UPN : des homes vides depuis trois ans

La réfection des Homes I, II et III de l’UPN (Université Pédagogique Nationale), annoncée avec fracas il y a trois ans, se fait toujours attendre.

En décidant d’évacuer les internes du Home I, les autorités académiques de cet établissement avaient fait croire à la communauté estudiantine que les travaux de réaménagement, sur financement du gouvernement central, étaient imminents.

Mais, après toute une année d’attente, aucun coup de pioche ou de pinceau n’était enregistré. Alors que le Home I était resté en l’état, les mêmes autorités académiques avaient décidé, l’année dernière, de « chasser » les occupants des Home II et III, sous le même prétexte de la réhabilitation urgente des bâtiments. Trois années académiques viennent ainsi de s’écouler sans que le chantier de l’UPN soit ouvert.

Entretemps, les étudiants et étudiantes désireux de résider à proximité de leur « école », surtout ceux provenant de l’intérieur du pays et n’ayant pas de familles d’accueil à Kinshasa, sont condamnés à louer des maisons. Cette situation leur cause un préjudice financier énorme, car issus pour la plupart de milieux modestes. Par ailleurs, ils sont exposés aux tapages diurnes et nocturnes, ainsi qu’aux désagréments de la cohabitation avec des voisins non étudiants.

Compte tenu du flottement observé dans la réalisation des travaux de réfection des homes, la communauté estudiantine de l’UPN commence à avoir le sentiment que le délogement des étudiants et étudiantes internes serait lié à une raison autre que leur remise en état. Elle pense même qu’elle serait victime de fausses informations décrivant cet établissement comme un des viviers où pourrait puiser l’opposition en cas de manifestation de protestation contre le pouvoir.

«Nous demandons au gouvernement de nous laisser étudier paisiblement, car l’UPN est une grande université qui reçoit plusieurs étudiants de différentes provinces du pays ainsi que des pays voisins. Ces mesures nous mettent en difficulté. La réfection des bâtiments ne constitue pas une raison pour nous chasser des homes. C’est vraiment injuste et anormal », protestent des étudiants surpris sur ce site universitaire.

Ceux-ci pensent qu’au lieu d’agir dans la précipitation, le gouvernement ferait mieux d’attendre jusqu’au moment où les moyens requis seraient réunis pour faire évacuer les homes. Car rien n’atteste jusque-là que des travaux seraient exécutés sur le site de l’UPN.

Signalons toutefois qu’une trentaine d’étudiants sont toujours visibles du côté des homes. Interrogés au sujet de leur présence, ils ont laissé entendre qu’ils sont chargés de sécuriser le site.

Ces étudiants ont fait savoir que ce ne sont pas tous les étudiants qui ont quitté les homes, il y a une trentaine qui continuent à sécuriser le site universitaire. Ils ont précisé que cette mesure de délogement a été aussi appliquée à l’INBTP, à l’UNIKIN, etc en violation de droits de l’homme.  D’autres homes des Instituts supérieurs sont déjà ciblés pour être vidés.

Murka/Le Phare

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