TP Mazambe: Moïse Katumbi, une coupe pour deux!

La finale de la Ligue des Champions africaine oppose cette année l’USM Alger au Tout Puissant Mazembe (RD Congo). Cette double confrontation cache un match dans le match, entre les deux présidents, Ali Haddad et Moïse Katumbi. Avant la manche aller, samedi soir à Alger, Mondafrique fait les présentations.

Comme l’an dernier, la finale de la Ligue des Champions africaine mettra aux prises un club algérien et un club de RD Congo. Mais le parallèle s’arrête là : si la double confrontation de 2014 entre l’Entente sportive de Sétif et l’AS Vita Club relevait du duel d’outsiders, celle qui va opposer l’Union Sportive de la Médina d’Alger au Tout Puissant Mazembe a tout d’un choc entre favoris. Toutes deux dirigés par de richissimes hommes d’affaires (Ali Haddad pour l’USM Alger et Moïse Katumbi pour le TP Mazembe), les formations en lice se sont structurés à l’européenne.

A commencer par le Tout Puissant Mazembe. Revenu au premier plan africain à la fin des années 2000, finaliste dans la foulée du Mondial des clubs, le club basé à Lubumbashi a du reste ouvertement, nous le verrons, servi de modèle à l’USMA. Exit le vieux stade municipal de la Kenya, le club est désormais propriétaire de son stade de Kamalondo, inauguré en 2012. Grâce à une politique d’observation (« scouting ») des jeunes talents, le TPM bénéficie d’un recrutement international de grande qualité. Des joueurs zambiens, tanzaniens, malawites, ghanéens et maliens se sont mêlés au fil des ans aux internationaux congolais qui composaient jusqu’alors l’immense majorité de l’effectif. Disposant désormais de son avion privé (un cas unique en Afrique), la formation de Lubumbashi n’a rien à envier à certaines grosses cylindrées européennes.

Moïse Katumbi, riche comme le Katanga

Cette réussite, organisationnelle et sportive, le Tout Puissant Mazembe la doit à un homme… tout puissant : Moïse Katumbi (50 ans). Né d’une mère congolaise et d’un père juif séfarade, ce métis de 50 ans a fait fortune dans la pêche avant d’étendre son activité à l’exploitation minière. Créée dans les années 1990, la MCK (Mining Company Katanga) a depuis prospéré, exploitant les riches ressources du sous-sol katangais. Entreprise phare de l’empire Katumbi, cette compagnie reste aujourd’hui l’un des principaux sponsors maillot du TP Mazembe, repris en 1997 par Moïse Katumbi.

Dix ans plus tard, en 2007, le businessman se mue en homme politique et se fait élire gouverneur du Katanga. Surfant sur les succès sportifs de son équipe de football, il personnalise le pouvoir et monnaye son soutien à Joseph Kabila. Jusqu’à une date récente : le 29 septembre dernier, Il démissionne du PPRD et du gouvernorat, dénonçant par une déclaration publique les dérives anticonstitutionnelles des dirigeants et le recul de l’Etat de droit et des libertés individuelles en RDC. Durant ces presque deux décennies, le TP Mazembe aura servi de vitrine au storytelling économique et politique de Moïse Katumbi, élu membre de la commission stratégique de la FIFA en 2012. De réelles réussites mêlées à des soupçons de détournements de fonds sur des comptes off-shore…

Ali Haddad, homme de haute influence

Une montée en gamme que vise également à court terme l’USM Alger, qui recevra néanmoins la manche aller dans son vieux stade de Bologhine. Racheté en 2010 par Ali Haddad, le club du quartier de Soustara a basculé dans une dimension nouvelle, en même temps que le Championnat algérien entamait une professionnalisation à marche forcée. BTP, transport, raffinage, hydraulique : le nouveau boss des Rouge et Noir, âgé de 50 ans comme… Moïse Katumbi, a fait fortune dans tous ces secteurs forts de l’économie algérienne. Très proche de la présidence, celui qui est aussi le patron des patrons algérien a soutenu les campagnes de Saïd Bouteflika, le très influent frère du chef de l’Etat.

Conscient comme Moïse Katumbi de l’importance du football sur le continent, Ali Haddad entend bien faire de son club le « multiplicateur » de ses ambitions économiques et politiques. Et comme le TP Mazembe, l’USM Alger a bénéficié de substantiels investissements, au point de mettre ses infrastructures à un niveau d’excellence inédit en Afrique. Jamais en position de gagner la Ligue des Champions africaine, l’USMA se voit offrir l’occasion d’inscrire son nom au palmarès. Pour ce faire, l’élève algérien devra battre son maître et inspirateur congolais.

Via Mondafrique.com

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