En effet, cet élu du peuple voulait savoir du Vpm Shé Okitundu la motivation profonde de la décision du 15 septembre 2017 (communiqué officiel) de la Vice-primature des Affaires étrangères mettant fin à la validité des passeports semi-biométriques à travers toute l’étendue du territoire national. Mais aussi, la raison qui a fait qu’on ne puisse pas lancer les passeports biométriques une fois pour toutes en 2019 et comment sont perçus par le Trésor-public, les recettes de la délivrance des passeports.

Voilà pourquoi, lors de la séance plénière d’hier à l’Assemblée nationale, le Vice-premier ministre chargé des Affaires étrangères a fourni ses réponses. D’abord, il a dressé brièvement une mise au point sur le communiqué de la Vice-primature avant d’expliquer les motifs qui ont dicté la prise urgente de cette mesure, avant de conclure par la présentation des mesures d’accompagnement et des dispositions adoptées par le Gouvernement.

Dans sa mise au point, Shé Okitundu a premièrement souligné que le communiqué de son ministère n’annonce pas l’introduction d’un nouveau type de passeport et n’annule pas tous les passeports en circulation comme le fait véhiculer une certaine opinion. Aussi, a-t-il indiqué que ledit communiqué a informé l’opinion l’obligation citoyenne d’obtenir le nouveau passeport introduit il y a deux ans et de la mesure prise par le Gouvernement de limiter la durée de validité des anciens passeports encore en circulation pour des raisons de sécurité.

« Il s’agit d’une décision dictée par des considérations essentiellement sécuritaires. C’est une décision prise dans l’intérêt supérieur de la population », a-t-il déclaré devant l’assemblée plénière de la Chambre basse du parlement. Et d’ajouter : « les considérations d’ordre sécuritaire doublées du devoir patriotique de protéger l’image de notre pays et de celui d’uniformiser nos documents de voyage aux standards internationaux, en tant qu’indice d’identification nationale, ont poussé notre Gouvernement à réduire la durée de validité du type des passeports émis avant l’instauration du passeport biométrique ».

Shé Okitundu a expliqué aux honorables députés nationaux qu’il s’est avéré impérieux de régler, sans délai, la question du retrait de la circulation du type de passeport semi-biométrique, non seulement parce qu’il y a introduction du nouveau passeport à puce électronique et biométrique censé être plus efficace pour identifier correctement son détenteur, mais surtout à cause du nombre élevé des faux anciens passeports en circulation représentant un danger permanent pour la sécurité internationale.

Des mesures de facilitation pour la population édictées par le Président de la République

Ce sénateur appelé au Gouvernement a rassuré ses anciens collègues élus du peuple que les recettes générées par l’administration de son Ministère sont perçues et canalisées en toute traçabilité vers le trésor public. Et enfin, il a fait savoir que le Président de la République l’a instruit de prendre en compte les réclamations persistantes de la population depuis la publication du communiqué du 15 septembre dernier.

Ainsi, a-t-il affirmé d’avoir instituer des mesures de facilitation pour la population. Et malgré que l’obligation de se procurer le nouveau passeport soit maintenue, elle est assortie de quelques mesures d’assouplissement.

D’abord pour le détenteur de l’ancien passeport dont la date d’expiration arrive à échéance dans les années 2019 et 2020, l’acquisition du nouveau passeport se fera moyennant paiement d’un forfait de 100 $ au lieu du prix coutant de 185 $. Et puis la prolongation de la date de la mise en application de la mesure gouvernementale jusqu’au 14 janvier 2018.

Les anciens passeports contenant un ou plusieurs visas en cours de validité restent avec l’obligation de se procurer un passeport biométrique afin de bénéficier d’un scellé consulaire qui lui permettra de circuler librement jusqu’à l’expiration de son visa. A l’embarquement comme au débarquement, le cachet de service de migration ne sera apposé que sur le passeport biométrique.

« Les agents de la Direction de la chancellerie de mon Ministère et nos missions diplomatiques sont préparés pour s’adapter au contexte de forte pression prévisible », a déclaré le Vpm Shé Okitundu. Il a en outre affirmé qu’un guichet spécial pour les Congolais de l’étranger sera mis en place au sein du Ministère pour faciliter leurs démarches d’obtention du nouveau passeport. « Il en sera de même pour le scellé consulaire qui bénéficiera aussi d’un guichet spécial et des antennes de relais dans les aéroports », a-t-il dit.

Shé Okitundu rassure donc toute la population congolaise que le prix officiel du passeport est fixé à 185 $ « et je ne tolérai  désormais aucun marchandage sur ce prix réel de ce titre. Tout agent de l’administration qui sera dénoncé et jugé coupable de rançonner les paisibles citoyens en prélevant des frais supplémentaires injustifiés sera sévèrement sanctionné ». Il a fini par promettre de prendre des mesures concordantes concernant la délivrance des visas conformément au compte-rendu du dernier Conseil des ministres.

Les députés exigent le retrait du communiqué à problème

Après l’intervention du Vice-premier ministre, la place était laissée au débat. Au cours duquel, les honorables députés nationaux ont intervenu tour à tour pour émettre chacun sa préoccupation. Parmi lesquels, l’élu de Mbandaka, le député Henry Thomas Lokondo qui a par exemple souligné que le communiqué signé par le vice-ministre ne parle pas de la décision du Gouvernement, ni de la décision du Conseil des ministres.

« Donc, il y a rien… Je crois, comme le Président de la République s’est intéressé à ce problème, le Gouvernement a l’obligation de ramener les choses à leur juste dimension. Laissez les choses à l’état actuel. On verra après. Dites au Président la vérité et annulez-nous cette décision qui d’ailleurs n’existe même pas. Le communiqué du vice-ministre ne peut pas avoir valeur d’une décision du Conseil des ministres ou du Gouvernement. Donc, annulez cette décision sans autre forme de procès », a-t-il déclaré dans son intervention.

Un autre élu de Kinshasa, Zacharie Bababaswe a soutenu qu’il faut qu’on retire ce communiqué tout simplement. « Ce communiqué expose notre pays à la rusée internationale. Il est illégal. Il est injuste. Il est inhumain et anticonstitutionnel. Illégal pourquoi ? Il ne se fonde sur aucun texte juridique. Aucun. Il n’y a même pas photo. Injuste pourquoi ? Il ne faut pas isoler le pays sur le plan diplomatique pour cette question de passeport. Puisque le Gouvernement s’y est tellement mal pris, que la population que nous représentons ne peut pas prendre cela sur elle. Donc, je demande tout simplement à l’Assemblée nationale d’exiger au Gouvernement de pouvoir retirer ce communiqué reconnu qui est mal rédigé. Etant donné qu’il n’y a même pas débat, un ministre ne décide pas, qu’on retire le communiqué.

Après plusieurs interventions des honorables députés nationaux, le Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et Intégration régionale, M. Shé Okitundu a sollicité un délai de 48 heures pour répondre aux diverses préoccupations exprimées par les élus du peuple congolais. Lequel délai lui a été donc accordé par le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku Ndjalandjoko.