Le président congolais Joseph Kabila a rencontré jeudi à Goma des militants du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), alors que FILIMBI, l’autre mouvement dans les collimateurs des autorités congolaises, refuse catégoriques une telle rencontre.

Opposés farouchement à toute prolongation de son mandat à la tête de la République démocratique du Congo au delà du 20 décembre, cibles du gouvernement congolais qui les a même qualifier de “mouvement subversif et terroriste”, les jeunes de la Lucha ont pourtant accepté de rencontrer hier le président Joseph Kabila.

Selon Luc Nkulula, l’un des 46 militants reçus par le chef de l’État, le président Kabila a lui même  “sollicité” cet entretien, qui a duré “plus de deux heures”, a-t-il dit à l’AFP.

Cette rencontre a eu lieu dans la résidence du gouverneur de la province, dans la capitale du Nord-Kivu

Toujours selon Nkulula, le président Joseph  Kabila a déclaré jugé “(nos) revendications légitimes” et déclaré qu'”il ne nous avait jamais considéré comme des terroristes ou des membres d’un mouvement subversif“.

“Nous lui avons expliqué que nous sommes des jeunes très révoltés par la situation de notre pays et (que) nous voulons que notre population (…) exige l’ouverture de l’espace démocratique” et “l’exercice des libertés publiques” dans le pays, a-t-il ajouté.

Chez le mouvement FILIMBI, très lié à la LUCHA pour avoir été, à eux deux, la cible des autorités congolaises, et dont plusieurs d’entre leurs membres sont toujours en prison, on se désolidarise d’une telle rencontre.

Joint au téléphone par Politico.cd,  Carbone Beni Wa Beya, le Porte-parole de FILIMBI,  affirme que son groupe n’est pas concerné par cette rencontre.

“La LUCHA est un mouvement autonome, tout comme FILIMBI et nous n’avons aucun jugement à faire par rapport à cette rencontre”, a déclaré Carbone Beni.

Quant à savoir si son mouvement pourrait accepter une rencontre avec le président Joseph Kabila, la réponse est “NON”, rappelant sa “surprise” de voir le président rencontrer un “mouvement que son gouvernement qualifiait d’insurrectionnel“, tout en insistant sur la libération de ses “camarades” toujours emprisonnés.

Cette sortie, rapportée par le site Politico.cd,  a déclenché un véritable débat hier sur les réseaux sociaux où les internautes congolais étaient partagés: certaines appuient la démarche de la LUCHA, et d’autres s’y opposent.