La RDC recourt à la Banque mondiale avant de fixer le prix des services internet

Après la revue à la hausse du prix d’internet en République démocratique du Congo, le gouvernement a levé l’option de faire venir un expert de la Banque mondiale en télécommunications. Le spécialiste de la Banque mondiale est attendu à Kinshasa le lundi 20 juin prochain. L’annonce a été faite par le vice-Premier ministre en charge des Postes, Téléphone et Nouvelles technologies de l’information et de la communication, Thomas Luhaka Losendjola.

Selon le ministre des PT-NTIC, l’expert entrera en contact avec l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPTC). Ensemble, a affirmé Thomas Luhaka sur les ondes d’une radio locale, ils vont ensuite entrer en contact avec les opérateurs des télécommunications.

Ceux-ci, a-t-il ajouté, mettront à la disposition de l’ARPTC et de l’expert de la Banque mondiale, tous les paramètres qui participent au coût des télécommunications. A son tour, a poursuivi le vice-Premier ministre, l’expert fournira au gouvernement ce qui peut être qualifié de « juste prix des télécommunications ».

Le vice-Premier ministre a précisé que la décision a été prise après une rencontre avec les responsables des opérateurs des télécommunications. A en croire ce membre du gouvernement, c’est à l’issue de la rencontre de travail entre l’expert de la Banque mondiale, les opérateurs des télécommunications et l’ARPTC que le gouvernement pourra enfin fixer les prix attendus par les utilisateurs d’internet en RDC.

« Jusqu’à ce jour, nous n’avons pas de référence en ce qui concerne la fixation de prix de l’internet. La Banque mondiale, elle, a des experts qui ont la modélisation des coûts dans les télécommunications. Il y a même un modèle de cette institution financière internationale qui est appliqué dans le monde entier », a déclaré Thomas Luhaka.

Depuis quelques semaines, les prix d’internet ont été revus à la hausse à travers tout le pays, atteignant parfois jusqu’à cinq fois les tarifs habituellement pratiqués. A ce jour, par la simple volonté des opérateurs de télécommunications, le consommateur est obligé de débourser 10 dollars américains ou son équivalent en Francs congolais pour 650 mégabytes alors qu’avec le même montant, il y a quelques semaines, ils pouvaient payer 1gigaoctet d’accès à internet.

Avec 1 dollar américain, désormais on achète 65 mégabytes contre 80 ou 100 quelques semaines plus tôt. La semaine dernière, un député national a adressé une question écrite au vice-Premier ministre des PT-NTIC sur la hausse de prix des services Internet. Le vice-Premier ministre a, à son tour, demandé à l’ARPTC, organe technique habilité à définir les prix des services télécoms, à mener une enquête sur cette hausse des prix.

Du côté des opérateurs de télécoms, l’on justifie cette hausse de prix par une augmentation de taxes à hauteur de 50 % dans la loi des finances 2016. D’autres affirment avoir prévenu le gouvernement sur cette question. Les présidents de deux chambres auraient été aussi avertis sur l’impact de l’augmentation des taxes imposées aux opérateurs de télécoms.

« Le gouvernement a augmenté de 50 % les taxes des télécoms dues à l’Etat dans les prévisions budgétaires de 2016. Par conséquent, le consommateur ne pouvait que s’attendre à un ajustement de prix de services internet, étant donné que nous ne devons pas travailler à perte.

C’est ce qui a été fait, s’est défendu un opérateur de télécoms sous le sceau de l’anonymat. Selon lui, la loi reconnait aux opérateurs de télécoms le droit de fixer le prix de services Internet. Visiblement, les opérateurs de télécoms ne sont pas prêts à revoir leur décision.

Olivier Kaforo/Le Potentiel

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