Plus de 7,3 millions d’enfants congolais ne fréquentent pas l’école

L’Unesco a procédé hier jeudi 7 mai 2015 à l’Hôtel Venus, à la présentation du rapport mondial de suivi sur l’Education pour tous (EPT) allant de l’année 2000 à 2015. Ledit rapport présente les progrès accomplis à l’échelle mondiale, dans la réalisation de six objectifs pour l’accès à l’éducation fixés en 2000 par les gouvernements de 164 pays, ainsi que d’autres partenaires. Ces objectifs devaient être atteints à l’horizon 2015.

Selon le représentant de l’Unesco en ROC, d’immenses progrès ont été accomplis partout dans le monde depuis 2000. Malgré cela, le monde n’a pas atteint le but assigné lors du forum mondial sur l’éducation à Dakar. A l’en croire, il reste encore 58 millions d’enfants non scolarisés et près de 100 millions d’enfants n’achèvent pas le cycle du primaire. Dans le monde, les enfants les plus pauvres ont quatre fois moins de chances de fréquenter l’école par rapport aux enfants les plus riches et la probabilité de ceux qui n’achèvent pas l’éducation primaire est cinq fois supérieure. Il a déploré le fait que l’éducation demeure jusqu’à présent sous- financée dans plusieurs pays.

« Nombre de gouvernements ont accru leurs dépenses, mais ils ont rarement donné la priorité à l’éducation dans les budgets nationaux. Et la plupart d’entre eux n’allouent pas à ce secteur les 20% recommandés comme pour combler les déficits du financement, Il en va de même pour les donateurs qui, après avoir augmenté initialement les budgets d’aide, ont réduit l’aide à l’éducation depuis 2010 et n’ont pas assez priorisé les pays qui en ont lé plus besoin. », a-t-il déploré.

S’agissant de l’Afrique subsaharienne, le représentant de l’Unesco a indiqué que I’EPT reste un chantier inachevé concernant les 6 objectifs, à savoir, l’éducation et la protection de la petite enfance, l’enseignement primaire universel, l’acquisition de compétences nécessaires chez les jeunes et les adultes, l’amélioration à 50% du niveau d’alphabétisation des adultes notamment les femmes, l’élimination des disparités entre les sexes dans l’enseignement primaire et secondaire et celle de la qualité de l’éducation.

Situation alarmante en RDC

Prenant à son tour la parole, le coordonateur de la coalition nationale « Education pour tous » en RDC (CONAPET/RDC), a révélé que 7, 3 millions d’enfants dont l’âge varie entre 7 à 17 ans, ne fréquentent pas l’école. Et la moitié, ce sont des enfants de la tranche d’âge de la scolarisation gratuite et obligatoire, c’est-à-dire entre 6 et il ans. Avec ce tableau sombre, s’est-il interrogé, comment consolider l’amélioration et le maintien à une l’éducation de qualité pour tous dans un contexte où l’école exerce encore une violence psychologique en chassant massivement les élèves de l’école, en augmentant les frais de scolarité ?

Comment expliquer la réduction des ambitions de l’Etat en terme de financement public de l’éducation, condition fixée en 2005 à 25% du budget national jusqu’à 2015 et qui passe à 18% du budget alors que le besoin et la demande croissent au jour le jour ? C’est ainsi qu’il a exhorté le gouvernement à assumer la responsabilité des promesses non tenues de la période allant de 2000 à 2015 en ce qui concerne notamment la généralisation de la gratuite de l’enseignement primaire qui est un droit et de mettre en place de nouvelles initiatives en vue de taire de l’éducation pour tous une réalité entre 2015 et 2030.

Mesures envisagées par l’Unesco pour la période post-2015

Afin de relever les défis par rapport aux problèmes soulevés ci-haut, il est prévu l’ouverture des classes pré-primaires pour accueillir les enfants de 5 ans n’ayant pas bénéficié de l’enseignement pré-primaire, l’application effective de la loi cadre de l’enseignement primaire en le rendant gratuit et obligatoire, l’élaboration et la mise en œuvre de politiques efficaces d’éducation inclusive et la scolarisation des filles, la réhabilitation, la construction et l’équipement des écoles, la transformation des établissements d’enseignement général et normal en établissements d’enseignement technique et de formation professionnelle, l’amélioration des conditions de travail et le relèvement du niveau de qualification des enseignants par le renforcement de la formation initiale et continue, l’augmentation du budget accordé à l’éducation.

Par Perside DIAWAKU

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