Le dossier de la « fosse commune de Maluku », au cimetière Fula-Fula, s’est invité à la conférence de presse hebdomadaire de la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco) tenue hier mercredi 8 avril 2015 en son Quartier général de la Gombe.

De nombreuses interrogations ont été soulevées par les participants sur les contours de cette affaire qui n’a pas encore livré tous ses secrets. « Nous allons accompagner cette mission d’enquête pour voir clair sur les circonstances qui entourent ce dossier… », a promis Charles Bambara, porte-parole de la Mission.

D’entrée de jeu, il a indiqué que la Monusco a pris acte des résultats des enquêtes administratives et salué la démarche de communication faite par les autorités provinciales de la ville de Kinshasa, le mardi 7 avril 2015.

En effet, au cours d’une conférence de presse animée le mardi 07 avril 2015, le ministre provincial de Kinshasa chargé du Budget, du Plan, des Travaux Publics et des Infrastructures, Robert Luzolanu, a laissé entendre que l’enterrement des indigents et inconnus dans des fosses communes fait partie d’une «pratique ordinaire» au niveau de l’administration urbaine. A l’en croire, l’Hôtel dé Ville de Kinshasa s’est chargé de l’inhumation d’un total de 524 personnes au courant de l’année 2014, soit 83 le 02 avril2014, 343 le 08 juin 2014 et 98 le 21 décembre 2014.

Parlant de fosse commune de Maluku, le même membre du gouvernement provincial de Kinshasa a donné le chiffre de 421 corps, inhumés le 19 mars 2015. Il s’agissait, selon lui, de 300 mort-nés et fœtus abandonnés, 23 corps abandonnés, 64 personnes non identifiées car dépourvues de pièces d’identité et 34 personnes dont les familles étaient incapables de supporter les frais funéraires.

Se réjouissant, par ailleurs, de l’ouverture de l’enquête judiciaire sur ce drame, Charles Bambara a fait noter que la structure onusienne offre une assistance technique pour son bon déroulement. « Nous attendons de prendre connaissance des détails de ces recherches, puis nous analyserons les résultats et nous prononcerons à la fin… », a-t-il indiqué à l’assistance, avant d’ajouter que la Monusco est décidée à accompagner cette démarche pour faire la lumière dans cette affaire.

Confier l’enquête à une commission indépendante

Concernant toujours ce dossier, l’Association africaine de défense des droits de l’Homme (Asadho) a, quant à elle, appelé le gouvernement à confier les enquêtes sur les corps enterrés dans la fosse commune de Maluku à une commission indépendante. Dans un communiqué publié mardi 7 avril, cette ONG exige l’exhumation des corps « pour établir les circonstances dans lesquelles ces personnes sont décédées ».

Elle a, par ailleurs, estimé important que les enquêtes sur la fosse commune de Maluku soient conduites par des personnalités indépendantes « pour éviter une accréditation pure et simple de la version avancée par le gouvernement congolais ».

Il convient noter que dans son rapport publié le vendredi 3 avril, le vice-Premier ministre en charge de l’intérieur, Evariste Boshab avait indiqué que les personnes enterrées dans ce site étaient des indigents gardés longtemps à la morgue de l’hôpital de Référence de Kinshasa et qui ont été inhumés par l’Hôtel de ville.

Par Tshieke Bukasa, Le Phare