Le magazine Jeune Afrique, dans sa version en ligne, révèle que l’entrepreneur Alieu Conteh accuse le groupe télécoms sud-africain d’être impliqué dans son éviction des commandes de Congolese Wireless Network, détenteur à 49 % de Vodacom Congo.

Selon Jeune Afrique Economie, Alieu Badara Mohamed Conteh, fondateur de Congolese Wireless Network (CWN), a porté plainte devant le Tribunal de commerce de Kinshasa-Gombe contre le groupe Vodacom et sa filiale Vodacom Congo.

Dans son rapport semestriel de septembre 2015, qui dévoile cette plainte, Vodacom estime que la procédure engagée par Alieu Conteh est « sans fondement ».

Selon le groupe sud-africain, Alieu Conteh lui reprocherait d’être impliqué dans son éviction en avril 2014 de la gestion de Congolese Wireless Network (qui détient 49 % de Vodacom Congo contre 51 % pour le groupe Vodacom). Il réclame, selon la même source, la révision de la décision d’avril 2014 ainsi qu’une indemnité record de 14 milliards de dollars et la liquidation de Vodacom Congo.

Indisponibilité

Alieu Conteh a perdu ses prérogatives de gérant de Congolese Wireless Network suite à une ordonnance du Tribunal de Commerce de Kinshasa-Gombe, « constatant [son] indisponibilité » consécutive à une condamnation de la Cour suprême de justice fin 2013 et autorisant le co-gérant de CWN Feruzi Kalume Nyembwe à « accomplir seul les actes de gestion et d’administration, et à représenter [CWN] au sein de Vodacom Congo (RDC) Sprl », rappelle un avis au public diffusé à l’époque par la compagnie congolaise.

Cette décision est intervenue après un bras de fer de trois ans entre les deux dirigeants de la CWN.

Le contenu de la plainte déposée par le fondateur de CWN n’est pas disponible sur le site internet du Tribunal de commerce de Kinshasa-Gombe. Aucune information n’a pour l’instant été rendue publique sur le délai de la procédure et la date prévue pour la publication de la décision.

Communication

Outre la procédure engagée par Alieu Conteh, Vodacom a également signalé celle lancée par Nkosana Makate devant la Cour constitutionnelle sud-africaine. Cet ancien employé du groupe revendique la paternité du service de sms gratuits « Please Call Me » et réclame jusqu’à 10 milliards de rands d’indemnités (733,26 millions d’euros). Nkosana Makate a été débouté, précédemment, par la Haute cour et par la Cour suprême d’appel en Afrique du Sud.

Vodacom met également en avant ses efforts engagés pour l’enregistrement de tous ses abonnés en Tanzanie, en RDC et au Mozambique, comme pour se démarquer de son concurrent MTN. La multinationale sud-africaine a été critiquée pour le temps mis à communiquer sur l’amende record de 5,2 milliards de dollarsimposée par le régulateur des communications à sa filiale nigériane pour ne pas avoir « coupé les lignes des utilisateurs ayant des cartes SIM non enregistrées ».

Fin septembre 2015, Vodacom Congo comptait 12,1 millions d’abonnés en RDC, soit une hausse de 10,1 % sur un an et de 25,2 % par rapport à septembre 2013. Durant le semestre qui s’est achevé en septembre dernier, le groupe Vodacom a enregistré un chiffre d’affaires de 39,95 milliards de rands (+6,8) pour 65,1 millions d’abonnés.