A Luanda, Étienne Tshisekedi et le Rassemblement désillusionnés !

Le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, qui espérait que les chefs d'États africains réunis à Luanda allaient encourager Joseph Kabila à aller plus loin dans son dialogue avec l'opposition, a dû déchanter face à la négation exprimée quant à la...

Le sommet international qui s’est tenu le 26 octobre à Luanda, capitale de l’Angola, appartient désormais au passé. Tous ceux qui avaient espéré une requalification de l’accord politique conclu à la Cité de l‘Union africaine au profit d’un nouveau dialogue qu’ils appellent de tous leurs vœux devront aujourd’hui déchanter. Les chefs d’État de la Cirgl et de la Sadc ayant participé à ce sommet consacré à la crise en  RDC ont tout simplement entériné l’accord politique issu du dialogue qui prévoit un report de dix-huit mois des élections et le maintien au pouvoir de l’actuel chef de l’État au-delà de son mandat constitutionnel. C’est là le fait marquant dudit sommet qui, explicitement, aura plébiscité Joseph Kabila qui en sort gagnant. Ses pairs africains l‘ont, en effet, félicité d’avoir organisé un dialogue avec l’opposition, lequel dialogue a abouti à la signature d’un accord politique et contribué à la restauration de la paix sociale.

Autant dire que l’approbation par les chefs d’État de la région du dialogue et de l’accord qui en découle tend à combler le déficit de popularité dont souffrait encore ce forum honni par la communauté internationale à cause notamment de son manque d’inclusivité. Les chefs d’État ayant pris part au sommet de Luanda ont, par ailleurs, invité les acteurs politiques et de la société civile congolaise « au consensus et au respect de la loi et de l’ordre constitutionnel établi ». Par contre, le communiqué final est resté muet sur le caractère non inclusif du dialogue boycotté par une frange de l’opposition, écartant par le fait même toute perspective d’un nouveau round des discussions élargit au Rassemblement. En validant le principe du dialogue et l’accord politique signé à Kinshasa, la Cirgl et la Sadc ont, à travers les chefs d’État des pays membres, donné leur quitus à la transition politique qui s’ouvrira après la fin du mandat constitutionnel de Joseph Kabila et dont le point culminant est fixé à avril 2018 avec l’organisation des élections.

En apportant son soutien au dialogue, le sommet de Luanda s’est donc éloigné des positions tranchées de l’Union européenne et des États-Unis qui appellent à ce que le délai de la transition soit raccourci avec des élections au plus tard en 2017 et à plus de clarté sur les intentions de Joseph Kabila après la fin de son mandat le 19 décembre. Le ton était pour ainsi dire à la satisfaction par rapport aux négociations du camp Tshatshi qui, d’après José Edouardo Do Santos, hôte du sommet, « ont culminé avec succès et dans l’intérêt de tous ». Aucune demande n’a été faite dans le sens de rechercher plus d’inclusivité au grand dam du Rassemblement dont les espoirs auront été déçus. Cette plate-forme de l’opposition a exigé, sans obtenir gain de cause, que dans le communiqué final soit clairement mentionnée la date de la tenue du prochain scrutin et que le sort du président Joseph Kabila après le 19 décembre 2016 soit clarifié. Elle est restée sur sa soif. « Dans tous les cas, le dernier mot revient au peuple congolais », dixit Christophe Lutundula, une des têtes couronnées du G7.

Seule consolation tout de même, la condamnation par les chefs d’État de la région des violences des 19 et 20 septembre ayant occasionné mort d’hommes à Kinshasa et ailleurs, dans l’arrière-pays. Vis-à-vis de cette opposition radicale aujourd’hui incarnée par le Rassemblement, le sommet de Luanda y est allé avec des sermons tendant à le contraindre à la résignation. « Il vaut mieux attendre quelques mois de plus pour faire des élections dans de bonnes conditions  (…) plutôt que de se lancer sur les chemins incertains de la violence », avait déclaré le président angolais à l’ouverture des travaux. Au Rassemblement, on est plus que jamais convaincu que la rue demeure la seule alternative plausible qui reste pour se faire entendre.

1 Commentaire

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  • tout ce qu’a dit dos santos ce bien esk’il a ecoute l’autre parti?moi je pense,tout ce theatre lâ,ce pour le maitient de kabila au pouvoir ns ns disons non au 3eme mandat