Striptease à Kinshasa pour survivre et étudier

Des témoignages désolants des jeunes filles interpellées par la Police nationale, diffusés par les médias le week end dernier et hier lundi 10 février 2014, ont révélé à l’opinion congolaise la face cachée d’un phénomène qui étend ses tentacules dans la capitale : le striptease.

Egalement appelé effeuillage, il désigne une forme de spectacle érotique particulièrement apprécié dans les boîtes de nuit. Il consiste, pour une personne, à se débarrasser lentement et sensuellement de ses vêtements au fur et à mesure de la danse pour finir dévêtue, voire totalement nue. Pratique presque méconnue dans la capitale, il y a quelques années, le striptease a pris de l’ampleur dans plusieurs quartiers (huppés ou non) de la capitale, en commençant par Gombe, Bon Marché, Bandal, Kinshasa, Matonge, Ngiri-Ngiri, Mont-Ngafula, etc. Informée de la présence des filles mineures parmi ses pratiquantes surprises au night-club la Quita à Gombe, la ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, Geneviève Inagosi, a fait une descente à l’Inspection provinciale de la Police nationale, afin d’exprimer son indignation et sa colère face à cette forme de « chosification de la femme en plein 21ème siècle ! »

A en croire les témoignages livrés par les stripteaseuses elles-mêmes, cette activité leur permet de survivre, de supporter leurs parents et de payer les frais académiques, certaines étant même étudiantes.

Au regard de ces propos, il importe maintenant à la société congolaise et surtout aux décideurs politiques de poser la vraie question afin d’arreter la progression de ce fléau. Pourquoi ce dénudement volontaire en public ? Toute proportion gardée, la réponse est essentiellement liée de la MISERE. Cette principale raison doit être combattue et éradiquée afin de stopper efficacement dans la société congolaise cette pratique, sous quelques prétextes que ce soit ! Même si Léopold Sédar Senghor aimait évoquer la femme noire nue, uniquement vêtue de sa «couleur qui est vie», le corps, faudrait-il insister et le rappeler, ne s’expose guère dans nos cités africaines. Naturistes, passez votre chemin! La nudité suscite toujours scandale sur le continent.

A la misère, il faut ajouter le chômage, le libertinage, l’absence de la police des mœurs, le mutisme des activistes des droits de l’homme et leurs pairs des mouvements associatifs, le relâchement des mœurs, la montée des antivaleurs, etc.

Bien entendu, il serait faux de croire que les pratiques contraires aux bonnes mœurs sont choses nouvelles chez nous. Sinon, la police des mœurs n’aurait pas existé depuis l’époque coloniale dans notre pays.

En tout état de cause, combattre la misère est la meilleure thérapie pour freiner l’expansion de ce que la ministre Inagosi a nommé, avec raison d’ailleurs, « chosification de la femme ». Concrètement, la lutte contre la corruption et la paie régulière et correcte des parents et des employés, protégeront mieux nos mœurs, et videront tout prétexte à nos sœurs versées dans le commerce de leurs charmes pour vaincre les vicissitudes de la vie.

LP

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