La semaine qui vient de s’écouler, le bilan des affrontements s’est élevé à 24 morts, pour la plupart des femmes. Depuis près de six mois, des affrontements entre ces deux groupes ethniques éclatent régulièrement. Le Bureau des Nations unies aux droits de l’homme estime que le bilan global de ces affrontements communautaires s’élève à 158 mort et 250 blessés. Par ailleurs, des dizaines de cas de viols ont aussi été enregistrés.

Le weekend dernier, des renforts militaires ont été déployés dans le territoire de Moba qui est au cœur de la crise opposant les Pygmées de l’ethnie Twa aux groupes Bantous. Le 13 janvier, des affrontements ont eu lieu dans la zone de Maseba (à 25 km de Moba). Quatre villages ont été incendiés et leurs habitants se sont déplacés vers Moba. Les autorités tentent d’apaiser la situation devenue alarmante, mais les populations ne sont pas réceptives à l’aide humanitaire du fait de la méfiance liée au conflit. Le représentant spécial adjoint de l’ONU, David Gressly se serait rendu dans la province en milieu de semaine pour comprendre la situation.

Les Pygmées de l’ethnie Twa cherchent à faire reconnaitre leur droit à l’égalité avec les autres citoyens de la RDC. Leurs revendications ne sont pas toujours prises en compte par les populations bantoues, majoritaires dans le pays. En octobre : 20 personnes ont été tuées durant les trois jours d’affrontements provoqués par une mésentente sur le versement d’une redevance due par les Pygmées aux Bantous pour une récolte de chenilles. Ces nombreux accrochages sont principalement dus au fait que le mode de vie nomade des Pygmées, des chasseurs-cueilleurs, est menacé par la déforestation et l’exploitation des mines dans la région du Tanganyika.