Kinshasa (AFP) – La Fédération des industriels du bois (FIB) congolaise a accusé mardi des ONG internationales comme Greenpeace de vouloir mettre la forêt de la République démocratique du Congo “sous cloche” et de dénier à ce pays le droit d’exploiter cette ressource pour son développement.

Greenpeace et l’ONG Global Witness veulent “mettre fin à l’exploitation forestière industrielle en République démocratique du Congo, mettre sous cloche les forêts congolaises”, a déclaré le président de la FIB, Gabriel Mola lors d’une conférence de presse organisée à Kinshasa.

En mai, Greenpeace a appelé au boycottage du bois produit en RDC par l’entreprise à capitaux libanais Cotrefor, l’un des principaux groupes forestiers présents dans le pays, accusant celle-ci de maltraiter des employés, de ne pas payer tous ses impôts ou encore de dépasser ses quotas de coupe pour certaines espèces menacées.

Global Witness a publié le 6 juin un rapport dénonçant “des illégalités généralisées en matière de gestion et d’opérations” dans le secteur industriels forestier congolais (bois destiné à l’exportation outre-mer).

Pour M. Mola, les derniers rapports des deux ONG ne font que reprendre “de vieilles accusations et dénonciations n’ayant aucun lien avec la réalité” et cherchent “à ternir l’image de tout un secteur et d’un gouvernement qui s’emploient à mettre en place et à assurer une gestion durable du patrimoine forestier national”.

M. Mola reproche par ailleurs à Greenpeace et à Global Witness de ne pas enquêter sur les ravages du secteur dit “artisanal”.

En 2014, un rapport du cercle de réflexion britannique Chatham House estimait que près de 90% de l’exploitation forestière de RDC était illégale, tout en notant que la majorité de la production du pays était “artisanale”.

Grande comme cinq fois la France, la RDC est l’un des pays les moins développés au monde et abrite plus de 60% des forêts denses du Bassin duCongo, deuxième massif forestier tropical de la planète après celui de l’Amazonie.

Selon M. Mola, la superficie forestière concédée à l’exploitation industrielle représente moins de 10% de la surface forestière du pays (environ 160 millions d’hectares selon la Banque mondiale) et les entreprises de la FIB produisent quelque 300.000 mètres cubes de bois par an pour un chiffre d’affaires annuel global de 259 millions de dollars.

Avec une surface forestière dix fois plus petite que celle de la RDC, la Francea produit officiellement en 2013 près de 36 millions de mètres cubes de bois.