Les prix prennent de l’ascenseur sur le marché à Kinshasa !

Hier, au Grand Marché de Kinshasa, une petite ronde a permis de prélever la température de prix des produits et services, à près d’un mois de la rentrée scolaire.

Généralement, cette période a toujours été mise à profit par les parents, pour préparer la rentrée scolaire de leurs enfants. Mais, le constat réalisé  démontre qu’il n’y a pas d’engouement. Et, les vendeurs s’en plaignent. Comment en est-on arrivé à cette situation ? Il semble que l’instabilité du taux de change pose problème. Tout comme la flambée des prix soulève des montagnes. Au-delà de commentaires de la Troïka stratégique et ses propres chiffres, la situation réelle sur terrain tend à démontrer le contraire. Au fait, sur le marché, chacun a son taux de change et ses prix. C’est le petit peuple qui en souffre.

Quelles sont les conséquences de la hausse du taux de change sur les prix des  produits et services sur le marché ? Comment faire pour mettre fin à cette dépréciation exagérée du Franc congolais face au roi  dollar? Tenez ! Cette  descente au marché central de Kinshasa visait plusieurs  objectifs : noter les différences de taux  de change ; comment s’opère le marché de change ; les facteurs de la hausse du prix du taux de change ; l’incidence sur la transaction et sur les prix des produits et services du marché, et enfin ; que faire pour la baisse du taux de change ?

Une descente sur terrain a permis de recueillir les avis des uns et des autres. Ainsi, cambistes,  vendeurs dans les magasins et banquiers ont été approchés.

Différents taux de change

Le taux de dollar varie sur le marché Zando à quatre niveaux :

Au niveau de la BCDC, dans le bureau de change de la BCDC, le taux est de 980 FC contre 1 USD pour la vente et pour l’achat 1000FC contre 1 USD ; par contre, les guichetiers ont leur prix dont 1 USD pour  970 FC pour la vente et 1030 pour l’achat. Ce qui est  grave, c’est qu’à la BCDC, il y a une contradiction de prix.

Pour les cambistes grossistes Tombalbaye  et avenue du marché, 1 USD vaut 1065 et 1060 FC pour le change et pour l’achat 1081 et 1085 FC ;

Pour les cambistes détaillants de l’avenue du marché, 1 USD vaut 1030 et 1020 FC pour le change et pour l’achat 1070 FC.

Pour les magasins situés sur l’avenue du commerce, 1 USD vaut 1050 et 1040 FC pour le change et 1070 FC si vous achetez en dollar et achat du dollar ;

Il est clair que le taux de change sur le marché n’est pas stable et identique. Chacun le fixe comme il veut.

Opération du marché de change

Interrogé à ce sujet, les cambistes ont les points de vue différents, selon qu’ils sont grossistes ou détaillants.

Pour les grossistes, ils font le change à 1065 FC par dollar, parce qu’eux vendent aux marchands ou aux commerçants à 1080 ou 1090FC par dollar. Ils cherchent juste deux ou trois cents francs congolais.

Pour les cambistes détaillants, ils le font à 1020 ou 1030 FC par dollar, parce qu’eux aussi vont changer chez les grossistes pour bénéficier de deux ou trois cents francs  congolais. Pour les commerçants, par contre, ils n’ont pas un prix fixe et ne gagnent pas, au contraire, ils perdent ; ils gagnent juste lorsqu’ils vont pour acheter les produits.

Facteurs occasionnant la hausse de prix

A ce sujet, les points de vue sont divergents. Pour les grossistes, c’est le gouvernement qui est incapable de stabiliser le prix sur le marché. C’est-à-dire, il a fallu que le ministre de Finances prenne des mesures contre la hausse du taux de change et crée une stabilité. Tel n’est pas le cas. D’où vient que le taux de change est instable. Certains d’entre eux craignent que le taux de dollar atteigne 2000 FC par dollar. L’on pense qu’un nouveau gouvernement pourrait réduire le taux jusqu’à 600FC le dollar, comme c’était avant.

Par contre, pour les détaillants, la hausse de prix est causée par les grossistes et les commerçants. C’est-à-dire, les grossistes cherchent toujours à gagner plus,  c’est ainsi que, comme ils ont beaucoup d’argents, ils vont chez les commerçants pour vendre les dollars parce que les autres en ont besoin pour l’achat  de leurs produits en dehors du pays. Ce sont aussi les commerçants qui sont à la base de cette situation, en ce sens qu’ils ont tellement besoin de dollar, ils font la concurrence entre eux pour hausser le prix.

Les commerçants, par contre, rejettent les accusations de détaillants et accusent le gouvernement d’être responsable. Il ne possède plus beaucoup de dollars, mais recourt à ce que disposent les membres du gouvernement, pour alimenter le marché, indiquent-ils.

Incidence du taux de change sur les produits

Plusieurs sont les conséquences que cause le taux de change sur le marché.  La majeure des conséquences est la hausse exagérée du prix des produits sur le marché. Pour les commerçants, cela est dû à ce que les produits sont achetés en dollar et vendus en francs congolais. De même, il y a plusieurs tracasseries liées aux taxes et impôts. C’est ainsi qu’ils se cachent derrière la hausse du taux de change de dollar pour hausser le prix.

Pour les vendeurs d’unités, l’ancien taux était de 9300 FC pour 1060 unités ; aujourd’hui, c’est 10300 FC pour 1060 unités. C’est ainsi qu’il y a hausse de prix des unités cellulaires, dont 100 unités vaut 1200FC.

Contactez, un agent d’une entreprise de télécommunication sur l’avenue du commerce, a indiqué qu’il n’y a pas eu hausse de prix du crédit. Les unités, par contre, se vendent en dollar. Or, il y a hausse du dollar donc… Un client de M-pesa a constaté également que même s’il achète les unités par ce système, on lui coupe deux unités ; par exemple, s’il achète les unités de 250 FC, il reçoit 23 unités au lieu de 25 comme avant.

Donc, l’instabilité du taux de change est à la base de la hausse de prix des produits sur le marché.

Comment  sortir de cette impasse ?

Chaque catégorie de personnes rencontrées a proposé les pistes de solutions : Changement du gouvernement, pour les cambistes grossistes et des mesures adéquates quant à la question du dollar. Pour les cambistes détaillants, les uns d’entre eux pensent qu’il faut que les grossistes commencent par baisser leur taux et eux vont suivre. Pour les autres, que le gouvernement interdise carrément l’utilisation du dollar dans le pays pendant un certain temps. Pour les commerçants, seul le gouvernement est en mesure de mettre fin à la hausse de prix.

Eu égard aux propositions des uns et des autres, seule la volonté de toutes les parties susmentionnées, est de nature à apporter la solution par excellence, pour mettre fin à cette hausse.

Flodel Nkima/La Prospérité