Jus d’Eté Mulopwe: « Ferré et Bill m’ont trahi! »

Après avoir quitté Wenge Musica, Maison Mère de Werrason, dont il était l’un des piliers, Jus d’Eté avait mis sur pied, avec Ferré Chair de Poule et Bill Clinton, l’ensemble musical Les Marquis de Maison Mère. Malheureusement, l’aventure a tourné court. Juste le temps d’un album fort réussi, (Miracles) qui continue d’ailleurs de cartonner. Resté seul – Bill Clinton et Ferré Chair de Poule lui ayant faussé compagnie -, on croyait que Jus d’Eté allait sombrer avec son navire dont il devient le seul maître à bord. Erreur. Le crooner vient de signer un album qui marche déjà très fort du côté des rives gauche et droite du fleuve Congo. Un opus sur lequel trône, notamment, la chanson éponyme «Eluka makambo».

• Peut-on savoir ce qui t’amène à Brazza ?

– Ben ! si je suis à Brazza, c’est, tout simplement, pour signer un contrat de production. En fait, je vais donner un concert ici, le mois prochain. Telle est la seule et unique raison de ma présence à Brazza.

• Jusque-là, beaucoup de gens continuent à se poser la question de savoir ce qui est à l’origine de ton départ de Wenge Musica Maison Mère, dont tu étais, pourtant, l’un des piliers, avec Ferré Chair de Poule et Bill Clinton…

– Ben ! au départ, chacun avait ses raisons. Mais, en ce qui me concerne, j’étais malade, hospitalisé, en France, où je suivais, notamment, des séances de kiné, après mon accident de circulation survenu à Kinshasa. Il s’est passé qu’après la tournée européenne de Wenge Musica Maison Mère, d’autres amis ont décidé de ne pas repartir au pays, pour des raisons qui leur sont propres. Et quand on s’est retrouvés, avec Ferré Chair de Poule, Bill Clinton, Serge Mabiala, Japonais, etc., on a fini par se dire, puisqu’on est quand même de grands artistes, pourquoi ne pas essayer de faire un truc. C’est comme ça qu’est né le groupe Les Marquis de Maison Mère. Puis, on a publié notre coup d’essai, Miracles, que tout le monde a apprécié et continue d’apprécier. Mais, après, il y a eu ce qu’il y a eu, voilà. je me retrouve, aujourd’hui, seul, roi, marquis, tel que vous me voyez, maintenant. Et je continue mon petit bonhomme de chemin.

• Justement, après la création Des Marquis de Maison Mère, vous sortez un coup de maître. Malheureusement, quelques jours seulement après la sortie de votre album, vous vous êtes séparés. Qu’est-ce qui s’est passé, réellement?

– Oh ! à vrai dire, il y a eu des malentendus, des divergences entre Ferré et Bill, je ne sais pas pourquoi, puisque j’étais resté à Paris. En fait, comme on n’avait pas eu de proposition d’un producteur quelconque pour jouer à Kin, j’avais décidé de rester avec les autres membres du groupe, à Paris. Et quand Ferré et Bill sont arrivés au pays, ils ont eu des contradictions. Je pense que le principal point de friction entre les deux artistes serait le contrat que Bill avait signé avec une société brassicole, à Kinshasa. Ferré Chair de Poule aurait, me semble-t-il, mal pris cela. En tout cas, pour le moment, je ne peux pas en dire plus, puisque je n’étais pas là.

• Considères-tu avoir été trahi par tes anciens compagnons: Bill Clinton, qui a mis sur pied son groupe, Les Samouraï, et Ferré, qui évolue présentement au sein du Quartier latin de Koffi Olomidé ?

– Oui. je pense que j’ai été trahi par mes anciens compagnons, Ferré et Bill Clinton. Car, il n’était pas prévu qu’on se sépare en si bon chemin, au bout d’un album. Surtout qu’on avait déjà un contrat en bonne et due forme avec Monsieur Simon, notre producteur. Franchement, j’aurais préféré qu’on fasse, au moins, trois albums. C’était ça mon souhait, mais comme on n’a pas respecté ce contrat, ça m’avait touché, c’est vrai. Mais bon, ce qui est arrivé est arrivé, je n’y peux rien, je continue mon petit bonhomme de chemin.

• Un mot sur ton album que tu viens de sortir et qui marche déjà très fort, notamment sur les deux rives du fleuve Congo ?

– Je suis très content du travail abattu dans cet album qui se comporte très bien sur le marché. Je suis d’autant plus content que beaucoup de gens m’avaient déjà enterré, avec les départs de Ferré et Bill. Mais, à travers cet album, je viens de prouver de quoi je suis capable.
Cela dit, mon album comporte quatre titres : Eluka makambo, Première leçon, Esclave d’amour, Masolo Masolo. C’est un opus fait dans le style rumba love, un style que j’affectionne. C’est un produit signé Jean Boyinga, un nouveau venu dans le monde de la production phonographique, à travers la maison B.J.B.

• Petite question de curiosité : de qui obtiens-tu le nom Jus d’Eté, qui, j’imagine, n’est pas ton vrai nom ?
. C’est une inspiration qui m’est venue comme ça. En fait, tout gamin, je savais qu’un jour, je devais embrasser la carrière de chanteur. Mon vrai nom, c’est Jacky, et je ne le trouvais pas bon pour la scène. Et comme il me fallait trouver un nom d’artiste, j’ai choisi de m’appeler Jus d’Eté. Depuis là, c’est resté, voilà.

• Quels sont, aujourd’hui, tes rapports avec Werrason et tes autres ex-compagnons, que ce soit de Wenge Maison Mère ou Des Marquis de Maison Mère ?

– Le moins que je puisse dire est que je garde de bons rapports avec tous mes anciens compagnons. C’est vrai qu’il y a eu séparation, mais c’est un phénomène qu’on retrouve partout. On s’est séparés, c’est vrai, mais je suis quelqu’un qui sait garder ses relations. Et, contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, j’en ai de très bonnes avec Werrason, Ferré, Bill Clinton, Céléo, Lacoste, etc. En tout cas, je vois tout le monde quand je peux, je parle avec tout le monde.

Véran Carrhol Yanga | Top Visage

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