Des centaines de jeunes déportés de Rutshuru pour un camp de concentration à Rumangabo !

Des sources indépendants généralement bien informées basées à Rutshuru/Centre, chef-lieu de la collectivité-chefferie, ont rapporté le jeudi 8 octobre dernier à la rédaction de notre journal que la chasse-poursuite, orchestrée depuis quelques semaines contre les rebelles Hutu rwandais au Nord-Kivu continue son bonhomme de chemin, mais en prenant chaque jour une tournure dramatique !

En effet, d’après les mêmes sources, des centaines de jeunes Hutu, originaires de la région, sont sélectivement arrêtés puis embarqués à bord de gros camions à destination d’un camp dit de  » concentration « , situé dans les environs immédiats du camp militaire de Rumangabo, à environ 200 km au Nord-Ouest de Goma !

On ignore encore ce qui se passe exactement à l’intérieur de ce camp, interdit aux personnels politique, militaire et administratif de la Monusco, aux membres de famille, encore moins aux activistes de droits de l’homme et aux personnes généralement habilitées à prendre la défense des détenus. Mais des bribes d’informations qui en transpirent attestent que cet endroit est devenu depuis son ouverture celui de tous les périls !

D’après certaines indiscrétions rapportées hier à notre journal, les détenus du camp de circonstance voisin à celui de Rumangabo pourraient faire régulièrement l’objet de transferts vers un pays étranger, qui pourrait bien être le même que celui ayant toujours exigé à cors et à cris l’organisation de la course-poursuite qui bat actuellement son plein en territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, un des réservoirs importants de populations Hutu congolais.

A quand la vérité ?

L’alerte, donnée à ce même sujet le jeudi dernier tard dans la soirée par des leaders politiques et sociaux du Nord-Kivu n’a eu de cesse à crier à la persécution des populations Hutu congolaises du territoire de Rutshuru, avant d’en appeler à la responsabilité du gouvernement de Kinshasa.

D’après de proches collaborateurs de ces leaders politiques et sociaux, contactés par nos sources, plusieurs dizaines de personnes capturées principalement à Katale et à Buvunga ont été libérées après quelques heures, mais le traumatisme provoqué par la situation ainsi créée reste entier jusqu’à ce jour !

A l’heure présente, des populations entières du Nord-Kivu, en général, et des territoires de Rutshuru et Masisi, en particulier, ne savent plus à quels saints se vouer à cause de l’incertitude du lendemain. Aujourd’hui, c’est la localité d’IShasha qui sera cernée par les chasseurs de FDLR. Quelle localité sera visitée demain par ces derniers et quel traitement sera-t-il réservé aux populations de celle-ci ?

D’une façon générale, les populations qui subissent les retombées malheureuses de la chasse-poursuivre dirigée contre les FDLR/Nord-Kivu se sentent fatiguées mais aussi et surtout abandonnées à elles-mêmes par ceux-là mêmes qui ont la charge de les protéger.

Auront-elles un jour l’occasion de connaître la vérité, rien que la vérité, sur le malheur qui s’abat aujourd’hui sur leurs villages, sur leurs sentiers et chemins ?

Ci-dessous la liste de personnes constituant le premier groupe de déportés de Rutshuru :

1. Vanga Sebisheke
2. Yeye Bazomanza
3. Mama Musa
4. Kinyabobo
5. Bizi Rwangano
6. Narira
7. Mukuralinda
8. Ningo Sepenzwe
9. Manu Soliste
10. Masumbe Kasongo
11. Senyere
12. Safari
13. Rwangano
14. Bebe Bitaka
15. Semasaka
16. Mani Musekura
17. Bunani Jean-Marie
18. Consolata Mukuralinda
19. Bizimana Mamera Patrice