Vivre chez les beaux-parents, une expérience « pénible »

Les difficultés financières peuvent contraindre les épouses à habiter « temporairement » chez les beaux-parents. Une situation délicate, une jeune congolaise témoigne.

Jeanne B. vit, depuis deux ans, chez sa belle-famille avec son mari et sa petite fille de 2 ans. « Un calvaire », selon la jeune maman. Cette décision de vivre chez les beaux- parents, ils l’ont prise lorsque que le mari est devenu chômeur, tandis que l’épouse est femme au foyer. « Nous nous sommes battus pour rester dans notre foyer mais en payant le loyer, la ration, le lait pour la petite, toutes les économies faites durant des années se sont vite épuisées », explique-t-elle. Alors, la belle-famille a accepté de les héberger le temps que leur fils trouve du travail. Jusqu’à maintenant aucun emploi en vue.

Ces deux années passées chez les beaux-parents ont marqué à jamais la jeune femme. « Je suis traitée comme une étrangère, une intruse et une moins que rien. Pire, quand mon enfant n’arrive pas à dormir tard dans la nuit, le matin, mes beaux-frères me font comprendre qu’ils ne supportent pas les cris des enfants. » Pourtant, avant de venir y vivre, ses relations avec ses beaux-frères étaient au beau fixe. « Auparavant, j’étais comme leur grande sœur. Quand j’ai mis au monde ma fille, ils venaient souvent nous rendre visite.  Je ne comprends pas leur comportement envers nous», confie Jeanne, désespérée.

En vivant chez les beaux-parents, il faut s’attendre à subir un « diktat »

Sa belle-mère lui fait toujours des remarques sur la façon dont elle s’occupe de sa fille. Son beau père, lui, ne lui adresse presque pas la parole. Chaque geste posé est scruté à la loupe. « Ils m’en veulent comme si c’est moi qui ai obligé mon mari à retourner chez eux. Ils me font comprendre que je n’ai pas de place dans cette famille. Mon mari souffre de cette situation. Mais il n’a pas le choix. »

Selon une psychologue, vivre chez ses beaux-parents, pour un temps, devient monnaie courante surtout dans les milieux urbains même si les raisons varient. « Cependant, en décidant d’y aller, il faut que les jeunes couples sachent qu’ils sacrifient leur indépendance. » Il faut s’attendre à subir un « diktat » puisque les responsabilités sont assurées par les beaux-parents.

Elle indique que les deux époux souffrent de cette situation. Pour la femme, son rôle de maîtresse de maison, d’épouse et de mère est remis en question. De même, le rôle du mari qui est le protecteur, le père et l’époux. « Ce qui peut engendrer des problèmes dans le couple. Voire dans certains cas, provoquer un divorce. »

« Un vrai homme ne retourne pas vivre chez ses parents »

Selon un chercheur en Histoire, jadis, ce phénomène social pouvait s’observer quelques jours après la célébration du mariage, le temps que la belle-mère apprenne à la belle-fille à faire la cuisine et à bien tenir la maison. « Après cette initiation, on évitait même le moindre contact. Une belle-fille ne devait en aucun cas vivre sous le même toit que son beau-père. »

Même si des problèmes de couple survenaient, il martèle qu’un « vrai homme » ne pouvait pas retourner vivre dans la maison de ses parents. Et d’enchaîner : « Je ne suis pas contre la modernité, mais il ne faut pas perdre notre identité. Si à la moindre difficulté même financière, on retourne chez ses parents, de quel modèle de couple hériteront nos enfants ? » Nos aïeux aussi, conclut-il, passaient par des moments difficiles mais ils n’optaient pas pour la facilité.

Commenter

Cliquez-ici pour commenter

Laisser un commentaire