Le référendum pour le changement constitutionnel au pays de Denis Sassou N’Guesso, est désormais un acquis, depuis ce dimanche 25 octobre 2015, malgré la tension qui a enflée entre le pouvoir et l’opposition. Le premier est donc allé jusqu’au bout de ce projet controversé et le second qui n’a pu rien fait contre, veut tout de même jouer son va-tout pour empêcher la modification de la constitution.
Les premiers affrontements entre manifestants et la police ont fait au moins, officiellement quatre morts et six blessés. Une situation qui jette de l’huile sur un feu qui couve depuis plusieurs jours dans ce pays où tous les ingrédients sont désormais réunis pour une crise politique. Malgré ses longues années au pouvoir, le président N’Guesso n’a pas écouté le message ironique de ses opposants.

«Sassoufit» suffira-t-il comme injonction à épargner au Congo, le feu qui couve? Certes le mot fait sourire mais lève le voile sur les risques réels que peut courir le Congo.

Jusqu’où iront les deux camps qui se regardent comme des chiens de faïence? Il faut éviter une nouvelle escalade de la violence pour ce pays qui garde toujours en mémoire les affres de la guerre civile et qui mérite enfin de s’occuper de tâches urgentes de développement économique et social plutôt que d’en rajouter à la misère du peuple.

Visiblement, le projet de Sassou N’Guesso de s’éterniser au pouvoir semble tellement avancé qu’il n’est plus prêt à y renoncer. Dans ces conditions, on ne devrait pas s’étonner que pouvoir et opposition se rentrent dedans après le référendum. Après avoir apporté sa caution à Sassou pour ensuite relativiser sa position, que fera maintenant la France de François Hollande?

Sassou Nguesso, qui semble également avoir acquis à sa cause certains leaders d’opinion dont ceux de l’église catholique, aura-t-il désormais la latitude de conduire ses modifications jusqu’au bout, afin de garder le pouvoir à vie que lui conteste l’opposition? Les jours à venir pourraient être chauds  dans un Congo très nanti en ressources naturelles comme le pétrole mais dont la population, dans sa majorité reste très pauvre et rêve donc d’un avenir meilleur.

 Morin YAMONGBE