Le diplomate britannique a clairement demandé à Joseph Kabila de quitter le pouvoir le 19 décembre 2016, le menaçant soit des sanctions, soit d’une intervention de la MONUSCO.

L’Ambassadeur Matthew Rycroft a en outre insister pour que l’ONU agisse en RDC, avant qu’il ne soit trop tard.

La déclaration en entièreté, traduite de l’anglais par Politico.cd

“L’horloge tourne pour la République démocratique du Congo et le monde regarde.”

Déclaration de l’Ambassadeur Matthew Rycroft, Représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l’Organisation des Nations Unies, lors de la séance d’information du Conseil de sécurité de l’ONU sur la République démocratique du Congo

Il ne reste que deux semaines avant la fin du second mandat du Président Kabila. Deux semaines pour prévenir encore plus de violence, encore plus de décès, encore plus de conflits, dans un pays qui a déjà trop souffert.

Donc, ici, dans cette séance ouverte, nous avons l’occasion d’adresser un message sans équivoque au Président Kabila: Faites le bon choix. Respectez la constitution, respecter le peuple de la RDC, respecter votre limite de deux termes. Engagez-vous à ne pas vous représenter. A tenir des élections dès que possible.

En vérité, il n’y a pas d’autre option. Nous savons tous ce qui vient ensuite s’il prend la mauvaise décision. Nous l’avons vu dans les rues ensanglantées de Kinshasa en septembre. Nous ne pouvons pas permettre une répétition de cette barbarie dans quinze jours.

Nous savons donc ce qui doit arriver. La constitution est claire: le mandat du président Kabila prend fin le 19 décembre. La limitation aux deux mandats ne peut pas être changée, et certainement pas seulement pour convenir à l’agenda politique d’un homme.

Le gouvernement doit donc parvenir à un accord politique consensuel, qui soit conforme à la Constitution, avant cette date. Le Président Kabila a entendu ce message fort et clairement durant la visite du Conseil  le mois dernier. C’est un message que le ministre britannique du Développement international, James Wharton, a répété il ya seulement deux semaines.

Il est maintenant temps pour Kabila, et son gouvernement, d’entreprendre des mesures de confiance pour que les efforts de médiation aient des chances de succès. Cela signifie qu’il faut abandonner les fausses accusations contre les membres de l’opposition, libérer les prisonniers politiques et lever l’interdiction des médias. Et cela signifie que toutes les parties rejettent la violence et s’engagent dans un dialogue pacifique.

Dans le cadre de ces efforts, nous soutenons pleinement le CENCO et ses discussions médiatisées entre le gouvernement et les groupes d’opposition.Nous exhortons toutes les parties à continuer à engager un dialogue pour parvenir à un compromis pacifique avant le 19 décembre.

Mais ce n’est que la moitié du message que nous devons envoyer aujourd’hui. Si le président Kabila ne tient pas compte de ce Conseil, il faut être clair qu’il y aura des conséquences. Il ne sera pas dans les affaires comme d’habitude si rien n’a changé dans deux semaines.

Le gouvernement doit respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales indispensables au débat politique et à des élections crédibles – liberté d’expression, d’assemblée, accès aux médias et responsabilité pour les violations des droits de l’homme. Le non respect de ces normes fondamentales accroît les tensions et augmente le risque de violence.

En octobre, l’Union européenne a menacé d’imposer des sanctions aux membres des forces de sécurité de la RDC responsables de la répression de ces libertés fondamentales et de l’abus des droits de l’homme. Le Conseil doit être prêt à réagir de la même manière si la situation se détériore.

En parallèle, nous devons également nous préparer à aider si le pire se produit. La MONUSCO doit mettre en place une planification d’urgence pour réagir efficacement si nécessaire. La plus grande mission de maintien de la paix dans le monde avec un mandat clair pour protéger les civils de façon robuste ne peut pas rester en place si les civils sont menacés.

Monsieur le Président, comme je l’ai dit au début, le monde regarde. Mais il nous regarde dans ce Conseil tout autant qu’il regarde le président Kabila.

Nous avons vu d’innombrables fois comment il est difficile d’apporter la paix et la stabilité à un pays ou une région après que le conflit ait commencé. Nous discutons ici d’une situation où la violence n’a pas encore éclaté. Nous avons l’occasion d’arrêter un conflit avant qu’il ne commence.

Nous devons donc au peuple de la RDC et à la crédibilité du Conseil de sécurité en matière de prévention des conflits, de veiller à ce que le Président Kabila écoute.

Je vous remercie.