qu’ils utilisent pour asseoir leur pouvoir. Mobutu avait commencé par les commissaires généraux pour terminer avec les professeurs d’université. Kabila, lui, a commencé directement avec les professeurs d’université. Dans cette corruption, il est question d’amener l’intello jusqu’à sa négation.

N’avons-nous pas vu des professeurs d’université contredire leurs thèses ? Mobutu se moquait des professeurs. Surtout lorsqu’ils étaient trop critiques vis-à-vis de son régime, il leur donnait l’occasion de mettre la main dans la patte en les nommant à un poste où ils pouvaient de compromettre facilement. Le service de renseignement était derrière pour faire rapport des compromissions. Ils se salissaient tous. Le seul qui a su dire non à Mobutu, c’était Lunda Bululu que nous félicitions à travers ces écrits. L’homme intègre peut tout perdre sauf sa dignité.

Ce que les Boshab, Kinkeymulumba,feu Samba Kaputo et consort font aujourd’hui auprès de Kabila : déposer son cerveau sur la table avant de parler au guide, même maman Olangi le fait faire aux intellectuels congolais. Elle leur demande d’oublier leur diplôme universitaire pour accepter la parole divine. Mobutu l’a fait encore dix fois plus avec les Vunduawe, KalongoMbikay, MokondaBonza, MpingaKasenda, KabuyaLumuna, Likulia Bo Longo, Ngandu Kabeya. Il faut vraiment ne pas être universitaire pour ne pas comprendre que les professeurs congolais sont de très mauvais politiciens. Je serais président de la république, je ne peux en aucun cas prendre un professeur comme ministre. Ce sont des gens qui pensent que puisqu’ils ont beaucoup étudié, ils doivent gagner plus que tout le monde. Non, c’est faux ! Même en occident, ce sont les experts-chefs d’entreprise qui gagnent des grosses sommes d’argent.

En politique, les professeurs d’université sont tout simplement égoïstes. D’ailleurs, ils sont tombés dans le piège de Mzee qui leur avait demandé de lui proposer un barème unique pour le personnel académique. Ils ont prouvé leur médiocrité dans l’écart de salaire proposé d’un professeur ordinaire : 2500 dollars et le chef des travaux : 800 dollars.

Je disais que je serais président de la république,  je ne peux pas avoir des ministres-professeurs parce qu’ils ont étudié pour transmettre leurs connaissances. Ils ont une mission noble de s’occupent de la formation de la jeunesse qui constitue la garantie d’un avenir radieux. Ce sont des gens qui doivent beaucoup réfléchir et publier les résultats de leur recherche.

La tendance congolaise est que tout celui qui défend une thèse s’intéresse à la politique parce que c’est là qu’on gagne facilement l’argent et on gravit les échelons sans effort. Entretemps, l’enseignement qui a besoin de ces sommités souffre d’une perte de son niveau. Un « thésé » qui arrive dans le cercle du pouvoir va d’abord chercher à voler de l’argent pour s’acheter une maison qu’il ne pouvait pas se permettre en tant qu’assistant et tout le temps de la formation.

Le fait de voler ne lui dit rien parce qu’il doit rattraper le retard par rapport aux autres avec lesquels il se compare. Ce gain facile désoriente les professeurs de ce qui devait être leur passion : l’enseignement. Sur le terrain, ce ne sont même pas de bons technocrates parce que ne connaissent pas la réalité du ministère ou de l’entreprise qu’on lui a confié. Il regarde les agents d’en haut. Il est incapable de remplacer son agent en cas d’empêchement.

Pour vous rafraîchir la mémoire, j’évoque en illustration un fait vécu avec l’arrivée de l’AFDL. Rappelez-vous que Mzee avait remanié son premier gouvernement pour remercier le premier universitaire congolais qui était le ministre du travail pour incompétence. Je veux parler du feu Thomas Kanza qui, lorsqu’il venait au cabinet, ne faisait que lire les journaux, manger de la charcuterie et signer des documents préparés par ses conseillers sous la supervision de son chef de cabinet, son frère aîné qui n’avait comme profession dans sa vie que la musique. Mzee avait fait recours à lui par nostalgie de leur appartenance au gouvernement Lumumba. Sans tenir compte que la personne est restée très longtemps inactive et loin de la réalité du pays.

Donc, dans un régime corrompu, il est difficile d’échapper au jeu des pièges et à la vente de la conscience ou carrément déraper dans la prostitution politique. C’est pour cela que nous ne voulons pas d’un régime corrompu. Nous voulons des gens intègres qui vont piloter le pays avec des valeurs qui amènent vers le développement harmonieux. Un politicien au Congo est synonyme de menteur. Lorsqu’un enfant commence à mentir, les mamans disent qu’il devient politicien. Nous voulons que le mot politicien recouvre une autre signification au Congo. Pour nous qui avons été bien éduqués, nous ne nous retrouvons pas dans les mensonges. Il nous faut autre chose de plus intéressant : la vérité. Le nouveau Congo que nous voulons bâtir est celui où :

–    Il fera beau vivre ;

–    Le travailleur recevra son salaire sans se poser des questions à la fin du mois ;

–    Le fonctionnaire sera payé régulièrement et de façon décente.

–    Les congolais auront la facilité de créer des unités de production avec l’appui de l’état ;

–    Tout le monde sera en sécurité ;

–    Le congolais pourra circuler n’importe où et n’importe quand sans s’inquiéter ;

–    Le congolais sera maître de la terre de ses ancêtres ;

–    Tout le monde est égal devant la loi ;

–    La dignité humaine sera respectée ;

–    Il y  aura promotion de la femme pour lui permettre de s’émanciper et d’intégrer les institutions de façon à ce qu’elle soit visible dans la vie nationale ;

–    La justice s’exerce librement dans le but de rétablir la paix sociale

–    Le pouvoir s’exercera de façon alternative dans un jeu démocratique « fair-play » ;

–    L’enseignement et la santé seront considérés comme les deux domaines prioritaires  du gouvernement.

Ainsi, nous bâtirons un pays plus beau qu’avant.
Le compatriote,
Chrysostome Mukila Kamba
[email protected]

N.B. Dans vos réactions, dites-moi si mes analyses et affirmations ne sont pas fondées. Soyez plus constructifs. Car, nous voulons la contribution des têtes pensantes pour relever le niveau du débat en RDC. Le Congo regorge des génies qui peuvent bien contribuer à la reconstruction du pays dans un temps record. Question de les dénicher par leurs idées.

Commenter

Cliquez-ici pour commenter

Laisser un commentaire