Jean Pierre Bemba : les jeux sont loin d’être faits

C’est le 21 mars que la CPI statuera définitivement sur le sort de l’ancien vice-président de la Transition 1+4  qui en est à sa huitième année de détention à la Haye, poursuivi pour plusieurs abus commis par ses militaires en Centrafrique entre 2002 et 2003. 

Après huit années de détention à la Cour pénale internationale (CPI), Jean Pierre Bemba est sur le point d’être relaxé, à défaut d’une liberté provisoire tout de même salvatrice. Ainsi se convainc-t-on dans les milieux proches du Chairman qui ne jurent que par sa libération. Dans des cercles fermés, ses partisans s’organisent, prêts à lui réserver un accueil délirant à son retour au pays. Sauf imprévu, c’est lundi que la chambre de première instance de la CPI va rendre son verdict final dans l’affaire « Le procureur contre Jean-Pierre Bemba Gombo ». Cette audience va consacrer le dénouement d’un dossier judiciaire complexe qui aura tenu en haleine l’opinion tant nationale qu’internationale pendant huit ans.

La chambre, à la faveur de cette audience ouverte au public, sera composée de la juge Sylvia Steiner (Brésil), juge présidente, de la juge Joyce Aluoch (Kenya) et de la juge Kuniko Ozaki (Japon), renseigne un communiqué du responsable de sensibilisation de la CPI à Kinshasa. Un seul temps fort va marquer cette audience, à savoir la lecture par la juge présidente du résumé du jugement. L’accusé et son équipe de défense menée par son Conseil Peter Haynes QC ainsi que le bureau de la procureure Fatou Bensouda seront aux premières loges, côte à côte avec la représentante légale des victimes Me Marie-Édith Douzima-Lawson.

Tenu pénalement responsable de deux chefs de crimes contre l’humanité (viol et meurtre) et de trois chefs de crimes de guerre (viol, meurtre et pillage) prétendument commis dans le cadre de la situation en République Centrafricaine en 2002-2003, Jean Pierre Bemba réussira-t-il à renverser une tendance qui est  cloué au pilori avant terme ? Au Mouvement de libération du Congo, on est d’avis que la sentence ira dans le sens de relâcher simplement « Bayimoto » pour insuffisance des preuves. Le plaidoyer de la défense visant à convaincre la Cour sur l’irresponsabilité de Jean Pierre Bemba, qui n’avait plus prise sur ses hommes à Bangui où ils étaient passés sous commandement local au moment ces faits, aura fait mouche. « En cas d’acquittement et même si la remise en liberté est prononcée, les deux parties ont la possibilité de faire appel, un appel qui pourrait être suspensif et qui prolongerait le maintien en détention de l’opposant congolais jusqu’au procès en appel. Or, Jean-Pierre Bemba est détenu par la CPI sur deux dossiers », expliquent des sources judiciaires proches de la Haye.

L’autre affaire portant sur la subornation de témoin pour laquelle il est poursuivi depuis 2013 est encore pendante et tant qu’elle ne sera pas réglée par un verdict, cela veut dire que le chairman devra encore patienter avant d’espérer une éventuelle libération. Il lui faudra attendre le verdict des deux affaires pour lesquelles il est poursuivi dont la principale est relative aux crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Centrafrique par ses troupes en 2002 et 2003 pour connaître son sort.

Les proches du prévenu qui jubilent d’ores et déjà à l’idée de voir leur leader renouer le plus tôt possible avec la scène politique en ce moment des grands enjeux électoraux risqueront de prendre leur mal à patience, car les jeux sont encore loin d’être faits.

Alain Diasso
Avec Adiac

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