31 juillet : Moïse Katumbi, un retour à haut risque

Condamné par défaut dans une affaire de spoliation de biens,  l’ex- gouverneur envisage rentrer au pays. Le Parquet pourra-t-il se servir d’un mandat de prise de corps pour le déférer en prison ?, s’interrogent mains observateurs.

La fin du mois de juillet risque d’être mouvementée à Kinshasa. Tous les ingrédients sont réunis pour que cette date entre dans l’histoire. Le leader de l‘UDPS, Etienne Tshisekedi annonce son retour au pays après plusieurs mois d’absence pour des raisons de santé. L’irréductible opposant (83 ans) qui parait avoir repris ses sensations après avoir subi une thérapie de choc à Bruxelles, entend rentrer par la grande porte et de la plus belle manière. Comme en 2011, il envisage s’adresser aux Congolais via la population kinoise à travers un grand meeting où il sera question, entre autres, de faire la restitution du Conclave de Bruxelles ayant réuni dernièrement plusieurs leaders de l’opposition.

Ce retour du Sphinx de Limete prend subitement une autre envergure suite à l’annonce, presque dans le même temps, du retour de Moïse Katumbi. Alors qu’on le croyait parti pour un long séjour médical en Europe suite aux ennuis sanitaires qu’il avait contractés dans la foulée de sa dernière comparution au tribunal de paix de Lubumbashi dans l’affaire de recrutement présumé des mercenaires, Moïse Katumbi a surpris en se déclarant être prêt à regagner le pays. Tous ceux qui avaient misé sur l’éloignement de cet opposant devenu un peu trop encombrant de la scène politique devraient déchanter. Dans les milieux proches de l’ex- gouverneur, on rassure et on confirme son retour tout en minimisant tout risque d’arrestation alors qu’il est encore sous le coup d’une condamnation par défaut à trois ans de prison pour une affaire de spoliation de biens. Ayant reçu l’appui d’Etienne Tshisekedi qui exhorte les autorités congolaises à faciliter son retour au pays, Moïse Katumbi a donc tout intérêt à se mettre sous la coupe du vieil opposant pour négocier un retour sans casse. Katumbi compte sur le « Sphinx de Limete » pour le faire rentrer au pays en évitant la prison et lui assurer son soutien lors de la prochaine présidentielle.

Mais entre le vœu ainsi caressé et les réalités de terrain, il y a une marge. Le Parquet va-t-il procéder à l’arrestation immédiate du président du TP Mazembe et le déférer en prison ? La question est sur toutes les lèvres d’autant plus que ce retour imminent de Moïse Katumbi au pays est présenté, par certaines langues, comme une provocation et une épreuve de force qu’il veut engager à l’endroit des instances judicaires nationales. Toutefois, d’après certaines sources, il est hors de question que l’ancien gouverneur du Katanga soit arrêté, le recours introduit par ses avocats via une procuration légalisée contre le jugement rendu par défaut suffirait pour faire échec à l’exécution de l’arrestation immédiate. Outre cette opposition au jugement au motif de mal jugé, il faudrait ajouter l’acte d’appel N°054 initié par son collectif d’avocats et qui se trouverait entre les mains du greffier titulaire.

Ces deux actes plaideraient, selon la source, pour la non-arrestation de Moïse Katumbi une fois à Kinshasa où il entend participer, à côté de ses pairs de l’opposition, au meeting du 31 juillet. Le tableau surréaliste de voir Etienne Tshisekedi et Moïse Katumbi, la main dans la main, prenant leur bain de foule, serait capté comme une symbolique de taille censée booster l’unité d’une opposition toujours divisée en prévision des prochaines joutes électorales.

Alain Diasso,
Avec ADIAC-CONGO

Commenter

Cliquez-ici pour commenter

Laisser un commentaire