Kinshasa : : les sinistrés des inondations abandonnés à leur triste sort

Les sinistrés des pluies diluviennes qui se sont abattues dernièrement dans la ville de Kinshasa, particulièrement celle du lundi 07 décembre 2015, n’ont bénéficié jusque-là d’aucune assistance de la part des autorités nationales ou urbaines, malgré le fait que le chef de l’Etat avait insisté, lors de sa descente sur le terrain au lendemain du sinistre, pour qu’une assistance efficace leur soit apportée.

Cette attitude de non assistance .à des milliers de citoyens est déplorée par plus d’un Congolais, d’autant plus qu’il ne s’agit ni de la première, ni de la dernière. D’aucuns estiment que c’est le lieu de rappeler aux gouvernants le sens de leurs responsabilités et le respect des promesses données, car le bien-être des gouvernés relève de leurs prérogatives.

Selon les chiffres officiels, on avait enregistré une trentaine des morts et 20.000 familles sans abris dans la capitale à la suite des inondations du début du mois.

Certaines d’entre elles ont dû consentir d’énormes sacrifices financiers pour trouver de nouvelles maisons à louer et déménager, après avoir perdu pratiquement tous leurs biens et même Leurs garanties locatives. Et dans cette vague des déplacés, des familles autrefois propriétaires, se retrouvent actuellement locataires pour la simple raison que leurs habitations sont tout simplement à réhabiliter du n’existent plus, car emportées par les eaux. Beaucoup de sinistrés ont trouvé refuge dans des familles d’accueil, qui ont accepté de les sous-loger, le temps pour eux de trouver une autre solution. D’autres encore, sans argent ni secours, ont dû regagner leurs maisons, malgré leur état d’insalubrité, avec tous les risques des maladies qui pourraient s’en suivre.

Pour les moins chanceux, qui ont finalement perdu leurs maisons et tous leurs biens, la situation est malheureusement plus désastreuse. Par la force de la nature, ils sont obligés de passer encore leurs nuits à la belle étoile, à la merci des intempéries, au vu et su des autorités, en dépit des promesses de prise en charge officielle qui leur ont été faites.

Il est évident que pour toutes ces familles, les festivités de cette fin de l’année ne pourront se passer que dans une grande tristesse. On peut imaginer combien des parents seront dans l’incapacité d’offrir à leurs enfants ne serait-ce qu’un petit repas «h famille dans un cadre plus ou moins acceptable, afin de terminer en beauté l’année 2015. Cette dernière n’aura été qu’un mauvais souvenir pour ces sinistrés abandonnés, qui continuent à flirter avec la mort.

Rappelons que ce sinistre avait touché pratiquement toutes les habitations et tous les quartiers traversés par les rivières à travers la ville et était à la base de l’interruption momentanée de la desserte en eau potable observée dans pratiquement toute la capitale suite aux inondations.

La situation était particulièrement préoccupante au niveau de l’usine de captage de la Regideso, sur les bords de la rivière N’Djili. Mais de quoi sera fait demain ? C’est la question qui revient pratiquement tous les esprits, dès lors que les pluies diluviennes n’ont pas encore dit leur dernier mot, et que des mesures préventives ou d’assistance efficace se font attendre. Attend-on une nouvelle vague de sinistrés à Kinshasa pour faire semblant de s’apitoyer sur leur sort et les oublier dès que les émotions fortes seraient passées ?

Par Mariam Iragi

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