GOMA. Les dessous de « l’interdiction » d’Ethiopian Airlines

Les autorités de RDC auraient demandé à la compagnie aérienne Ethiopian Airlines de « reporter » sa liaison entre Addis Abeba et Goma, arguant de travaux à l’aéroport qui empêcherait son avion d’y opérer.

La compagnie nationale éthiopienne avait bien opéré le 10 juillet 2015 le vol inaugural entre sa base à Addis Abebaet l’aéroport de Goma en République Démocratique du Congo, à bord d’un Bombardier Dash-8 Q400 pouvant accueillir 7 passagers en classe Affaires et 64 en Economie. Mais depuis, plus rien. Mediacongo.net, citant une radio onusienne, explique que la Régie des Voies Aériennes (RVA) a justifié sa décision de reporter la ligne, qui devait être opérée trois fois par semaine, par la poursuite des travaux en cours à l’aéroport : « la réalisation de certaines tâches ne permettrait pas à l’appareil de cette compagnie aérienne d’effectuer les vols ». La taille du Q400 rend cet argument douteux, l’aéroport ayant par exemple accueilli hier des Airbus A320 et Fokker 50 opérés par la Compagnie Africaine d’Aviation(flyCAA)

Des manœuvres dans l’ombre ont bien sur été évoquées, même si la liaison d’Ethiopian Airlines est sans concurrence ; l’aéroport de Goma n’est utilisé que par flyCAA pour des liaisons intérieures. La radio onusienne mentionne des passagers transférés vers le Rwanda voisin depuis lundi, l’aéroport de Kigali à une centaine de kilomètres de Goma et disposant d’une liaison depuis Addis Abeba opérée par Ethiopian Airlines. Outre la ville du Nord-Kivu, la compagnie de Star Alliance dessert déjà Kinshasa et Lubumbashi depuis sa base. Elle n’a fait aucun commentaire officiel sur la décision de la RVA.

Rappelons qu’à Goma, la piste de 3000 mètres avait été raccourcie d’un tiers en 2002 suite à l’éruption du volcan Nyiragongo ; l’aéroport été le théâtre de plusieurs accidents, dont celui de Hewa Bora en 2008 (40 morts dont 37 au sol) ou celui de flyCAA en 2013 (6 morts).

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