Une délégation de l’opposition a été reçue, ce lundi 18 juillet, au ministère des Affaires Etrangères français. Les représentants du rassemblement issu du Conclave de Bruxelles sont venus plaider leur cause à la direction Afrique du ministère, deux semaines seulement avant le grand meeting de l’opposition prévu à Kinshasa, le 31 juillet. La délégation était présidée par Etienne Tshisekedi, opposant historique et président de l’UDPS. L’opposition est sortie confiante et affirme avoir été entendue.

C’est au ministère des Affaires étrangères français que se sont donné rendez-vous, le 18 juillet, les envoyés spéciaux pour la région des Grands Lacs – Koen Vervaeke de l’Union européenne, Thomas Perriello des États-Unis, Danae Dholakia (Grande-Bretagne) notamment – et les opposants congolais regroupés au sein du « Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement », issu des assises de Genval, dans la banlieue bruxelloise.

La délégation du « Rassemblement » était conduite par Étienne Tshisekedi, président du conseil des sages de la plateforme, qu’accompagnaient Moïse Katumbi et Martin Fayulu, candidats déclarés à la présidentielle, ainsi que plusieurs autres figures de l’opposition congolaise, notamment Raphaël Katebe Katoto, Olivier Kamitatu, Kyungu wa Kumwaza, Freddy Matungulu et Delly Sesanga.

Une « étape importante » pour l’opposition

« Être reçus quatre heures au Quai d’Orsay en tant que la structure de l’opposition en RD Congo constitue une étape importante, explique à Jeune Afrique un proche de Moïse Katumbi. Car cela démontre qu’aujourd’hui l’opposition ne parle que d’une seule voix ». D’autant que, dans un passé récent, des leaders de l’opposition congolaise n’accordaient pas toujours leurs violons quant à la posture à adopter face au camp Kabila.

« Cette rencontre d’écoute et de consultation avec les envoyés spéciaux a été ainsi l’occasion de rappeler que nous sommes prêts à participer à un dialogue politique national encadré par les résolutions 2277 et 2283 du Conseil de sécurité, lesquelles insistent sur la tenue de la présidentielle dans le respect des échéances constitutionnelles », soit d’ici fin novembre, glisse un autre opposant qui a participé aux discussions.

Des échanges ont également tourné autour du « rétrécissement de l’espace politique » en RD Congo. « Le président Joseph Kabila appelle au dialogue et, au même moment, multiplie les tracasseries judiciaires contre les opposants et refuse de libérer les prisonniers politiques », accuse Katebe Katoto qui appelle le pouvoir à « montrer des signes de décrispation du climat politique » dans le pays avant le début des pourparlers.