La crise politique en RDC refroidit les bailleurs de fonds

La Banque mondiale et la BAD suspendent certains de leurs financements au Congo devant l’incertitude liée à la non organisation des élections dans le délai, mais aussi en évoquant des cas de mauvaise gouvernance

La montée de la tension politique en République Démocratique du Congo suite à l’absence évidente de volonté dans le chef du pouvoir d’organiser les élections dans le délai constitutionnel, alors qu’approche la fin du second et dernier mandat de Joseph Kabila à la tête du pays, inquiète de plus en plus les principaux bailleurs de fonds de la RDC.

Cette incertitude et la crainte de voir le Congo sombrer à nouveau dans la guerre obligent les institutions de Breton Wood à reconsidérer leur position dans le financement de certains projets de développement en RD Congo.

Telle semble être la vraie motivation de la Banque mondiale dans sa décision de suspendre son apport dans le financement du projet hydro-électrique d’Inga III, même si dans son communiqué publié le 25 juillet, l’institution de Breton Wood justifie plutôt sa position par  » la contestation de l’orientation stratégique donnée au projet par le Gouvernement et par l’insuffisance des progrès par rapport aux fonds déjà décaissés  » (79,1 millions de dollars us).

La République démocratique du Congo, on le sait, n’a pas une bonne image en matière d’affectation efficiente des fonds alloués aux projets de développement par ses partenaires extérieurs.

Il n’est donc pas étonnant que la BM conteste l’orientation stratégique que les autorités congolaises ont donnée au projet Inga III dont la coordination a été confiée à un conseiller du chef de l’Etat !

De là à conclure que les premiers fonds décaissés par la BM auraient souffert d’un manque de transparence dans leur affectation, le pas a été franchi par cette institution financière internationale, si l’on en juge par la décision qu’elle vient de prendre.

Certes, à la Banque mondiale, on ne transige par sur les règles de bonne gouvernance. Mais, la face cachée de l’inquiétude des bailleurs de fonds demeure la détérioration du climat politique au Congo où l’instrumentalisation de la justice rime avec le harcèlement des opposants, les arrestations et détentions arbitraires, les tortures et assassinats des activistes des droits de humains et des journalistes, et bien d’autres fléaux qui ternissent l’image du pays.

Un autre projet qui serait sur le point d’être bloqué, c’est celui relatif à la création de la zone économique de Maluku. Projet dont la BM aurait décidé de se retirer après avoir constaté une certaine injustice dans le désintéressement des populations riveraines.

Les propriétaires de terrains proches de l’Opposition ayant été rayés des listes des personnes devant bénéficier des compensations.

Ce qui constitue une atteinte aux règles de bonne gouvernance chères à la Banque mondiale.

Nos sources renseignent aussi la Banque Africaine de Développement (BAD) serait également sur le point de suspendre son apport dans le financement de quelques projets liés à l’électrification en République Démocratique du Congo, au regard de la dégradation du climat politique suite à l’absence de volonté dans le chef des dirigeants congolais pour organiser les élections dans le respect du délai constitutionnel.

Le retrait des bailleurs de fonds de ces différents projets de développement met les dirigeants congolais dans une situation délicate.

Car, cette crise de confiance entre Kinshasa et ses partenaires extérieurs intervient au moment où la RD Congo fait face à une réduction inquiétante de ses recettes d’exportation, suite à la chute des cours de matières premières (pétrole, cuivre, …) sur le marché international.

L’avenir s’annonce donc sombre non seulement sur le plan politique, mais aussi pour l’économie nationale dont la dégringolade ne manquera pas d’avoir une incidence très négative sur les conditions de vie déjà précaires de la population.

De quoi alimenter encore les rangs de l’Opposition et de tous les Congolais qui, au nom de la démocratie et de la justice, exigent l’alternance au pouvoir en RDC.

Avec la Tempête des Tropiques