Raphaël Katebe: « Il n’y a pas de volonté du côté du pouvoir d’aller aux vraies négociations »

Cadre du Rassemblement et frère de Moïse Katumbi, Raphäel Katebe Katoto a dénoncé, dans une interview à La Libre, l’attatitude du camp présidentiel dans les disucssions en cours sous l’égide de la CENCO à Kinshasa.

Dans une interview le vendredi 16 décembre sur le média belge La Libre, Raphäel Katebe Katoto par de l’absence de volonté de la part du camp du président, à l’origine, selon lui du blocage en cours.

« Il n’y a pas de volonté du côté du pouvoir d’aller aux vraies négociations », a-t-il affirmé lors d’une rencontre avec la presse dans un grand hôtel bruxellois.

Des négociations de la dernière chance rassemblant la Majorité présidentielle (MP, qui soutient l’action de M. Kabila) et une partie de l’opposition se sont ouvertes le 8 décembre sous l’égide de la conférence des évêques catholiques du Congo (Cenco). Elles étaient censées s’achever ce vendredi, avec comme objectif de trouver un compromis sur la mise en place d’une période de transition politique devant mener à la tenue des élections présidentielle et législatives qui devaient au départ se tenir en novembre.

Le second mandat de M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, prend fin le lundi 19 décembre à minuit, selon la Constitution.

La MP et une frange minoritaire de l’opposition ont signé le 18 octobre un accord renvoyant la présidentielle au plus tôt à avril 2018 et prévoyant jusque-là un partage de l’exécutif entre M. Kabila et un Premier ministre issu de l’opposition, Samy Bandibanga.

 Mais « nommer un Premier ministre avant les négociations soient terminées, c’est déjà un mauvais signal », a affirmé M. Kabete.

Cet opposant est le frère de l’ancien gouverneur de la province du Katanga (sud-est), Moïse Katumbi Chapwe. Il est également l’un des huit membres du « comité des sages » du Rassemblement des Forces Acquises au Changement, dirigée par l’opposant historique Etienne Tshisekedi wa Mulumba.

Faute d’avancée sur les points de contentieux les plus difficiles comme l’avenir du président Kabila et la date des prochaines élections, la Cenco a annoncé vendredi soir une reprise des débats samedi matin à 09h00.

Le temps est compté car les évêques doivent partir samedi soir pour une visite au pape François prévue de longue date.

Le but du dialogue est de trouver un compromis sur la mise en place d’une période de transition politique devant mener à la tenue de la présidentielle. Cette élection devait avoir lieu cette année mais n’a pas été organisée. Elle doit permettre la désignation d’un successeur à M. Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter.

Les détracteurs de M. Kabila l’accusent depuis des mois d’avoir orchestré le report de la présidentielle, de chercher à se maintenir au pouvoir par tous les moyens et pour cela d’envisager de changer la Constitution comme l’ont fait plusieurs présidents de pays voisins de la RDC.

Le chef de l’État, au pouvoir depuis 2001 et âgé de 45 ans, ne dévoile rien de ses projets, si ce n’est sa volonté de se maintenir en poste après le 20 décembre jusqu’à l’élection de son successeur.

Le dialogue arbitré par la Cenco met aux prises deux délégations.

La première regroupe des représentants de la majorité et d’une frange minoritaire de l’opposition ayant signé en octobre un accord renvoyant la présidentielle au plus tôt à avril 2018 et prévoyant d’ici là un partage de l’exécutif entre M. Kabila et un Premier ministre issu de l’opposition.

L’autre délégation regroupe les opposants à cet accord, essentiellement rassemblés autour d’Étienne Tshisekedi, figure historique de l’opposition congolaise, âgé de 84 ans.

Depuis le début, les deux camps soufflent le chaud et le froid avec des déclarations contradictoires.

Une nuit et une journée de navettes des évêques entre MM. Tshisekedi et Kabila n’ont apporté aucune avancée sur les questions les plus difficiles à résoudre.

Le président Kabila est notoirement impopulaire dans la capitale congolaise, mégapole de 10 millions d’habitants dont l’immense majorité vit dans la misère et voit ses conditions de vie empirer du fait de la crise économique qui frappe le pays.

M. Tshisekedi et ses alliés ont menacé d’appeler à des manifestations sur tout le territoire à partir de lundi jusqu’à ce que le chef de l’État quitte le pouvoir. Cet appel à manifester contre M. Kabila est pour l’heure suspendu au résultat des négociations en cours.

L’opposition ne semble cependant pas avoir mobilisé ses troupes outre mesure en vue de manifestations.

Signe néanmoins d’une certaine fébrilité des autorités, le gouvernement a demandé jeudi aux opérateurs internet de filtrer ou couper les réseaux sociaux à compter de 23h59 dimanche, et la police a annoncé vendredi après-midi avoir instauré « des checkpoints (barrages) à travers les grandes villes pour décourager les velléités criminelles qui ont commencé à prendre des proportions inquiétantes ».

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