La Rdc a une forte potentialité énergétique. Rien que pour l’hydroélectricité, le pays regorge une capacité de 100.000 mégawatts (Mw). Cela, sans compter les autres énergies : solaires, éoliennes, etc.

Cependant, l’on évalue seulement à 9 % la moyenne de la population qui a accès à l’énergie électrique en Rdc. Et à cause de la vétusté des infrastructures énergétiques, le pays importe désormais de l’énergie électrique depuis la Zambie.

Conscient de cet énorme déficit, le Gouvernement de la République fournit de gros efforts avec ses partenaires pour palier cette situation. Pour ce faire, il s’investit dans la construction d’autres barrages hydroélectriques en plus de ceux qui existent déjà dans le complexe énergétique d’Inga, ayant une capacité de 40.000 Mw, dans la province du Kongo central. Selon des experts, pour atteindre cette capacité, il faudrait construire des barrages jusqu’à Inga 8.

A ce jour, tout est mis en œuvre pour la construction d’une très grande centrale hydroélectrique, Inga 3 basse-chute (il y aura également Inga 3 haute-chute), d’une capacité de 4.800 Mw. Les travaux pour la construction de ce barrage sur Inga devront durer sept ans. En vue de sa mise en œuvre, un Comité interministériel (sept ministères) pour le développement du site d’Inga (CODESI) a été ainsi mis en place, présidé par le Premier Ministre.

Le projet comporte sept phases. Le coût pour la réalisation de la première phase du projet oscille entre 09 et 14 milliards de dollars américains. Cet argent viendrait des investisseurs privés. Un consortium privé (ou développeur du projet) se charge donc de la construction du barrage ainsi que d’autres infrastructures.

Contrairement à ce que pensent certaines personnes, le projet n’est pas financé par la Banque mondiale. Celle-ci aide le pays à rendre le projet bancable et suffisamment attractif. Aussi la Banque mondiale, la BAD et la BEI ambitionnent-elles de financer les lignes de transport incluses dans le projet. Selon le répondant de la Société civile à ce projet, Me Erick Kassongo, les Français s’intéressent au financement d’une partie du projet, notamment le transport et la distribution du courant électrique.

Dans ces 4.800 Mw du projet Inga3 Bc, la Rdc et l’Afrique du Sud (ESKOM) ont signé et ratifié en date du 29 octobre 2014, un traité pour l’achat de 2.500 Mw, lequel est entré en vigueur le 20 mars 2015. 1.300 Mw seront données à l’industrie minière du Katanga, et seulement 1.000 Mw seront destinés à la SNEL, pour la consommation domestique de la population. Et cinq provinces en bénéficieront.

Pour la Société civile, ce projet Inga 3 a paradoxalement une vocation commerciale et non sociale. Elle estime que les 1.000 Mw pour la population sont encore insuffisants. Ils réclament que ces 1.000 Mw soient augmentés jusqu’à 50 % des 4.800 Mw du projet Inga 3, au besoin de la population.

Signalons en outre que le Centre national d’appui au développement populaire (CENADEP) et le Réseau PRODDES (Promotion de la démocratie et des droits économiques et sociaux) avaient mis sur pied la Coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes de l’action publique (CORAP), ayant ciblé comme première réforme celle du secteur de l’électricité à travers l’étude de faisabilité du projet Grand Inga (développement du Site d’Inga, d’Inga 3 à Inga 8, pour plus de 100 milliards de dollars américains).

En vue de mieux assurer le suivi de ce projet, la CORAP travaille avec les organisations locales, nationales et internationales. C’est ainsi qu’il est né l’idée de mettre en place le Projet d’appui au plaidoyer pour l’accès inclusif à l’énergie. Et la fondation OSISA a accepté de financer ce projet à hauteur de 100.265 dollars américains.

Dans le cadre de ce projet, des acteurs des Organisations de la Société civile (OSC) impliqués dans le suivi du secteur de l’énergie ont formulé quelques recommandations au Gouvernement de la République, avant la construction du barrage Inga 3 : indemniser les populations affectées par la construction des barrages Inga 1 et Inga 2, et aussi, celles qui seront affectées par la construction du barrage Inga 3. Ceci d’autant plus que l’inondation de la vallée de Bundi (en amont d’Inga) aura de l’impact notamment sur l’environnement, ainsi que sur la vie sociale et économique des populations riveraines. Une autre recommandation, ce qu’ils réclament une implication totale de la Société civile et des communautés locales dans toutes les phases du projet ; que les populations concernées soient informées en temps réel de tout ce qui se fait dans la mise en œuvre du projet.

Ces acteurs de la Société civile exigent également des études cumulatives des impacts environnementaux au préalable, et cela, jusqu’à Inga 8. Ils encouragent le Gouvernement à développer beaucoup plus de micro-barrages, barrages à taille moyenne, et d’autres énergies renouvelables, « parce que, moins chères et facilement développables dans toutes les provinces ».

Lepetit Baende/L’Avenir