« The Rocket »: quand Kadhafi voulait promouvoir le secteur de l’automobile africain en dessinant lui-même cette voiture

Dans notre petit tour du monde des constructeurs automobiles, il m’était difficile de ne pas vous parler des ambitions automobiles du « regretté » leader lybien, le Colonel Kadhafi. Après tout, j’avais bien présenté la marque nord-coréenne (lire aussi : Pyongwha), fruit de l’association du dernier régime stalinien du monde et de l’inénarrable secte Moon.

Le design de la Rocket est assez surprenant. Il est paraît-il l'oeuvre de Kadhafi lui même

Dans ses rêves de grandeurs et d’omnipotence, Mouamar Kadhafi s’était auto-décrété en septembre 2009 designer automobile, et à l’occasion des 40 ans de sa prise de pouvoir héroïque, avait présenté deux prototype de la voiture idéale (selon lui), dénommée « Rocket » (un nom que le Colonel a trouvé tout seul, comme un grand garçon).

La poupe comme la proue sont pointues hein ?

Avec cette voiture, on touche de près le mauvais goût, aussi bien esthétiquement (enfin je vous laisse juges), mais aussi dans le choix des matériaux : cuirs certes, carbone, mais aussi tapisseries lybienne et tableau de bord en marbre (contribuant à un poids conséquent). Le tout motorisé par un V6 mystérieux de 3 litres et 245 chevaux.

Vue de face, la Rocket porte bien son nom ! Bravo Mouamar !

Bien sûr, notre cher dictateur avait bien été aidé par la firme italienne Tesco TS (devenue peu de temps après Tesco Go Spa), un bureau d’étude turinois travaillant pour de nombreux constructeurs. Mais son patron, Domenico Morali, eut la politesse de laisser croire à une « très large » participation du chef de l’Etat Lybien. En revanche, les deux prototypes furent bien fabriqués par Tesco (pour un coût unitaire de 2 millions de dollars).

A l'intérieur, cuir, tapisseries lybiennes et marbre (!!).

Cela dit, vu le design torturé de « la voiture du future », il valait mieux décliner toute responsabilité. Pourtant, Tesco persiste et signe en annonçant en octobre 2009 envisager la mise en production de cette Rocket au nez pointu. L’objectif était d’en produire 500 exemplaires par jour (oui oui vous ne rêvez pas) à un tarif de 60 000 euros environ.

Deux proto furent présentés, un noir et un blanc.

Le montage industriel et financier est déjà prêt, avec la mise en production dans une usine appartenant fut un temps au Sud Coréen Daewoo, et un financement amené par la société d’investissement d’état Lybian Investment & Development Company.

Bien entendu, ces rêves de grandeurs ne furent que des effets de manche et d’annonce, car jamais une seule Rocket ne fut produite en série. Et d’une certaine manière tant mieux. Le projet tomba donc dans l’oubli. De toute façon, la révolution lybienne fit voler en éclat le régime de Kadhafi deux ans plus tard.

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