Le gouvernement de la République démocratique du Congo a déployé des patrouilles militaires dans l’est du pays après la disparition de l’ancien patron des troupes du M23 d’un camp de combattants démobilisés en Ouganda. Selon le gouverneur de la province du Nord-Kivu Julien Palaku, l’information est certifiée par Kampala. « Nous étions en contact avec les services secrets ougandais qui ont confirmé que depuis vendredi, l’ex-colonel Makenga pourrait s‘être enfui et que les services secrets ougandais n’ont pas pu le retrouver ».

La disparition supposée n’a par contre pas été commentée par l’aile politique du M23. Un porte-parole de l’armée ougandais a pour sa part indiqué qu’il ne savait pas si Makenga avait disparu, mais qu’il essaierait de confirmer sa localisation.

Dans la nuit de samedi à dimanche, un responsable des douanes congolaises, a confié à Reuters que des coups de feu ont été entendus dans les collines qui entourent la ville de Bunagana, le fief du M23 au Congo. Selon cette source qui s’est exprimée sous le sceau de l’anonymat, il n’est pas possible de savoir la nature exacte de ces affrontements.

Même si aucune raison ne permet d’affirmer que Sultani Makenga est de retour en RDC, le gouverneur du Nord Kivu relève tout de même des mouvements de troupes suspects dans la réserve naturelle de Sarambwe qui jouxte la frontière ougandaise. « Nous sommes en alerte maximum, avertit-il. Nos troupes mènent des patrouilles de combats afin que si cela se confirme, elles soient prêtes à neutraliser (Makenga) et ses alliés probables dans cette aventure ».

Le M23 a été militairement défait en 2013. À son apogée cependant, le mouvement regroupait plusieurs milliers de combattants qui lui avaient permis de s’emparer de la ville de Goma. Mais après la défaite face aux troupes congolaises et des Nations unies, une grande partie de ses combattants s‘étaient réfugiés en Ouganda dans des camps de combattants démobilisés.

1 430 d’entre eux y étaient encore en 2014 selon les autorités de Kampala, en attente de l’application de l’amnistie prévue par l’accord de paix.

William Bayiha
Reuters