A la demande du Chef de l’Etat, des rencontres se tiennent déjà, via la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), entre le Rassemblement et le camp présidentiel.

Les délégués d’Etienne Tshisekedi ont remis, mercredi 2 novembre 2016, un mémo aux évêques catholiques, contenant leurs revendications qu’ils ont toujours brandies avant de se mettre autour d’une table avec la Majorité présidentielle pour trouver des solutions aux problèmes qui minent la République démocratique du Congo.

Mais il y a une avancée très significative, cette fois-ci, du côté de l’Opposition.

En effet, alors qu’ils s’y opposaient catégoriquement, les membres du Rassemblement sont, désormais, pour l’organisation des élections, principalement de la présidentielle, non plus en 2016, car techniquement impossible, mais en 2017. Une importante concession qu’ils viennent de faire à la mouvance présidentielle. Quitte à cette dernière d’étudier cette possibilité et donner une réponse susceptible de calmer la tension dans le chef de la population.

Toutes ces rencontres entre Congolais se tiennent alors qu’après les élections de 2011, un membre du gouvernement avait déclaré qu’ « on ne peut plus aller de conciliabule en conciliabule ». Il répondait ainsi à l’Opposition qui réclamait le dialogue, contestant les résultats de la présidentielle ayant permis à Joseph Kabila de briguer un deuxième mandat. « Celui qui veut diriger ce pays, n’a qu’à attendre 2016 pour se présenter aux élections », avait-il renchéri.

Malheureusement, on se retrouve encore aujourd’hui sous l’arbre à palabres. Le même ministre a battu campagne, en 2016, pour expliquer le bien-fondé du dialogue convoqué par Joseph Kabila à travers son ordonnance présidentielle du 28 novembre 2015.

Bien avant, il y a eu l’accord politique de Sun City signé en 2003, qui a produit le monstre « 1+4 », une architecture inimaginable ayant conduit la République démocratique du Congo à ses premières élections démocratiques.

Il faut noter que les Congolais se sont déjà plusieurs fois retrouvés pour discuter, notamment à la conférence de Luluabourg en 1964 pour la mise sur pied d’une commission constitutionnelle gouvernementale. Ce, à la suite des Conférences de Léopoldville (janvier 1961) et de Tananarive (mars 1961) qui ont traité particulièrement des structures de l’Etat et du nombre de provinces. Sans oublier la Conférence de Coquilathville d’avril 1961… et, bien entendu, la conférence nationale souveraine en 1992.


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