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La SNEL engloutit 1,5 milliards Usd sans résultat

Répondant à une question orale au Sénat, Louise Munga, ministre du Portefeuille, a fait des révélations sur les moyens mis à la disposition de la SNEL par des partenaires, hélas sans résultats.

Toutes ces sommes pour le moins faramineuses qu’hallucinantes pour d’aucuns ont, ces derniers temps, transité par les comptes bancaires de la SNEL -Société nationale d’électricité- venant de différents canaux internationaux de financement. Elles ne sont pas, comme on le croirait, l’invention des médias en mal du sensationnel. Elles ont, par contre, été communiquées a la population par une bouche autorisée et récupérées utilement par des médias locaux. Il s’agit de la ministre du Portefeuille, Louise Munga qui en a dévoilé la teneur le 09 mai dernier en répondant aux préoccupations soulevées par la chambre haute du Parlement, trois jours auparavant, à travers la question orale avec débat soulevée par l’honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli tenant à se faire une idée précise quant au projet concocté par le Gouvernement sur la mise en concession intégrée des ports de Boma, Matadi et Kinshasa sans oublier le chemin de fer Matadi-Kinshasa.

Une question orale avec débat qui, du reste, a culminé jusqu’à amener les sénateurs à pousser le bouton loin. Cherchant à avoir une idée nette sur le bien-fondé du processus de réforme des entreprises publiques qui est en cours au pays depuis quelque huit ans. L’occasion était bonne pour Louise Munga de s’étendre ainsi sur la question en mettant un point d’honneur sur des éclaircissements utiles liés la transformation des entreprises publiques en sociétés commerciales déclenche depuis 2007 par le gouvernement ainsi que les avantages qui en découlent. Ainsi, pour éclairer la lanterne des sénateurs à cet effet, la ministre du Portefeuille a présenté, en termes de bilan de la réforme, le cas de quelques 5 entreprises triées sur le volet à titre d’échantillons. Quoi de plus normal qu’elle se soit penchée avec force détails sur la situation de la SNCC (Société nationale des chemins de fer du Congo), la RVA (Régie des voies aériennes), la REGIDESO, la SCPT (Société congolaise des postes et télécommunications) ainsi que la SNEL (Société nationale d’électricité).

SNEL beaucoup de moyens déployés pour peu de résultats!

Concernant la SNEL, les honorables sénateurs ont été informés sur le fait que plusieurs projets ont été financés par des bailleurs de fonds pour donner à cette entreprise les moyens de sa politique et lui permettre de faire face à ses obligations consistant à fournir sans encombre de l’électricité à la population RD-congolaise. Usant de plus de chiffres, Munga a confié à la représentation nationale qu’à travers le Projet d’électrification pour la consommation domestique et l’exportation (PMEDE), la SNEL a bénéficié d’une cagerotte de 781 millions USD de la part de la Banque mondiale. La BAD et la Banque européenne d’investissement, elles, ont également contribué à ce montant en mettant la main à la poche. Le Projet de marches d’électricité en Afrique australe (SAPMP) a, quant à lui, été financé à hauteur de 622.700.100 USD par la Banque européenne d’investissement tandis que le Projet d’électricité périurbaine et rurale (PEPUR) a vu la Banque africaine de développement débourser quelque 100.000.000 USD pour le rendre effectif et fiable.

Tout compte fait, il s’agit là, d’une solide enveloppe financière à même d’aider la Société nationale d’électricité à s’en sortir. Mais pourtant, quelles sont les résultats qui résultent de toute cette dotation?, se sont interrogés les sénateurs. A cette préoccupation, Louise Munga ne s’est pas faite prier pour laisser entendre que cela a permis à la SNEL de réhabiliter les groupes dans les centrales hydroélectriques d’Inga 1 et 2 sans oublier la construction de la deuxième ligne de transport d’énergie électrique de Inga à Kinshasa, la capitale. Pourtant, malgré les difficiles et peu convaincantes explications de Louise Munga, le constat n’est pas du tout positif. La capitale vit, dans sa majorité presque, un calvaire sans pareil avec des poches d’obscurité qui, chaque jour, font grimper d’un cran le niveau d’insécurité dans plusieurs communes de la Tshangu.

Si le capital s’en trouve ainsi lésée en matière d’électricité, qu’en est-il de l’arrière-pays ? A la SNEL de répondre à cette question qui ne manque pas d’intérêt. Mais une chose est certaine, cette réalité des faits a poussé Jacques Djoli Eseng’Ekeli, auteur de la question orale, à tirer la conclusion selon laquelle la réforme est en soi une bonne chose, mais c’est la manière dont elle est conduite par le Gouvernement qui laisse à désirer. Le sénateur Djoli en est arrivé à cette conclusion après avoir compris, en désespoir de cause, que la réforme des entreprises publiques qui, à l’origine avait suscité beaucoup de joie, est finalement menée sur fond d’une politisation rampante là où elle devait servir normalement de levier pour améliorer la gestion des entreprises. De là, proposer au Gouvernement de la République d’élargir la réforme tout en la requalifiant et en la menant selon les normes universelles d’usage, il n’y a qu’un pas que Jacques Djoli a vite franchi.

Laurent Derrick/Le Journal