Élections en RDC : encore seize mois d’attente !

L’opération de révision du fichier électoral lancée, depuis le 31 juillet, au Nord-Ubangi est d’autant plus difficile qu’elle concerne 310 communes, 147 territoires et 88.000 villages.

Pendant que l’opposition continue de revendiquer la tenue des élections dans le délai constitutionnel en faisant une fixation, à la limite excessive, sur la date du 19 décembre censée consacrer la fin du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ne fait montre d’aucun empressement, faisant les choses à son rythme, sans pression. C’est depuis le 31 juillet  dans la province du Nord-Ubangi qu’a été lancée l’opération d’enrôlement des électeurs dans la perspective d’établissement d’un nouveau fichier électoral fiable censé remplacer celui des derniers scrutins réputé anachronique et suranné.

Ce processus d’actualisation des données qui passe notamment par l’identification et l’enregistrement de nouveaux majeurs mais aussi des membres de la diaspora s’inscrit dans la durée au regard de son côté laborieux. Cet exercice de révision du fichier électoral, à en croire les experts de la Céni, devra s’étendre au maximum sur seize mois à compter de la date du lancement de l’appel d’offres. Inévitablement, tout concourt à dire qu’on sera bien au-delà du délai constitutionnel consacrant de facto le fameux glissement. Pour la Céni qui, visiblement, a déjà mis une croix sur la tenue de la présidentielle en novembre prochain, il faudrait respecter toutes les étapes techniques liées au processus électoral si l’on tient à avoir des élections apaisées, transparentes et démocratiques.

Consciente qu’elle a des échéances à respecter suivant un planning de travail bien défini, la Céni sait qu’elle n’a plus droit à l’excuse après avoir nourrit la population des vains espoirs quant à l’organisation des élections dans le délai constitutionnel. S’étant ensuite ravisée par rapport aux difficultés qui ont jonché le processus électoral sur fond d’un déficit criant de financement, la centrale électorale s’est finalement inscrite dans la logique de dépassement des délais constitutionnels. Elle a, pour ce faire, évoqué des contraintes techniques pour  se dédouaner d’une opinion publique qui a toujours soupçonné ses accointances avec le pouvoir en place. « Les élections, c’est une affaire de précision et non de tâtonnement », a récemment déclaré son président Corneille Naanga dans la foulée d’un atelier de présentation et de démonstration du kit électoral aux leaders de la société civile.

Et le président de la Céni d’ajouter : « L’opération est d’autant plus difficile qu’elle concerne trois-cent dix communes, cent quarante sept territoires et quatre-vingt huit mille villages ». Des thèses qui rejoignent la perception du chef de l’État, Joseph Kabila, exprimée dernièrement en Ouganda où il se trouvait en visite officielle.  « Pour le moment, nous avons débuté l’enrôlement des électeurs depuis le 31 juillet. C’est un processus qui prendra du temps jusqu’à ce que nous ayons un fichier électoral »,avait déclaré le président de la République. Des propos qui avaient suscité une vive controverse au sein de la classe politique où certains, particulièrement dans l’opposition, avaient estimé qu’il s’était substitué à la Céni qui, seule, a la compétence de programmer les échéances électorales en concertation avec ses partenaires.

Les dernières déclarations du président de la Céni ne laissent plus de doute quant à l’impossibilité de tenir la présidentielle en novembre prochain. D’où l’appel de la centrale électorale qui a invité les leaders de la société civile à s’approprier le processus électoral en sensibilisant leurs bases respectives afin d’amener un grand nombre de Congolais à s’enrôler massivement.         

Alain Diasso


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