Ce dimanche, en effet, plus de 1.000 kilomètres au sud-est de Kinshasa, c’est un autre match de football qui fait craindre le pire au pouvoir en place. À Lubumbashi, capitale de l’ancienne province unifiée du Katanga, le Tout-Puissant Mazembe, le club de Moïse Katumbi, un des principaux candidats à la succession de Joseph Kabila, joue la finale retour de la coupe de la confédération africaine contre le club algérien de MO de Bejaia.

Au match aller, la semaine dernière, le TP Mazembe réussi a décroché un match nul (1-1) sous les yeux de Moïse Katumbi présent dans le stade. Ce dimanche, le Chairman ne pourra être présent dans son stade de Lubumbashi. L’homme est en effet sous le coup d’un mandat d’arrêt pour une affaire de spoliation d’un bien montée de toutes pièces. “La semaine dernière, dans toute la RDC, chaque fois que la caméra passait sur Moïse, c’était l’explosion devant tous les téléviseurs, comme si le club avait inscrit un but”, explique un inconditionnel des Corbeaux, le surnom des joueurs du TP Mazembe.

Les supporters de foot de tout le pays sont devenus une des bêtes noires du régime congolais. Depuis des mois, pas un match ne se déroule sans que les spectateurs entonnent un chant moqueur à l’intention de Kabila, l’invitant à quitter le pouvoir à la fin de son second mandat. “Kinshasa a tout fait pour perturber la vente des tickets au stade de Lubumbashi”, poursuit notre interlocuteur. “Kabila sait qu’il ne peut empêcher les caméras de la fédération africaine de foot de retransmettre ces images sur tout le continent et au-delà. Il veut éviter au maximum que les cris qui résonnent contre lui soient entendus à travers le monde entier. Il craint aussi par-dessus tout qu’une victoire des Corbeaux, associée à la colère de la population se transforme en une démonstration de force contre lui. Le foot est une arme révolutionnaire.”