Seif al-Islam Gadhafi

Libye : quatre membres du personnel de la CPI arrêtés

par • 10 juin 2012 • Actualité, AfriqueCommentaires fermés317

La Cour pénale internationale a annoncé, samedi, que quatre membres de son personnel, venus rencontrer le fils Kadhafi, sont détenues depuis jeudi. Auparavant, le représentant de la Libye à la CPI avait seulement évoqué le cas d’une avocate australienne.

Ils étaient arrivés en Libye mercredi afin de rencontrer Seif al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien guide libyen. La Cour pénale internationale a annoncé, samedi, que quatre membres de son personnel étaient détenus depuis jeudi. Plus tôt, le représentant de la Libye à la CPI avait fait état de la seule arrestation de Melinda Taylor, avocate australienne membre de la délégation de la CPI autorisée à rendre visite au fils Kadhafi à Zenten, à 170 km au sud-ouest de Tripoli, où il est détenu depuis son arrestation par une brigade d’ex-rebelles en novembre 2011. Motif? Elle est soupçonnée d’avoir tenté de transmettre au fils de l’ancien Guide libyen « des documents qui n’ont aucun lien avec l’affaire [de Seif al-Islam] et qui représentent un danger pour la sécurité de la Libye« , a indiqué Ahmed al-Jehani, représentant libyen à la CPI.

Le président de la CPI, le juge Sang-Hyun Song, a exigé « la libération immédiate de tous les membres du personnel détenus ». « Nous sommes très préoccupés par la question de la sûreté de nos membres du personnel, en l’absence de tout contact avec eux », a-t-il déclaré dans un communiqué. La délégation de la CPI s’était déplacée en Libye « en partie afin que le bureau du conseil public pour la défense, actuellement désigné pour représenter M. Kadhafi, lui rende une visite privilégiée ». Ses membres devaient notamment discuter de l’option de désigner un avocat de son propre choix. Il est actuellement représenté par le chef du Bureau du conseil public pour la défense, Xavier-Jean Keita, désigné par la Cour, assisté par Mme Taylor, co-conseil.

Qui de la Libye ou de la CPI pourra le juger ?

Depuis plusieurs mois, la CPI et la Libye se disputent le procès de Seif al-Islam, 39 ans, visé par un mandat de la CPI pour crimes contre l’humanité commis depuis le 15 février 2011 pendant la révolte populaire. Les autorités libyennes, qui souhaitent juger chez le fils du dirigeant déchu, avaient déposé le 1er mai une requête contestant la compétence de la CPI pour le poursuivre. Elles ont demandé aux juges d’ »annuler » la requête de la CPI ordonnant aux Libyens de le lui livrer.

Outre la CPI, les autorités libyennes doivent aussi convaincre les responsables de Zenten de leur livrer Seif Al-Islam si elles entendent le juger. Les ex-rebelles détenant Seif Al-Islam retardent son transfert à Tripoli car ils n’ont pas obtenu leurs salaires, avait affirmé fin mai le représentant de la Libye auprès de la CPI.
Le 1er juin, la CPI avait annoncé que la Libye pouvait reporter la remise à la Cour de Seif Al-Islam dans l’attente de la décision sur sa compétence.

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