Matata Ponyo et Evariste Boshab chahutés à Beni

C’est devant une foule peu enthousiaste que le Premier ministre Augustin Matata Ponyo s’est présenté cet après-midi, accompagné d’une forte délégation du gouvernement à Beni.

Matata Ponyo a été précédé sur place par le ministre de la Décentralisation et de la Défense nationale ainsi que plusieurs généraux de l’armée congolaise séjournent depuis,  trois jours après le massacre de plus de 50 personnes dans cette ville meurtrie du Nord-Kivu.

Accompagné du ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab, Matata Ponyo a rencontré une population de Beni peu enthousiaste à cette arrivée, et surtout en colère.

Alors qu’il avait à peine entamé son discours, le Premier ministre congolais s’est fait chahuter par la foule en colère, le traitant de « corrompu », observe notre reporter sur place.

Devant des unités de police déployées en masse, mais plus tôt calme, des dizaines d’habitants n’ont visiblement pas été convaincu par les officiels du gouvernement.

« On n’en a rien à faire de leur compassion, le gouvernement doit démissionner », réagi la foule qui a aussi scandé  le nom du défunt général Mamadou Ndala.

Le premier ministre n’a pu répondre, expliquant à des journalistes qui l’accompagnaient, qu’il a compris cette « réaction d’émotion« , estimant que ce n’est pas une remise en cause de l’action menée par le gouvernement.

Pendant ce temps, les activités sont toujours paralysées à Beni, trois jours après le massacre de samedi dernier.

Le gouvernement congolais a décrété trois jours de deuil national depuis lundi alors que la société civile a décrété trois journées ville-morte pour protester contre l’insécurité récurrente à Beni, où la population vit dans la peur dans certains quartiers.

Des sources locales renseignent que les commerces, les banques et les maisons de communication sont fermés depuis lundi

1 Commentaire

Cliquez-ici pour commenter

Laisser un commentaire

  • La réaction de cette population est normale vu la gravité des atrocités commises dans cette partie de la républiques. Plus d’une personne penserait, sans tort, que les préoccupations du gouvernements n’incluent pas la question de Beni. Des actions concrètes doivent être posées et l’on doit d’abord constater leurs effets sur terrain pour redonner confiance à cette population actuellement en désespoir total.