« Les Bantous ne veulent pas que les Pygmées épousent leurs enfants »

Les miliciens Pygmées de la République Démocratique du Congo (RDC) se déclarent favorables à la cohabitation pacifique entre les communautés Pygmées et Bantous dans le territoire de Nyunzu, dans la province du Tanganyika, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

« Je suis favorable à cohabitation avec nos frères Bantous pour une paix durable dans nos villages », a déclaré samedi Kyungu Moke alias Sept Sept, cher de la milice Pygmées ajoutant que « nous sommes condamnés à vivre ensemble avec eux, c’est vice-versa. »

Il ajoute:  « J’avais 500 hommes derrière moi et je me suis décidé de déposer nos armes artisanales. Il y a un problème, les Bantous ne veulent pas que les Pygmées épousent leurs enfants, mais ils veulent que nos enfants soient épousés les leurs. Nous ne voulons plus être considérés comme de sous peuple » se désole-t-il.

Le 7 août dernier, un groupe de miliciens Bakata-Katanga a « attaqué les civils pygmées, (…) incendié plusieurs maisons » dans Kasinge, une localité dans le nord de la province, a expliqué le lieutenant-colonel Félix Prosper Basse, porte-parole de la Monusco, au cours d’une conférence de presse.

les Pygmées restent largement discriminés et méprisés par les autres ethnies, dites « bantoues », qui les exploitent contre une rémunération faible ou en nature -comme des cigarettes ou de l’alcool, favorisant les addictions.

Le conflit entre les communautés Pygmées et Bantous a éclaté en 2013.

Ce chef milicien tire son surnom à partir d’un vent violent qui se souffle pendant sept jours au mois de juillet sur le lac Tanganyika en province du même nom. Il fréquente désormais son rival, un chef de la milice Bantous appelé Ngoyi.

« Nous avons déjà fait la paix comme vous pouvez nous voir, ici chez moi, les Pygmées et les Bantous sont tous égaux, il n’y a pas des différences », a déclaré Ngoyi.

Le conflit inter-communautaire a fait plus de 600 morts depuis 2014. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) organise un programme des champs communautaire pour rendre la cohabitation pacifique entre ces deux communautés.

Selon une note d’information d’OCHA parvenue ce samedi, le conflit a touché toute l’ex-province du Katanga, le chiffre de personnes déplacées interne des provinces des Haut-Katanga, Haut-Lomami, Lualaba et celle du Tanganyika est estimé à près de 306.000 au 30 septembre, dont 1.900 nouvellement déplacées. 46.000 personnes ont regagné leurs milieux d’origine entre juillet et septembre.

Rappelons que, Les Pygmées sont un peuple de chasseurs-cueilleurs que l’on trouve en RDC, en Centrafrique, au Congo, au Cameroun ou encore au Gabon. Leur mode de vie est menacé par la déforestation, les mines, l’extension des terres agricoles et l’exploitation des multinationales. Le 31 juillet dernier, ils ont déposé à l’Assemblée nationale une proposition de loi sur la protection des droits des Pygmées.

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