Affaire avion de Katumbi: la guerre des versions!

DIRECT.CD — Les proches de Moïse Katumbi exhibent des « preuves », alors que le gouvernement a démenti avoir refusé à l’opposant l’autorisation d’atterrir. 

Depuis qu’il a annoncé, fin septembre 2015, qu’il quittait son poste de gouverneur de la province du Katanga et, dans la foulée, qu’il se retirait du PPRD, le parti de Joseph Kabila, Moïse Katumbi est devenu la bête noire de la majorité politique. Depuis ce printemps et l’annonce de sa candidature à la présidence de la République, la querelle s’est muée en guerre totale. Tous les coups étant permis. Moïse Katumbi a donc dû répondre de recrutement de mercenaires et d’atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de la RDC, avant d’être condamné à 3 ans de prison par la justice congolaise pour un étrange dossier de spoliation.

L’ex-gouverneur du Katanga vit aujourd’hui en Europe où il est toujours soigné pour une tentative d’empoisonnement. Lundi 25 juillet, malgré les promesses répétées par le ministre de la Justice congolaise, M. Thambwe, d’une arrestation garantie s’il posait le pied sur le territoire national, M. Katumbi annonçait son retour à Kinshasa pour le meeting du 31 juillet. Pourtant, nulle trace de l’ex-gouverneur à Kinshasa, ce dimanche. Les réseaux sociaux brussaient de mille rumeurs, les participants au meeting s’interrogeaient sur son éventuelle présence et même l’orateur, Etienne Tshisekedi, en arrivait à confirmer son arrivée imminente.

Dans la soirée, Moïse Katumbi communiquait enfin. L’homme, tout en félicitant ses amis de l’opposition pour le succès du meeting, justifiait son absence par le refus des autorités aériennes congolaises de l’autoriser à survoler et à atterrir à Kinshasa.

Guerre totale!

Interrogé sur cette explication, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication s’est fendu d’une sortie dont il a le secret. Lui qui avait regretté la veille les termes excessifs utilisés par M. Tshisekedi, n’hésite pas à parler de « menteur pathologique » en évocant Moïse Katumbi qui, selon lui, n’aurait jamais eu l’intention de revenir au pays, sachant qu’il serait imméditament arrêté.

Joint au téléphone, l’ex-gouverneur du Katanga a refusé de répondre aux accusations du ministre Mende.« Tout le monde le connaît », se contentera-t-il de lâcher. Ses collaborateurs, eux, auront moins de scrupules. « Voilà, comment un menteur traite les autres de menteurs. Il n’est pas compliqué de savoir si nous avons introduit une demande d’atterrissage. Ce n’est pas secret, je tiens les documents à votre disposition ».

« La première demande a été envoyée le vendredi 29 juillet à 7h04 du matin », enchaîne ce proche Katumbi qui dispose de tout un échange de courriels entre Bruxelles et Kinshasa. Le plan de vol prévoyait un départ sur le coup de 22h10, le 30 juillet, pour une arrivée à Kinshasa, le 31 juillet, à 5h40. Un vol avec trois membres d’équipage et neuf passagers. Le retour était prévu le 31 à 19h10… (voir le document) « si tout se passait bien », poursuit notre interlocuteur.

Une question demeure, toutefois. Pourquoi avoir pris le risque de se faire refuser l’atterrissage en prenant un vol privé ? N’était-il pas plus sage d’opter pour un vol régulier ? « M. Katumbi voyage de la sorte depuis longtemps. Ces vols lui permettent une plus grande flexibilité et moins de perte de temps. La majorité semblait tellement désireuse de le voir revenirpour le jeter en prison, qu’il n’y avait pas de raison de nous interdire d’atterrir ».

Une interdiction qui n’a d’ailleurs jamais été délivrée formellement. L’aéroport de Kinshasa se contentant finalement de ne pas délivrer d’autorisation.

La guerre des mots, les invectives peuvent paraître futiles mais elles sont syptomatiques du climat de tension qui règne aujourd’hui en République démocratique du Congo et de la place particulière que semble tenir Moïse Katuùbi sur une scène politique congolaise qui laisse rentrer le plus vieil opposant mais refuse le retour de l’ami d’hier, devenu le pire ennemi.

Avec La Libre.