Werrason, en dehors de Ferre Gola, un ancien chanteur de l’orchestre « Rumba des jeunes » qu’il avait connu au sein de « Tout Terrain Wenge BCBG 4×4 » et qu’il avait adopté et retenu comme premier chanteur de Wenge MMM, a accepté tout ce qu’on lui présentait pour former son orchestre.

Le phénomène Werrason est une grande personnalité dans la musique congolaise. A lui seul, il incarne toute une génération. Beaucoup de choses se sont créés autour de son nom si bien que même des artistes que lui-même façonne à son image finissent toujours par lui payer en monnaie de singe.

On retiendra que depuis la fondation de l’orchestre Wenge Musica Maison Mère, la bonté de Werrason s’est toujours butée à une incompréhension de la part des artistes qui viennent se coller à lui dans le but sordide de lui arracher sa popularité. Ils son viennent toujours tambours battant et s’éclipsent sur les pointes de pieds après avoir atteint leur objectif : celui de chercher noise au roi de la forêt et de croire qu’en se retirant de la majorité plurielle l’édifice de Werrason s’écroulera. Erreur !

1er couac

Tout de suite après la mise sur pied de l’orchestre Wenge Musica Maison Mère dont l’ossature était constituée d’éléments venus des orchestres « S’il vous plaît la gamme » de Yolo et de Golden Tchatcho de Duc Hérode de Lemba proposés par Adolphe Dominguez un véritable mwana Yolo à l’époque alors que ce dernier se recherchait encore entre JB Mpiana et Werrason et que Ya Ngiama a fini par l’adopté et à en faire son homme de confiance.

La barque a connu son premier couac par le départ impromptu du recruteur Elongo Adolphe « le Chouchou de tout le monde » entraînant dans sa suite les chanteurs Didier Lacoste et Shela Mputu transfuges de « SVP la gamme » pour aller fonder le groupe Wenge Tonya Tonya.

N’ayant pas trouvé son compte au sein de cet orchestre, le chanteur Didier Lacoste frustré par la présence dans Wenge Tonya Tonya d’un autre chanteur portant le même nom de scène que lui recruté par Adolphe en Europe n’a pas trouvé mieux que de faire marche arrière pour aller implorer le pardon de Werrason pour regagner Wenge Musica Maison Mère.

De bon cœur et sans rancune Werrason a accepté sa réintégration au sein de son orchestre. Faisant semblant de devenir un enfant docile qui acceptera désormais de se conformer aux recommandations du groupe, Didier Lacoste n’a attendu que l’enregistrement par l’orchestre Wenge MMM de sa chanson intitulée « Médicaments » pour tourner, une deuxième fois, le dos à Werrason qui a, néanmoins, encaissé le coup.

Perspicace et ne voulant surtout pas prêter foi aux bobards de la rue, l’Ambassadeur de la paix a continué à soigner son image de marque en se consacrant à 100% au rayonnement de son groupe

2ème couac et révélation

Son charisme aidant, le succès de Werrason avait déjà débordé les frontières nationales. On parlait de lui partout sur le continent. Tout le monde voulait voir cet artiste en live et connaître, au besoin, le secret de sa brillante réussite sur le plan musical.

Grâce à l’implication du PDG MVB ainsi d’autres donateurs, le groupe cher à Werrason a programmé et réussi son passage dans la salle mythique de Bercy à Paris. Il en a profité pour entrer au studio et abattre un travail de titan sous l’intitulé de « Solola bien ».

Dans cet opus se trouve la chanson « Vita Imana » de Ferre Gola majestueusement joué dans sa partie instrumentale par les musiciens du Tp OK Jazz dont Michelino Mavatiku et les autres. Ferre n’a fait que placer sa voix. C’est cela aussi la grandeur du cœur de Werrason qui donne des ouvertures à tous ceux qui travaillent bien.

Malheureusement que cette ascension de Wenge MMM n’était pas perçue de bon œil par tout le monde. Les jaloux n’ont cessé d’affûter leurs armes pour tenter sa déstabilisation. Ce qui devait arriver, arriva.

Le chanteur de charme Ferre Gola sur qui tous les espoirs de Werrason étaient fondés a claqué la porte du groupe avec dans sa suite le chanteur Jus d’Eté Mulopwe et l’animateur Kalonji Bill Clinton. On s’en souvient, le trio est allé former l’orchestre « Les Marquis de Maison Mère » qui ne survivra que l’espace d’un matin.

Recrutement des talents en sa défaveur

Au départ, pour asseoir son groupe, Werrason, en dehors de Ferre Gola, un ancien chanteur de l’orchestre « Rumba des jeunes » de Bandal qu’il avait connu au sein de « Tout Terrain Wenge BCBG 4×4 » et qu’il avait adopté et retenu comme premier chanteur de Wenge MMM, a accepté tout ce qu’on lui présentait pour former son orchestre d’autant qu’il fallait parer au plus pressant.

Un coup d’œil de son émissaire dans la commune de Lemba a suffit pour déstabiliser l’orchestre « Golden Tchatcho » de Duc Hérode en lui arrachant ses pions majeurs.

C’est ainsi que Serge Mabiala, Flamme Kapaya, Céléo Skram, Lux Lusembo, etc ont accepté de cimenter la première fondation de Wenge MMM alors que restant toujours dans cette vague de déstabilisation, leurs autres collègues tels que les chanteurs Bourreau Mpela et Jordan Koussa se sont affalés dans « Quartier Latin International » de Mopao Mokonzi ; le guitariste Sunda Bass est allé toquer à la porte de Wenge Bcbg et que le chanteur Strely Mikobi a choisi d’évoluer dans Zaïko Langa Langa Nkolo Mboka.

Voulant aller loin et prouver que le groupe naissant était le seul sanctuaire où devraient évoluer des talents le vent déstabilisateur a soufflé sur l’orchestre « S’il Vous Plaît la Gamme » de Yolo dans la commune de Kalamu en lui arrachant sa tête d’affiche le chanteur Didier Lacoste signant ainsi un arrêt de mort pour la plus grande formation musicale de Yolo à l’époque.

Jusque là les cordons semblaient s’accorder au sein de l’orchestre de Werrason qui se préparait à faire bouger le monde mais dans son for intérieur quelque chose lui disait qu’il fallait prendre un peu de patience et attendre recruter un animateur capable de faire face à Tutu Caluji « l’atalaku » de Wenge Bcbg qui n’avait pas son égal.

C’est juste lorsque le sémillant Bill Clinton Kalonji est arrivé que Werrason a poussé un ouf de soulagement sachant que le nouveau venu est bien l’homme qu’il attendait pour faire face au grand animateur de Wenge Bcbg. Ainsi, toutes les batteries mises en marche Wenge Musica Maison Mère a programmé sa sortie officielle avec à l’affiche des artistes cités ci-haut. Sur la liste viendra s’ajouter en bonne place le drummer Kakol transfuge du groupe tradi-moderne « Swede Swede » de la commune de Kintambo et que le chanteur Jus d’Eté Mulopwe est un déserteur de l’orchestre Wenge El Paris de Mwant Yav Marie Paul Ashisha Belesi.

De par la bonté de son cœur, le phénoménal Werrason ne pouvait imaginer ainsi un seul instant qu’il se faisait ainsi entourer des rivaux qui, lorsqu’ils auront atteint leur apogée, n’hésiteront pas au tournant de le poignarder dans le dos.

Ceci, parce que tous ceux qui venaient auprès de lui étaient déjà des « leaders » dans leurs fiefs d’origine.

Fuite en avant

En dépit de nombreux coups qu’on ne cesse de lui assener Werrason ne désempare point. Il demeure toujours le même.

Cependant, ce qui préoccupe de plus les mélomanes et singulièrement les observateurs avertis, c’est le fait que Wenge Musica Maison Mère vient de battre son propre record sur le plan du départ des musiciens.

Ce qui corrobore avec notre assertion lorsque nous disons que la plupart de ceux qui gravitent autour de Ngiama Makanda les sont pour des intérêts partisans.

Profitant de la notoriété de la grande star africaine ils se prélassent tels des conquistadors croyant avoir trouvé le salut oubliant que selon les concepts divins il n’est pas donné à tout le monde de diriger.

Certains étaient partis, tambours battants, de Wenge Musica Maison Mère et sont revenus toute honte bue s’agenouiller devant les « bana zamba » pour demander pardon. D’autres, acérés continuent encore persévérer dans leurs aventures abjectes croyant faire plus que ce que le roi de la forêt avait fait pour eux. Ce ne sont jamais des artistes sur qui Werrason pourra compter pour ses futures productions tant dans le vieux continent que vers le nouveau monde.

Même dans son entourage il y a des caciques dont les boussoles ont cessé de fonctionner depuis des lustres et ne sont là que pour des commissions personnelles. A l’occasion, ils n’hésiteront nullement à prendre la poudre d’escampette salissant ainsi le dossier de la majorité plurielle pour des prochaines chevauchées.

Désormais donc pour la survie de son orchestre, Werrason fera mieux de recruter les artistes qui ne viennent de nulle part afin qu’il puisse lui-même les façonner à son image au lieu de recourir à ceux qui ont presque raté leur vie artistique et que l’orgueil fait trimballer dans les rues poussiéreuses de Kinshasa à la recherche d’un job. Dans cette ville nous le savons, il y a artistes et artistes. Il y a des polis tout comme il y en a aussi des impolis.

C’est lorsqu’il appréhendera cet avertissement que Werrason pourra enfin crier : « est pris qui croyait prendre ». Chapeau bas, frère !

Kingunza Kikim Afri/L’Avenir