Exclu — En exile aux USA, la juge Ramazani va tenir une conférence de presse

DIRECT.CD — Recherchez par les autorités judiciaires et sécuritaires en RDC, qui ont qualifié ses accusations de « machination », la juge Chantal Ramazani va tenir une conférence de presse aujourd’hui à Washington.

Selon des sources concordantes, la présidente du tribunal de paix ayant condamné en juin l’opposant Moïse Katumbi Chapwe à trois ans de prison va ternir une conférence de presse aujourd’hui au Etats-Unis, où elle y est désormais en exile, pour « tout déballer », sans plus de détails

 

A Kinshasa, le premier président de la Cour d’appel de Lubumbashi (sud-est de la RDC), Paulin Ilunga, a affirmé jeudi « douter » de l’authenticité de la lettre de la juge Chantale Ramazani Wazuri, qui a dénoncé dans une lettre des pressions exercées sur elle par des autorités congolaises en vue d’écarter cet opposant de la présidentielle censée avoir lieu à la fin de l’année.

« Le tribunal de grande instance de Lubumbashi n’a enregistré aucune correspondance venant de Mme Ramazani Wazuri et adressée à la hiérarchie », a affirmé M. Ilunga à la radio onusienne Okapi.

« Il y a une lettre qui lui est attribuée. Moi, je ne sais pas en attester l’authenticité. On nous a dit que nous avons reçu une copie de cette lettre. Mais, que ce soit du président du tribunal de grande instance ou à mon niveau, nous n’avons reçu aucune correspondance. Tout ce que vous entendez là sont des racontars », a ajouté le magistrat.

Dans cette lettre adressée au ministre de la Justice, Mme Ramazani a accusé le chef de l’Agence nationale de renseignements (ANC) congolaise, Kalev Mutond, la présidence de la République et les autorités judiciaires de Lubumbashi, d’être les auteurs des pressions qui l’ont obligée à « passer outre » la loi et les procédures ayant abouti à la condamnation de M. Katumbi.

Ex-allié de poids devenu opposant du président Joseph Kabila et candidat à la présidentielle, M. Katumbi avait été condamné en juin à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière, une condamnation qui le rend inéligible aux élections selon le gouvernement.

La lettre de Mme Ramazani « ne s’explique pas, plus d’un mois après le prononcé du jugement » et « s’apparente à une manipulation qui vise à discréditer la justice congolaise », précise dans un communiqué la Cour d’appel de Lubumbashi, deuxième ville de RDC, où le jugement avait été rendu.

Dans une mise point transmise jeudi à l’AFP, l’ANR dit quant à elle douter de « l’authenticité » et de la « véracité » de cette lettre et ajoute que son chef, Kalev Mutond, « n’a jamais eu des contacts ni directs, ni indirects avec cette juge », qui n’a plus été vue sur son lieu de travail depuis lundi.

Pour l’ANR, la lettre de la juge est « une machination pour dédouaner à vil prix une personne condamnée » et « convaincue de ne pouvoir s’en sortir ni en opposition, ni en appel ». L’ANR accuse également M. Katumbi de se livrer à une « fuite en avant politicienne ».

 

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  • Cette conférence aura l’avantage d’éclairer l’opinion sur l’affaire Moise Katumbi. Ce serait la confirmation ou non que la Juge serait l’auteur de la lettre par laquelle elle accuse Kalev Mutong d’avoir exercé sur elle des pressions afin de condamner à tort Moïse Katumbi.

    Il y a forte chance que la Juge Ramazani révèle, au cours de sa conférence qu’elle s’apprête à tenir, ce qui tout le monde a retenu de la fameuse lettre soit la condamnation de Moïse Katumbi téléguidée par le régime en place.

    Au passif de la justice du pays, inféodée au pouvoir, nous retiendrons l’appropriation par le pouvoir du procès Wivine Moleka-Vital Kamerhe, le montage ou allégations de viol sur mineur contre Diomi Ndongala, le dossier Claude Muyambu et, actuellement, la spoliation supposée de l’immeuble impliquant Moïse Katumbi.

    Lorsque Kalev Mutong déclare ignorer la Juge qui s’est vu confiée le dossier qui lie le sort du désormais farouche adversaire de Joseph Kabila ou quand tout le monde sait l’avocat de la partie plaignante et son propre avocat, c’est en soi l’indice de la culpabilité de cet homme visée, à son tour, par des sanctions américaines. Le général Kanyama devenu sage par la force des choses s’en souviendra.