L’incriminé a été reconnu coupable de détention arbitraire et illégale d’hommes en uniforme et d’agents publics. C’était après que le ministère public  a requis quinze ans de servitude pénale principale contre le député national Franck Diongo, pour séquestration illégale. On croit savoir que cette charge découle des échauffourées enregistrées le lundi 19 décembre entre des hommes en uniforme et des militants de son parti, chargés de la sécurité de sa résidence située dans la Cité des Anciens Combattants, dans la commune de Ngaliema. Cet élu du peuple était accusé d’avoir donné l’ordre, à ses partisans, de s’attaquer aux éléments en uniforme.
 Ouvert le vendredi 23 décembre en procédure de flagrance devant la Cour Suprême de Justice siégeant en lieu et place de la Cour de Cassation, l’incriminé n’avait pu être entendu, ses avocats soutenant que le prévenu, qui était amené sur les lieux en chaise roulante, devait garder le lit d’hôpital. Mais la Cour, forte d’un rapport médical de la Clinique Ngaliema lui communiqué par le ministère public, avait rejeté cette requête et décidé de maintenir le principe de l’instruction en procédure de flagrance.
Rendez-vous était ainsi pris pour le mercredi 28 décembre. L’audience d’hier, fort houleuse, s’est articulée autour des exceptions soulevées par la défense, notamment celle liée à l’irrégularité de la procédure, au motif que Franck Diongo était poursuivi directement devant la Cour de Cassation, ce qui le privait de son droit d’appel et constituait une violation grave des articles 21 et 62 de la Constitution, qui consacre le droit de tout citoyen, même en période de guerre, de jouir de son droit sacré de faire recours contre toute décision judiciaire contraire à ses intérêts.
Les avocats de Diongo ont, par la même occasion, fait savoir à la Cour qu’ils avaient déposé, auprès de la Cour Constitutionnelle, une requête en rapport avec la violation de son droit d’appel, en raison du fait que les décisions de la Cour de Cassation ne font pas l’objet de recours.
Cela étant, les juges ont dû suspendre l’audience au milieu de l’après-midi afin de se prononcer sur les exceptions soulevées par la défense. A leur retour, en fin d’après-midi, ils ont rendu un Arrêt rejetant les exceptions des avocats de Diongo, ce qui a conduit l’examen de l’affaire sur le plan du fond. Après des échanges houleux entre parties, le ministère public a requis quinze ans de prison contre Diongo. Fâchés, ses avocats ont décidé de se retirer de la barre, laissant leur client, coiffé d’un « munyere » et enveloppé d’une étoffe aux couleurs nationales, seul devant ses juges et sur une chaise roulante.
Un fait insolite a intrigué l’assistance : tout au long de l’audience, Franck Diongo était sous perfusion, bien que les yeux ouverts cette fois-ci et capable d’échanger des bribes avec ses avocats.
                                                Eric Wemba