La RDC placée sur orbite grâce à Intelsat

Il y a 46 ans, jour pour jour, l’homme marchait sur la lune à travers la mission américaine Apollo 11 avec Neil Amstrong et ses compagnons, au plus fort de la guerre froide. Pour célébrer cet événement qui a changé la face du monde, une rencontre d’échanges a été organisée hier, jeudi 29 juin 2015 au Centre culturel américain de Kinshasa.

Cette réunion a permis aussi de faire le point sur l’état des lieux des télécommunications en République Démocratique du Congo. Premier à prendre la parole, l’ingénieur Jean-Paul Nsiala, ancien DGA de la Société congolaise des postes et télécommunications (Onptz) et ancien gouverneur au Conseil des gouverneurs d’Intelsat, a d’entrée de jeu, reconnu que c’est la conquête spatiale qui a véritablement boosté l’essor des télécommunications en RDC et dans le monde, dans divers domaines.

Ainsi, a-t-il renseigné, onze ans seulement après son indépendance, le Zaïre était parmi premiers pays d’Afrique noire à se doter d’un outil des télécommunications par satellite. Deux ans plus tard, le Zaïre de Mobutu allait adhérer et ratifier l’accord intergouvernemental et l’accord d’exploitation d’Intelsat le 12 février 1973. ‘Ce qui, à cette époque, constituait déjà une avancée mémorable pour le prestige du pays sur le plan politique, économique et social. Les télécommunications étaient considérées comme la première vitrine du ‘pays. Comme pour justifier l’essor de cette période de l’histoire du Zaïre, il a entre autres cité la retransmission en direct, à partir de New York, du discours du président Mobutu aux Nations Unies le 04 octobre 1973, ainsi que l’organisation du Championnat du monde de boxe entre Mohamed Ali et George Foreman le 30 octobre 1973 retransmis en direct à partir de Kinshasa. Ces deux événements ont sans nul doute montré, à son avis, à la face du monde que les ingénieurs congolais avaient le niveau requis. Malheureusement, un incident technique mineur avait failli gâcher cette messe du noble art. Car, les ingénieurs avaient perdu le signal du satellite. Heureusement, grâce à leur savoir-faire, les techniciens congolais avaient vite maitrisé la situation, réussissant manuellement à réorienter l’antenne vers le satellite.

Parlant du réseau des télécommunications opérationnel depuis 1983, il s’est interrogé sur sa viabilité plus de trente ans après. « J’ai toujours pensé que le développement des télécommunications dans un pays comme le nôtre, devrait reposer sur une action constante et planifiée, soutenue par une volonté politique des gouvernants. Car, il s’agit là des enjeux politique, économique et social, dans la mesure où il a été démontré que les télécommunications sont un facteur de développement », a-t-il souligné.

Il a également déploré les incohérences et le manque de vision dans le fonctionnement du Réseau national des télécommunications par satellite qui constituait l’épine dorsale des télécommunications. Conséquence de cette navigation à vue des télécoms en RDC, le pays qui était très avancé dans ce domaine, se trouve aujourd’hui à la traîne. Parmi les incohérences qui caractérisent cette gestion dangereuse des télécommunications, l’Ingénieur Insiala ne s’explique pas comment au 21e siècle un ingénieur conseil peut-il se transformer en opérateur, alors qu’il est censé ne fournir que des conseils et une assistance technique Comment peut- on admettre l’existence de plusieurs entités exerçant dans le secteur des télécoms appartenant à l’Etat?

A une question de la presse de savoir ce qui a manqué pour mettre en place des infrastructures de base des télécommunications dignes d’un pays qui était déjà très avancé dans ce domaine, l’ingénieur Nsiala a identifié deux raisons majeures, notamment le manqué de volonté politique déclarée des autorités de développer ce secteur stratégique, mais aussi le manque de moyens. Pour preuve, dans les prêts d’Etat à Etat de l’époque, contrairement à la Gécamines, l’Office des Routes et autres entreprises qui bénéficiaient de ces prêts, les télécoms n’avaient jamais constitué une priorité pour le gouvernement et cela se constate jusqu’ aujourd’hui.

S’agissant du prochain satellite congolais, Insiala pose quelques préalables avant son acquisition : déterminer le type de satellite, sa capacité, sa configuration, sa rentabilité économique, avant de se demander quelles retombées sociales pour le pays, enfin, avec quelles ressources humaines.

Par VAN

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