Cela fait 33 ans jour pour jour que Etienne Tshisekedi et ses 12 compagnons de lutte ont crée l’UDPS, le seul parti congolais à avoir forcer sa naissance et celle des autres ( Plus de 400 dit-on ) qui n’ont vu jour qu’après l’ouverture de l’espace politique congolais à tous en 1990.

Mais l’UDPS à qui revient exclusivement les honneurs, la Palme de la lutte et la reconnaissance qui devrait, au finish le porter au pouvoir, quelqu’en soit le moyen, est devenu aujourd’hui le seul parti, malgré sa popularité et son implatation partout au Congo, à exclure quand il s’agit de la prise de pouvoir…par la volonté de certains affairistes, maffieux et milieux politiques étrangers qui pillent le Congo en toute tranquilité avec bien entendu, la complicité des congolais.

Mais à côté de ça, il faut aussi souligner la plus grande responsabilité de l’UDPS lui-même, mieux les erreurs de Etienne Tshisekedi en personne, tenez :

La 1ère grande erreur de Etienne Tshisekedi

Il n’a pas été le 1er président certes, mais c’est lui qui, non seulement il a été le plus populaire, mais aussi celui qui a fait longtemps à la tête du Parti pour le révolutionner…il a préféré garder le statu quo suicidaire.

Dans un pays où beaucoup d’enfants ( la majorité ) ne font pas l’école, où ceux qui le font ne terminent pas, où beaucoup de diplomés n’en méritent pas, où certains professeurs ne le sont que de nom et aussi abandonnés à eux-mêmes, où les intellectuels sont démissionnaires, où les pasteurs et prêtres servent à la fois Dieu et Mammon, où les seuls biens les plus partagés restent la haine, la jalousie, la diffamation, la pauvreté, le tribalisme et la sorcellerie, où les seules personnes à être prises en considération sont les musiciens, les pasteurs charlatants, les criminels au pouvoir et ceux qui sont ” riches “, peu importe la provenance de leurs richesses, où les simples notions de la démocratie sont encore un luxe pour la majorité des congolais, où beaucoup ont des problèmes avec la réussite des autres …, donner toute la parole à la masse, abandonner la res publica entre les mains de la masse, comme le fait si bien l’UDPS, c’est jeter les perles aux pourceaux, c’est cracher contre le vent, c’est abandonner les kalashnikovs entre les mains des petits enfants.

Pour dire court et vrai, les fondateurs de l’UDPS ont fait une grande erreur d’appréciation en faisant de leur parti un parti de masse.

Quand la masse n’est pas encore prête pour la chose publique, pour faire le distingo entre liberté et libertinage, entre liberté d’expression et discipline ( secret ” d’état ” ) du parti, on ne donne pas tout, on lui donne pas ce qui la dépasse et je suis convaincu que si l’UDPS était un parti de cadres comme le sont le PPRD, le MLC, l’UNC les choses ne se passeraient pas comme elles se passent actuellement où n’importe qui pense qu’il a droit de dire tout ce qu’il veut contre la hiérarchie comme si la liberté d’expression n’avait jamais de limites et je suis aussi plus que convaincu qu’il y a longtemps qu’il serait au pouvoir.

Où a-t-on déjà vu des membres du parti qui tiennent à accéder au pouvoir, passer tout leur temps à vilipender publiquement leur leader et tout cela, à travers les médias du pouvoir ?

Même les français et l’UMP Sarkozy qui sont passés maîtres à laver leurs linges sales en public ont beaucoup de réserve quand ils sentent que leurs paroles seront récupérées par les adversaires et vont nuire à leurs leaders et à leur parti.

Et quand il s’agit de la vie privée et de la famille biologique de leurs leaders, on dirait que tous se sont passés un mot. C’est la langue de bois, c’est motus et bouche cousue, tandis qu’à l’UDPS, c’est le moment rêvé pour se faire voir qu’on peut aussi passer à la TV et qu’on sait manier la langue de Molière et après c’est le ” Bomonaki ndenge napanzaki bango ! ”

Oui, l”erreur de Etienne Tshisekedi, c’est de n’avoir pas transformé l’UDPS en Parti de cadres et de l’avoir abandonné entre les mains aussi inexpertes, iconoclastes que béotiennes.

La 2è grande erreur de Etienne Tshisekedi.

S’il y a eu un président qui s’est bien joué avec ses concitoyens, surtout de l’opposition , c’est bien Mobutu. Il n’a peut-être pas autant empoisonné, violé, violenté, pillé et tué comme le fait sauvagement le petit gamin venu des pays de mille collines, mais il savait au moins bien manier à la fois bâton et carrottes. Celles qu’il a servies à ses hôtes ( fondateurs de l’UDPS ) en 1987 à Gbadolite les ont aveuglé et envoûté jusqu’à les reconduire vers le MPR-Parti-Etat. Tous ? – Non, sauf un seul, Etienne Tshisekedi. Lui a préféré s’occuper de ses affaires que retourner au MPR de malheur.

Abandonné par tous les fondateurs et cofondateurs, il se décide en date du 17 janvier 1988, de tenir un meeting à la place Pont Gaby ( Kasavubu ) dans lequel il dénoncera ces accords de Gbadolité. Il sera arrêté, tabassé, et assigné en résidence surveillée jusqu’à la ” Comprenez mon émotion ” en date du 24 avril 1990.

Au lieu de continuer la lutte tout seul, il autorise, contre la volonté des membres non fondateurs qui étaient restés à ses côtés, le retour des enfants prodigues ( fondateurs et cofondateurs ) et la suite nous démontrera qu’il avait commis une très grande erreur dans la mesure où, tous ont fini par encore lui tourner le dos pour re-regagner le MPR.

Quand j’entend aujourd’hui des gens dire que Tshisekedi n’a pas était le seul à souffrir, j’ai envie de leur dire qu’ils ont la mauvaise foi, qu’ils sont malhonnêtes et que, si même ils n’aiment pas Tshisekedi, ils doivent reconnaître que c’est grâce à lui que tous ses collègues avaient rehaussé leur côte de popularité et se sont faits la virginité politique, celle dont s’est servi presque tous ceux qui vivent à l’étranger aujourd’hui et qui s’en prennent à cet homme qui ne leur a fait que du bien gratuitement.

Pire, j’entend les mêmes fondateurs ou cofondateurs qui ont plus d’une fois abandonné l’UDPS pour flirter avec le pouvoir, s’en prendre à Tshisekedi et crier à la tenue d’un congrès extraordinaire pour ” sauver ” le parti, heureusement que M’Bilia Bel est là pour nous rappeler ceci:

” Tango Tshisekedi azalaki kolela ( souffrir ) ye moko, Sentiment ( ya ko sauver UDPS ) botiaki wapieee…”

Non, il ne faut pas que ces gens se jouent des gens de cette manière impunément !

Vous les nombreux congolais qui n’êtes pas comptés parmi la fausse base de l’UDPS et qui avez voté pour cet homme, vous devez vous mettre debout comme un seul homme pour barrer la route à tous ces iconoclastes et impies réunis dans une confrérie des caïnites.

La 3è grande erreur de Etienne Tshisekedi

En ouvrant l’espace politique à tous, Mobutu qui connaissait bien ses sujets, avait voulu le ( espace politique ) limiter à 3 partis politiques, mais l’UDPS avait exigé et obtenu le multipartisme intégral qui finira par envahir le Congo avec plus de 400 partis aussi ” alimentaires ” que ” mallettiques “. Un véritable panier de crabes qui n’a fait que bloquer le train à la gare.

Si Etienne Tshisekedi en qui les congolais ont plus confiance pour avoir refusé de regagner le MPR comme ses anciens-nouveaux camarades, n’avait pas fait l’erreur de croire que tous les congolais étaient aussi mûrs politiquement que lui et s’il avait saisi le ” Comprenez mon émotion ” de Mobutu, il n’allait pas commettre cette autre erreur d’exiger le multipartisme intégral qui nous empoisonne tous la vie aujourd’hui. Plus de 6 millions de morts et ç’a pas l’air de s’arrêter.

La 4è grande erreur de Etienne Tshisekedi

Suis tenté de dire que la 4è erreur est la plus grande, la mère de toutes, sinon celle qui détermine tous ses actes et pourquoi ne pas parler en terme de caractère, mais lequel ?

Si on me dit qu’il est naïf, moi je dirai non, plutôt un homme gracieux qui préfère comprendre les autres, qui a toujours le soucis de voir les autres changer et qui croit profondément en Dieu, celui qui a crée l’homme en le dotant d’une âme, d’un esprit et d’une conscience toujours en activité même la nuit.

Et lui croit toujours que le temps finit par régler les choses et que la nuit porte conseil  à tous. Que nenni ! il y en a qui profitent du temps pour le lui régler les comptes et de la nuit, non pas pour se remettre en question, mais plutôt pour faire mal. Lui-même en est la parfaite victime de tous ces politiciens congolais à qui il a fait hausser et rehausser la côte de popularité. Tous lui ont sans pitié aucune, poignardé dans le dos.

La 5è grande erreur de Etienne Tshisekedi

La 5è erreur n’en est pas tellement une, mais plutôt un Pêché. Un gros pêché contre les normes, sinon contre les habitudes ( souvent mauvaises ) tacitement admises dans notre société congolaise qui semble revendiquer l’égalité dans le mal : ” Soyons tous pauvres, inintelligents, corrompus, idiots, indisciplinés, collabos, inconscients…”

Et ce pêché c’est d’être en avance, sinon de ne pas voir les choses de la même manière que ses contemporains, mieux, les autres politiciens.

Un vrai problème de société où tout celui qui excelle suscite la jalousie :

Un enfant propre et chic fait les jaloux de ses camarades,

A un étudiant qui s’exprime mieux dans la langue de Molière, on dit :

” Ye pe atika kotungisa biso na ba français na ye. – Awa eza Poto te. – Ye akanisi nini, tchiiiiiip !

Ou c’est le :

Qu’est-ce qu’il croit lui, qu’il est plus intelligent que nous tous ici ?

Qu’elle se croit celle-là, elle n’est même pas belle, tchiiiip !

Oui, c’est vieux comme monde. Abel, Jésus, Galilée, Lumumba et tant d’autres en ont payé le prix, ça c’était hier !

Qu’on jalouse Tshisekedi parce qu’il est populaire, qu’on dise qu’il ne veut pas de pouvoir et qu’il va mourir dans l’opposition quand il ne veut pas trahir le peuple, qu’on le taxe de fou quand il ne cède pas au mal, qu’on le traite d’arrogant quand il tient à la dignité de la personne humaine…que tout ça se passe actuellement où toutes les sciences sont à notre portée, où on retrouve les églises  dans tous les quartiers et sur toutes les avenues, il y a lieu de dire que les congolais vivent encore au Moyen âge et que leur développement, demain c’est pas la veille !

En attendant de nous revoir prochainement, souffrez que je souhaite Bon Anniversaire, non à l’UDPS, mais à celui qui s’est privé de tout pour que ce Parti soit implanté partout, qu’il ait une rénommée internationale et vive à jamais.

N’y a pas plus grand patriotisme qu’honorer ses héros ( morts ou vivants )

[Kâmona Kûnvua Kâmba, Tshiondo wa Mbîsha Balâla, RICHARD BABADI]