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Deogratias Mutombo tient toujours captifs les épargnants de la BIAC!

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Près de deux mois après l’annonce de la dissolution de la Banque Internationale pour l’Afrique au Congo (BIAC) par ses actionnaires, dans le but de liquider la banque et rembourser ses clients, le gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC) continue toujours de s’opposer à cette solution.

Pour autant, dans un communiqué publié le 29 décembre, les actionnaires qui attendent, avec les clients de la BIAC, la nomination d’un liquidateur toujours bloquée par la BCC grâce à une action en justice, ont volé au secours des épargnants en leur mettant officiellement en garde contre tout remboursement de crédit.

« Consécutivement à l’assemblée générale extraordinaire des actionnaires du 4 novembre 2016 décidant de la dissolution de la BIAC et en attendant la suite des actions judiciaires en cours, les actionnaires de la BIAC portent à la connaissance du public en général et des débiteurs de la banque en particulier que tout remboursement de crédit auprès des anciens membres du Comité d’Administration Provisoire durant cette période sera considéré comme nul et de nul effet« , annonce ce communiqué.

Alors que sa mise sous tutelle de la BIAC par la Banque Centrale du Congo (BCC) pour une durée de 180 jours depuis juin dernier n’a abouti à aucune reprise, telle que le Gouverneur de la BCC, Deogratias Mutombo le promettait, la BCC a attaqué la dissolution pourtant légale des actionnaires en justice, compliquant un peu plus la situation des épargnants.

De plus, le Comité d’Administration Provisoire mis en place par la BCC n’a pu réussir sa mission du redressement de la banque comme annoncé. De son côté, la BCC est allée jusqu’à annoncer la reprise de la BIAC par une banque chinoise qui s’avère inexistante. Une situation qui inquiète au plus haut point les actionnaires de cette banque, qui, comme les clients, réclament ardemment la nomination d’un liquidateur, telle que l’exige la loi.

« Les actionnaires de la BIAC restent en attente de la nomination par la Banque centrale du Congo d’un liquidateur. Seul ce dernier sera habilité à procéder au recouvrement des crédits octroyés. En l’absence d’un liquidateur, le débiteur s’exposerait à payer à nouveau sa créance car en effet, le principe juridique veut que + qui paye mal, paie deux fois + Il appartient maintenant à la Banque centrale du Congo d’agréer le liquidateur pour que la procédure puisse suivre son cours au plus vite« , insistent les actionnaires dans ce communiqué.

Un comité provisoire hors la loi qui prend des décisions

BIAC-RDCLa décision de la justice est attendue depuis le 04 décembre dernier dans ce dossier, alors que plusieurs sources judiciaires ont confirmé à Politico.cd que des juges auraient reçu des menaces de la part du gouverneur Deogratias Mutombo pour statuer en sa faveur. « Nous devrions rendre le jugement depuis longtemps mais certains d’entre nous craignent parce qu’ils ont été menacé par le gouverneur [Deogratias Mutombo]« , affirme un juge qui a requis l’anonymat à Politico.cd.

Pire, dans un communiqué du 30 décembre, le Président du Comité d’Administration Provisoire, un proche du gouverneur Mutombo, a menacé sans ambage les clients de la banque, leur demandant, contre tout fondement juridique, de continuer à payer leurs crédits.

En effet, il y a lieu de noter que la mission du comité provisoire a pris fin depuis le 25 décembre 2016 conformément à l’ordre de mission daté du 25 novembre 2016 ayant prolongé la mission dudit comité pour 30 jours à dater du 25 novembre aux fins de scruter les options ultimes de redressement de la Biac, suivant les termes employés. Le Gouverneur et son Comité sont hors la loi depuis.

« Monsieur Bekila [Ndlr: le Président du Comité d’Administration Provisoire] est sans qualité pour engager la Biac et il y a lieu même de relever à l’attention du public que l’intéressé est actuellement en appel dans le cadre des résolutions prises par les actionnaires », explique Mt Pierre Okendembo Mulamba, l’avocat des actionnaires de la BIAC à Direct.cd.

Selon lui, les créances remboursées « devaient servir au remboursement des épargnants et non pas au fonctionnement dune banque en difficulté, dissoute par les actionnaires. » « Voici un cas flagrant de dilapidation de l’épargne publique« , conclu-t-il.

Par ailleurs, plusieurs sources ont annoncé la semaine dernière le remplacement imminent Deogratias Mutombo à la tête de la BCC, décriant notamment son intervention tant dans le dossier BIAC que ceux des autres banques commerciales ou dans la politique monétaire, alors que le Franc congolais ne cesse de dégringoler face au Dollars.

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