Joseph Kabila attendu ce matin au congrès

Le Premier ministre rd congolais, Augustin Matata Ponyo Mapon a remis sa lettre de démission hier lundi 14 novembre au Président Joseph Kabila qui en a pris acte. Ce renoncement qui s’inscrit dans le cadre de réponse aux recommandations de l’Accord politique signé le 18 octobre dernier à Kinshasa, permet ainsi au Chef de l’Eta congolais de nommer un nouveau Premier ministre.

Conformément au consensus ayant sanctionné la clôture du Dialogue politique national inclusif tenu du 1er septembre au 18 octobre de l’année en cours à la Cité de l’Union africaine, le successeur de l’actuel Premier ministre devra provenir de l’Opposition.

Aussitôt après le dépôt de la lettre de démission du Premier ministre Augustin Matata Ponyo, un communiqué de la Présidence de la République annonçait la présence du Président Joseph Kabila ce matin au Palais du peuple. Au lendemain du sommet conjoint CIRGL-SADC sur la situation en RD Congo, tenu du 26 au 27 octobre dernier à Luanda, et aussi 48 heures après le départ de Kinshasa, de la délégation des 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’Onu, c’est donc Joseph Kabila qui s’adressera ce matin au peuple congolais, via les deux chambres du Parlement réunies en congrès.

DES CONSULTATIONS HIER AU PALAIS DE LA NATION
Cette démission ouvre la voie à l’avènement d’un gouvernement issu de l’Accord politique. Ce Cabinet de toutes les forces ayant signé l’accord politique est imminent. C’est sans doute pour cela que le Chef de l’Etat a reçu tour à tour tous les délégués de différentes composantes ayant pris part au Dialogue de la cité de l’UA.

LES HYPOTHEQUES CALENDAIRES


Démission du Premier ministre, message annuel du Chef de l’Etat, voici deux faits majeurs de ce début de semaine qui augurent un nouveau paysage politique en RD Congo. Première séquence, le suspense autour du Premier ministre sera finalement levé. Joseph Kabila va sans doute nommer un nouveau chef du Gouvernement dans les délais prévus dans l’Accord issu des assises de la Cité de l’Union africaine. Au regard de la situation politique actuelle de la RD Congo, la nomination d’un Premier ministre est considérée comme un signal fort que le Président Joseph Kabila aura envoyé en direction des pessimistes. Il s’agit ici des Congolais qui ne croyaient pas en la mise en œuvre de ce compromis politique.
Cependant, les deux faits ne constituent pas moins, un grand saut vers l’inconnu. Si le désistement de Matata donne lieu à l’avènement d’un nouveau locataire du pittoresque « Château » de l’avenue ex-3Z, des hypothèques demeurent. Quid de l’horizon décembre 2016 ? Quid aussi de l’Après-décembre ? C’est un peu de tout ça qui constitue un échantillon des préoccupations majeures des Congolais. Par rapport à toutes ces questions, il revient au Chef de l’Etat le droit, voire l’obligation légitime de rassurer les Congolais qui continuent à se poser des questions sur l’avenir de leur pays et qui ne savent à quel saint se vouer.

Que Joseph Kabila s’adresse ce matin au peuple congolais, à travers les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, il n’y a donc pas à priori de quoi fouetter un chat dans la mesure où il s’agit d’un exercice régulier qui rentre dans les prérogatives constitutionnelles du Président de la République. Cependant, si les années se succèdent, elles ne se ressemblent pas. La particularité pour cette année 2016, c’est que Joseph Kabila s’adressera à la nation dans un contexte sociopolitique très tendu. Il revient légitimement au Rais de calmer les esprits quant à la suite. Il appartient également au chef de l’Etat de rassurer les Congolais.

AU-DELA DES QUESTIONS SECURITAIRES, ECONOMIQUES
Sans doute que le Chef de l’Etat fera le tour d’horizon de la situation du pays. Un véritable état des lieux qui devra ramasser tous les aspects de la vie nationale. Cela va de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, avec un minimum d’emphase sur les données sécuritaires dans l’Est de la RD Congo ; à la situation économique du pays. Sur le plan économique, le Président de la République ne manquera pas de commenter la crise financière actuelle, assortie d’un spectaculaire yoyo du Franc congolais. En cette période de fêtes de fin d’année, les Congolais attendent des mesures salutaires à même de leur apporter un brin d’espoir. A n’en point douter, les attentes de la population sont partiellement focalisées sur le front politique. Etant donné que le congrès de ce matin est le tout dernier du mandat constitutionnel actuel de Joseph Kabila, des observateurs estiment que le Président de la République pourrait éclairer la lanterne de l’opinion en ce qui concerne son avenir politique. Surtout sur la récurrente problématique de sa représentation aux futures élections pour un troisième mandat.
Malgré tous les débats à ce sujet, on retiendra que le Rais est resté au-dessus de la mêlée. Jamais il n’a réagi dans l’un ou l’autre sens. Tout ce que l’on sait, c’est son ferme engagement de respecter et de mainte fois répété faire respecter la Constitution. Avec raison, tant son mandat courait encore. Et donc, demander à Joseph Kabila, de se prononcer déjà en 2014 qu’il n’allait pas se présenter à la présidentielle initialement prévue en 2016, paraissait un non-sens. Peut-être que dans son message de ce matin à la nation, le Président Joseph Kabila pourra donner suite à cette préoccupation de nombreux de ses concitoyens. Grevisse KABREL

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  • Espérons que le chef de l’Etat va sortir de son mutisme habituel sur les questions politiques et que cette fois il va etre precis sur l’après Décembre 2016 et sur l’application de l’accord politique issus du dialogue pour lequel il avait longuement milité.