Le président Jakaya Kikwete de la tranzanie passant, démocratiquement, le flambeau à John Pombe Magufuli (son successeur); le tout devant des dirigeants africains qui s’accrochent au pouvoir… voici l’image qui a fait le tour du web africain!

1) Lors du passage du pouvoir entre le président sortant (Jakaya Kikwete) et le président entrant (John Pombe Magufuli) avec une grande pompe au stade Dar es Salam ce jeudi 5 novembre, les deux se sont longuement embrassés. L’impression qui en ressort est la joie qui les habite tous deux. Quelle joie? La joie de servir l’État et ses institutions en toute fidélité à la Loi fondamentale. La joie du devoir accompli pour le président sortant et la joie pour le nouveau président qui en déclarant de se mettre directement au travail réitère sa ferme volonté de se mettre à la disposition du peuple électeur qui lui rend cette joie juste derrière les invités VIP…

2) Sans le savoir peut-être, le président Kikwete qui est arrivé au pouvoir bien après ses collèges de la Région du Grand lacs (21 décembre 2005) et qui en repart avant eux (5 novembre 2015), entre dans l’HISTOIRE par la grande porte. Son nom restera inscrit en lettre d’or comme ce fut le cas pour Julius Nyerere et pour Léopold Sédar Senghor… On le citera désormais comme un modèle politique du continent noir. On visitera sa tombe des siècles plus tard comme un bon ancêtre qui aurait travaillé pour la promotion de son peuple et pour la dignité de toute l’Afrique.

3) Le regard de tous les autres chefs d’État sur les deux présidents qui s’embrassent avec allégresse est lourd de suspections. Aucun président ne partage le sourire de ces deux dirigeants tanzaniens. Ils les regardent avec condescendance et avec un mépris à peine voilé comme jadis Joseph-Désiré Mobutu traitait Senghor d’un chef pusillanime quand il avait décidé de quitter le pouvoir pour favoriser une alternance démocratique…

4) Parmi tous les présidents présents à la tribune lors de la cérémonie d’investiture du nouveau président tanzanien, il y en a un qui ne daigne même pas regarder ces deux hommes politiques en liesse d’alternance démocratique. Son regard est ailleurs. Vers un ailleurs où il scrute plutôt des voies et moyens pour saborder la constitution, pour imposer la loi de la force en lieu et place de la force de la loi. Vivement cette Afrique plurielle!

Germain Nzinga Makitu