Matonge reste un quartier où il est difficile d’habiter. C’est en tout cas l’avis de la conseillère Assita Kanko, qui habite à Saint-Boniface. « Lors de l’inauguration de l’antenne rue Longue Vie en 2012, l’idée était que cette présence policière ferait régner l’ordre. »

Mais l’élue MR estime que ce but n’est pas atteint et elle a interpellé le collège échevinal. «  Le deal de drogue débute dès avant 21h sous nos yeux. Un habitant m’a dit récemment qu’on en avait proposé à son fils de 13 ans ! Et il y a des personnes qui urinent dans la rue, contre les façades ou sur les portes. J’ai dû me boucher le nez récemment pour accéder à mon lieu d’habitation. Une évaluation de cette antenne de police a-t-elle eu lieu ? Les agents communaux chargés de sanctionner les incivilités ne vont pas dans le quartier car ils ont peur d’être agressés.  »

Sur la question de la propreté, l’échevine Viviane Teitelbaum (MR) rappelle les efforts déployés dans le quartier. «  Dans le quartier compris entre chaussée d’Ixelles, chaussée de Wavre et rue de la Paix, six agents temps-plein balaient 7 jours sur 7, on vide les corbeilles et on enlève les encombrants quand la Région ne le fait pas. Une fois par semaine au moins, les équipes graffiti vont nettoyer l’urine car les gens prennent l’espace public pour des toilettes. Avec la Région, on a installé des conteneurs, ce qui permet aux piétons de ne plus devoir enjamber des sacs poubelle traînant sur les trottoirs. Mais, suite à des violences, je ne peux pas envoyer d’agents constatateurs non accompagnés de la police  », assure l’échevine ixelloise en charge de la propreté.

Le bourgmestre Willy Decourty (PS) convient que le problème est réel mais rappelle que l’antenne de police de la rue Longue-Vie n’est pas un commissariat même si «  les agents qui sont là font des contrôles et des arrestations comme les autres. » Et il relativise toutefois. «  Il y a des périodes où on observe un peu plus d’incivilités puis cela se calme. Mais il y aura toujours des problèmes dans ce quartier tant qu’on n’aura pas éradiqué les bandes urbaines. » Il ajoute enfin que des opérations « tolérance zéro », à l’encontre des dealers et acheteurs de drogue notamment, telle que celle testée déjà en 2014 avec poursuites du parquet, seront à nouveau organisées.