L’Afrique du Sud envisage quitter la CPI

« L’Afrique du Sud pourrait en dernier ressort (…) envisager de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI) », a déclaré jeudi 25 juin le ministre à la présidence, Jeffrey Radebe, à la suite de la polémique née de la visite à Johannesburg du président soudanais Omar Al-Bachir recherché par la CPI, notamment pour génocide.

« Cette décision ne sera prise que lorsque toutes les options disponibles au terme du traité de Rome [fondateur de la CPI] auront été épuisées », a-t-il déclaré dans un compte rendu du conseil des ministres.

M. Radebe a également annoncé « l’ouverture de négociations immédiates avec l’Union africaine et ses Etats membres pour voir comment les mécanismes africains de résolution des conflits peuvent être mis en œuvre sans délai pour assurer que les crimes les plus graves ne restent pas impunis ». Un rapport va être préparé par Pretoria et soumis dès la prochaine assemblée générale des Etats membres de la Cour pénale internationale, a-t-il dit.

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Polémique autour de l’escapade d’Omar Al-Bachir

Dès le 28 mai, la CPI avait demandé à l’Afrique du Sud de procéder à l’arrestation du président soudanais, Omar Al-Bachir, recherché pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide dans le conflit au Darfour (ouest du Soudan) qui a fait plus de 300 000 morts et 2 millions de déplacés.

M. Al-Bachir s’est rendu à la mi-juin en Afrique du Sud à l’occasion du sommet de l’Union africaine. L’Afrique du Sud étant l’un des membres fondateurs de la CPI, le gouvernement sud-africain était en théorie tenu d’empêcher la venue du président soudanais sur son territoire ou de l’arrêter s’il venait à s’y trouver.

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Mais le président soudanais a réussi à quitter sans encombre l’Afrique du Sud le 15 juin dernier. Muet pendant quarante-huit heures, le gouvernement sud-africain a rompu le silence à l’heure où le président Al-Bachir était déjà rentré à Khartoum.

Lundi, les députés sud-africains se sont écharpés sur l’attitude de Pretoria. Les dirigeants de l’ANC, le parti au pouvoir, ont tenté de se défausser en affirmant que formellement M. Al-Bachir n’était pas l’hôte de l’Afrique du Sud mais de l’Union africaine, non membre de la CPI et libre d’inviter qui elle veut. Pour l’opposition, le gouvernement s’est rendu « complice d’un crime ».

Le gouvernement sud-africain avait été sommé de s’expliquer d’ici à jeudi par le tribunal de Pretoria qui avait ordonné que le chef de l’Etat soudanais reste dans le pays.

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