Le sommet de l’Union africaine qui s’est clos ce 31 janvier à Addis-Abeba (Ethiopie) a vu la nomination à sa tête du président zimbabwéen, Robert Mugabe.

En guise d’objectif pour son mandat d’un an, celui-ci a immédiatement insisté sur la nécessité pour le continent de sortir de sa dépendance financière vis-à-vis de l’étranger – c’est-à-dire de l’Occident.

S’il est évident que l’Afrique doit “rompre le cordon ombilical qui la rend dépendante, dans bien des domaines, de l’Occident”, admet le journal burkinabé Le Pays, il faut néanmoins “espérer que cela ne serve pas de prétexte pour verser dans une sorte d’isolationnisme du continent” et “renforcer les assises des tripatouilleurs de Constitutions et autres dictateurs qui essaiment le continent”. A commencer par Mugabe lui-même qui, au pouvoir depuis trente-cinq ans comme Premier ministre puis comme président, “n’est pas de ceux qui font de l’alternance une vertu cardinale”.

Or ce 24e sommet de l’UA a également porté sur le projet d’une cour africaine de justice, censée concurrencer la Cour pénale internationale (CPI). Certes, on peut critiquer la CPI à de nombreux égards et on lui reproche de poursuivre plus volontiers des Africains que des Occidentaux, reconnaît le journal.

Mais elle “reste d’un secours inestimable pour les populations africaines opprimées, martyrisées”. En outre, “si les juridictions internes des Etats africains fonctionnaient correctement, la CPI aurait probablement moins de matière. Les chefs d’Etat africains veulent en réalité une cour de justice à l’image de leurs juridictions internes : sans moyens et sans indépendance réelle.”

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Bref, conclut Le Pays, “pour les populations africaines, c’est foutu”. Entre un dictateur pour représentant et une Cour de justice qui s’annonce très partiale, “la démocratie est en deuil”.