Affaire Zakalaha : les incroyables révélations des amoureux prisonniers à Kinshasa

Depuis un certain temps dans la ville de Kinshasa, l’on entend de plus en plus parler d’une pratique «mystérieuse » qui éveille la curiosité de bon nombre de personnes. Cette pratique n’est rien d’autre que le « Zakalaha », un mot de Kikongo qui signifie « reste ici ».

C’est en effet, une sorte de stratégie utilisée le plus souvent par les filles, pour conquérir les cœurs de leurs compagnons en les rendant follement amoureux d’elles, en sorte qu’ils deviennent incapables d’aller voir ailleurs. Selon les arguments avancés par les unes et les autres, diverses raisons seraient à la base de ce phénomène en vogue au sein de la société kinoise.

En réalité, selon les explications fournies par le tradi-praticien David Owen, la pratique du Zakalaha ne date pas de nos jours. Elle tire son origine des temps immémoriaux. C’est en fait une plante qui pousse dans les buissons et qui revêt certaines vertus capables de manipuler l’esprit de l’homme ou de la femme à qui elle est destinée.

D’après David Owen, il suffit juste de cueillir la plante, la sécher au soleil, et la broyer jusqu’à l’obtention de la poudre. C’est donc ce produit fini que la pratiquante (ou le pratiquant) va devoir saupoudrer dans la nourriture de son amoureux, tout en prononçant des paroles destinées à changer les sentiments et le comportement du compagnon en sa faveur, jusqu’à le rendre ivre d’amour durant toute sa vie. Si l’homme résiste aux effets de ce produit, poursuit-il, la femme peut reprendre l’expérience trois à quatre fois. Dans le cas contraire, elle peut s’arrêter à une seule fois.

Et selon Nlandu, vendeuse des produits indigènes au marché Gambela, a laissé entendre que pour mieux parvenir à ses fins, la femme peut aussi en introduire une portion de poudre dans son organe génital, peu avant de passer à l’acte sexuel avec ce dernier. Cette méthode, a-t-elle explicité, aide à stimuler l’appétit sexuel de l’homme à l’endroit de la femme, et son envie à être constamment avec elle, et elle seule.

Pour les deux interlocuteurs interrogés à ce sujet, la pratique du Zakalaha n’a rien du fétichisme. Parce que pour eux, cette plante est comme toutes les autres que l’on trouve dans la nature, et dont les hommes se servent pour remédier aux problèmes de leur virilité, comme dans le cas de certaines maladies.

Répondant à la question de savoir si le Zakalaha aurait des effets négatifs dans sa pratique, David Owen a précisé qu’il n’en connait pas, d’autant plus qu’il n’y a pas d’interdits ni de contre-indications à respecter, comme c’est le cas dans d’autres pratiques similaires. Mais si dans l’avenir, la femme décidait de se séparer de son homme, ce dernier, victime du Zakalaha, ne sera jamais prêt à l’accepter, puisqu’il sera sous les effets du fameux Zakalaha. Et cela peut même le pousser à se donner la mort, suite à l’amour débordant qu’il a pour celle-ci.

Est-il possible d’interrompre l’action du Zakalaha ?

Bien sûr !, a rassuré David Owen. Comme dans la plupart de cas, chaque produit possède son antidote. Ainsi en est-il de la médecine traditionnelle qui dispose aussi d’une solution de plantes permettant à dissiper les effets du Zakalaha dans le corps de la victime, a-t-il laissé entendre.

Témoignage d’une victime

Un homme d’une cinquantaine d’années, a témoigné sous anonymat, que pendant plusieurs années de vie de couple, il a été victime du Zakalaha fait par sa femme sous prétexte de sécuriser leur amour, étant donné qu’elle n’était pas aimée par sa belle-famille. Durant cette période, ce dernier a révélé qu’il était devenu follement amoureux de sa femme et ne permettait aucune accusation contre elle, venant même de sa famille. Ignorant cette situation, et sans se douter de quoi que ce soit d’anormal, il se verra un jour prophétiser par un serviteur de Dieu qu’il était envoûté. Après une séance de délivrance et une période de séparation d’avec sa femme, il a pu lui pardonner et la vie conjugale a repris normalement. Selon l’auteur du témoignage, une fois sous l’emprise du fameux zakalaha, il est difficile, presque impossible d’en sortir de soi-même puisqu’on est tout simplement inconscient. A son avis, la seule issue de secours reste la prière ou soit recourir aux tradi-praticiens, qui en sont auteurs, du fait qu’ils en détiennent le secret.

Analyses et critiques

Il y a plusieurs raisons qui poussent les femmes à recourir au Zakalaha. Soit elles se sentent attirées par des hommes qui ne s’intéressent pas à elles, soit elles fréquentent des compagnons qui courent derrière d’autres femmes. C’est ainsi que pour conquérir leurs cœurs ou rendre pérenne leur amour et résoudre tous leurs problèmes intimes, celles-ci s’adonnent à cette pratique avec conviction de trouver satisfaction. D’autres par contre, y recourent tout simplement par convoitise des biens matériels et par amour pour l’argent, à la recherche d’un homme riche capable de subvenir à leurs besoins en leur offrant une vie de rêve.

Face à cette réalité qui gangrène notre société, particulièrement la jeunesse actuelle, bon nombre d’observateurs s’interrogent sur l’importance d’un tel usage qui porte atteinte à la volonté humaine. L’Homme, dans sa nature humaine, a-t-il vraiment le droit de manipuler les sentiments de son prochain de la sorte, jusqu’à le rendre inconscient de ses actes ?

Partant de la définition la plus primitive de l’amour, qui est un sentiment profond visant l’épanouissement intégral de l’autre, est-ce juste de garder son compagnon prisonnier sous prétexte de l’aimer ? N’existe-t-il pas une autre façon de conquérir le cœur d’une personne sans recourir à la pratique du Zakalaha ? Peut-on garder la conscience tranquille tout en sachant que sa relation amoureuse est fondée sur une pratique qui sort du naturel ?

(A suivre…)

Myriam Iragi et PersideDiawaku,
Le Phare

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