A Matadi, on boude de payer l’électricité non consommée

A Matadi, chef-lieu de la province du Kongo Central, les consommateurs boudent de payer les factures forfaitaires de la Snel, accusant la Société nationale d’électricité de leur faire payer l’énergie qu’ils ne consomment pas. Pour mettre un terme à l’arbitraire, ils réclament l’installation des compteurs électriques.

« Nous ne comprenons plus rien. La Snel procède chaque mois à l’augmentation de ses factures pour des raisons non encore élucidées pendant qu’elle ne cesse de nous fournir du courant de façon irrégulière et de très mauvaise qualité. Plus jamais je ne paierai encore ses factures », peste, dépité, un habitant du quartier Kitomesa à Matadi. Comme lui, Albertine Mvumbi, une autre abonnée de la Snel ne s’explique pas comment sa facture d’électricité a plus que triplé en un mois. « Je suis étonnée de voir ma facture passer de 12 000 FC (13 $) au mois d’août à 38 000 FC (42 $) au mois de septembre dernier », se plaint cette veuve résidant le quartier Kinkanda dans la commune de Matadi.

Président des abonnés de la Snel à Matadi, Eddy Nzeza promet de multiplier des pressions à l’endroit des autorités de la Snel pour qu’elles revoient leur facturation à la baisse. « Trop c’est trop, ils doivent nous expliquer les raisons de ces incessantes augmentations », demande-t-il.

Mettre un terme à l’arbitraire

A la Snel, on justifie cette situation par l’instauration de la nouvelle grille tarifaire mise en place depuis que l’entreprise est devenue une société commerciale. Un cadre de l’entreprise, sous le couvert de l’anonymat explique : « lorsque nous étions une entreprise paraétatique, le gouvernement prenait en charge tous les frais liés à notre fonctionnement. Ce qui n’est plus le cas depuis un certain temps. Nous supportons seul la charge du personnel, le fonctionnement, etc. C’est au regard de toutes ces difficultés que nous sommes obligés d’augmenter notre tarification ».

Jerry Muandama, responsable de l’agence de la Snel à Kinkanda, confie : « désormais, nous facturons nos clients forfaitairement selon le nombre d’ampoules et d’appareils électroménagers dont ils disposent. Nous avons largué, début deuxième trimestre de cette année, nos agents à travers tout Matadi pour faire les inventaires des biens et des ampoules dans chaque maison de nos abonnés. C’est sur base des données recueillies dans chaque maison que nous établissons nos factures ». Cependant certains abonnés disent n’avoir jamais vu l’ombre de ces agents de la Snel à leurs domiciles. Pour mettre un terme à « ce qui s’apparente à de l’arbitraire », les consommateurs réclament l’installation des compteurs électriques dans leurs domiciles. « Les compteurs sont les seuls appareils capables de déterminer avec exactitude les kilowatts réellement consommés », rappelle le président des abonnés. Des sources à la Snel affirment que l’entreprise a déjà passé commande de ces compteurs et les mettra à leur disposition le moment venu.

Electricité prépayée

A Kinshasa, la Société nationale de l’électricité a choisi quelques quartiers huppés de la capitale pour tenter l’expérience de compteurs prépayés : Cité Verte, Cité Marie Olive Lembe, Cité Maman Mobutu, dans la commune de Mont-Ngafula, et le quartier GB, à la Gombe. Quelque 7 000 compteurs ont ainsi été placés pour permettre aux abonnés d’avoir un contrôle sur leur consommation au quotidien. Selon les bénéficiaires, ce système pousse à un usage modéré du courant électrique. Plus de facturation forfaitaire, une certaine régularité dans la fourniture de l’énergie s’installe, excepté en cas de coupure généralisée, de panne de câble ou d’intervention dans la cabine. Les difficultés résident cependant au niveau de la vétusté des réseaux de distribution. A Matadi, on n’en est pas encore là.

SODI HELENE/SGL/LC

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